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FRANCE

La mode des lolitas dans le collimateur d'un rapport parlementaire

Texte par Sophie PILGRIM

Dernière modification : 05/03/2012

Après la polémique suscitée par la parution dans le magazine Vogue d’images provocatrices d’une fillette de 10 ans, un rapport français préconise l'interdiction des concours de "mini-Miss" et de la lingerie sexy pour enfants.

La controverse est née aux États-Unis, pays des concours de beauté pour enfants et adolescents, quand les médias ont découvert la couverture du magazine "Vogue" de décembre 2010 : une fillette âgée de 10 ans, Thylane Loubry Blondeau, y posait langoureusement dans des habits sexy.

Thylane Lena-Rose Blondeau pose pour la version française de Vogue en décembre 2010. Le scandale éclate aux États-Unis à l'été 2011.

Quinze mois plus tard, le gouvernement français se saisit de cette question et commande un rapport à la sénatrice UMP Chantal Jouanno. Ce rapport intitulé "Contre l’hypersexualisation, un nouveau combat pour l’égalité (télécharger le rapport ci-contre), conseille d’interdire les concours de beauté pour enfants et d’établir à 16 ans le seuil d’âge pour devenir une égérie des marques de mode.

52416300-6F0C-486B-8B2A-D4E83E2FBD14 - LE RAPPORT

Le problème est profond, insiste Chantal Jouanno. "Insidieusement, l’hypersexualisation s’appuie sur le retour des stéréotypes dès le plus jeune âge comme en témoigne la sexualisation des jouets ou le retour d’une presse pour fille centrée sur l’apparence, écrit la sénatrice. À l’extrême, l’intrusion précoce de la sexualité entraîne des dégâts psychologiques irréversibles dans 80 % des cas. Plus généralement, l’hypersexualisation participe au développement de conduites à risque et notamment à l’anorexie mentale pré-pubère (37 % des jeunes filles de 11 ans sont à la diète)."

"Les cas sont rares"

Le concours du "Mini-Miss France", lancé en 1990, s'adresse aux fillettes âgées entre 7 et 12 ans. La première mini-miss, Flore Letellier, fait ici la couverture du magazine La Vie. Elle est devenue par la suite juge du jury Mini-Miss.

Le rapport parlementaire ne souhaite pas cependant légiférer. La rédaction d’une charte de l’enfant suffirait pour approfondir les grands principes qui existent déjà dans la loi, comme "l’intérêt supérieur de l’enfant" et la "dignité humaine". La sénatrice veut également se garder d’être excessivement alarmiste : "les cas sont rares et condamnés par le consensus social […] Cela ne signifie pas que nos enfants seront épargnés par la vague."

Les études sur le sujet sont inexistantes en France, alors que des recherches ont déjà été menées en Belgique, au Canada et au Royaume-Uni. Ce rapport britannique, commandé par le Premier ministre David Cameron, veut surtout s’attaquer aux publicités et aux heures auxquelles certaines images peuvent être diffusées à la télévision. Chantal Jouanno souhaite aller plus loin et réintroduire l’uniforme dans les écoles primaires.

Son rapport sera-t-il voué aux oubliettes dans deux mois, une fois l'élection présidentielle passée ? La sénatrice estime que le sujet rencontre un consensus, aussi bien à droite qu’à gauche de l’hémisphère politique. Dans tous les cas, estime Chantal Jouanno dans un entretien au quotidien  "Le Figaro", "les mesures que je préconise ne nécessitent que de la bonne volonté car elles sont à la fois très simples à mettre en place et elles ne coûtent pas un centime !"

Première publication : 05/03/2012

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