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Economie

Apple se pose en chevalier blanc de la création d’emplois aux États-Unis

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 06/03/2012

La marque à la pomme a commissionné un rapport pour souligner son rôle de créateur d’emplois aux États-Unis. Une façon de se défaire d'une image peu reluisante : Apple est accusé d'exploiter des travailleurs sous-payés en Chine.

Apple ne fait pas que des produits prisés par les technophiles comme l’iPad ou l’iPhone qui se vendent par millions. Le firme à la pomme, dont la valeur boursière est la plus forte à Wall Street, a décidé de prouver qu’elle était également bonne pour l’emploi, notamment aux États-Unis. Après avoir demandé début février à l’ONG américaine Fair Labor Association de s’assurer que les usines chinoises où sont fabriqués les iPhone et autres iPad traitent leurs ouvriers correctement, Apple affirme avoir permis la création de 514 000 emplois rien qu’aux États-Unis.

Publié le 2 mars, le rapport a été commandé par la marque à la pomme au cabinet américain d’études économiques The Analysis Group. Ce dernier estime qu’outre les 47 000 salariés actuels d’Apple aux États-Unis, le groupe a contribué indirectement à la création de 257 000 emplois dans l’industrie américaine. L’étude prend aussi bien en compte des salariés de FedEx ou d’UPS qui transportent les produits Apple aux États-Unis que les employés d’entreprises comme Corning Glass qui fabriquent les dalles d’écran pour iPhone.

Selon The Analysis Group, Apple serait également responsable de l’explosion du marché des applications mobiles, l’iPhone ayant été le premier smartphone à proposer le téléchargement d’applications en 2008. “L’AppStore a crée une industrie entièrement nouvelle”, affirme the Analysis Group. Cette “révolution”, comme l’appelle le cabinet d’études, aurait permis à 210 000 personnes de trouver un emploi aux États-Unis.

Apple dans le beau rôle

Les conclusions de The Analysis Group tendent à démontrer qu’Apple n’a pas uniquement créé des emplois sous-qualifiés et sous-payés en Chine : ellle “intervient dans le contexte d’un débat poliltique typique des périodes électorales où on essaie de mettre en avant la nécessité de soutenir l’emploi national à tout prix”, souligne à FRANCE 24 Patrik Kärrberg, spécialiste de l’économie numérique à la London School of Economics. Pour lui comme pour d’autres économistes, Apple a certes contribué à créer des emplois sur le sol américain mais l’étude surévalue un peu son importance.

“Le principal problème est que cette étude part du principe qu’avant Apple il n’y avait rien et que sans Apple il n’y aurait pas eu tous ces emplois”, souligne David Autor, économiste au Massachussets Institute of Technology (MIT), dans le "New York Times" de lundi 5 mars.  

“Il est impossible de dire si tous ces salariés seraient vraiment au chômage si Apple n’avait pas existé”, poursuit David Autor. Ainsi, l’entreprise Corning Glass fabrique des dalles pour les écrans de téléphones portables de trente marques différentes et pas seulement pour l’iPhone, souligne le blog américain Money Watch qui appartient à la chaîne de télévision CBS.

Apple n’a peut-être pas intérêt à se vanter d’avoir embauché 37 000 personnes de plus depuis 2002. Pendant cette période, les revenus du groupe sont passés de 5,7 milliards de dollars à 108,2 milliards de dollars aujourd’hui, ce qui signifie “qu’Apple a engagé un nouveau salarié à chaque fois que le groupe gagnait 2 millions de dollars, soit à un ratio plus conservateur que Google (tous les 1,3 million de dollars) ou Facebook (tous les 1,6 million de dollars”, remarque MoneyWatch.

L’économie du “cloud” selon Microsoft

Apple n’est pas la seule multinationale à verser actuellement dans l’exagération économique. Microsoft a ainsi publié, lundi 5 mars, un rapport sur l’impact du “cloud” (tout ce qui est traitement et stockage de données en ligne) en terme d’emplois. Cette étude, réalisé par le cabinet américain IDC pour le géant de Redmond (Californie), promet que ce secteur en plein boom - dans lequel Microsoft est très actif - permettra de créer 15 millions d’emplois dans le monde d’ici 2015.

Une estimation enthousiaste qui repose sur un calcul très optimiste. Le rapport part du constat que le développement du “cloud” permettra aux entreprises de faire environ 1000 milliards de dollars d’économie en sous-traitant la maintenance informatique à des entreprises spécialisées dans le "cloud". Des économies qui pourraient leur permettre d’investir massivement dans leur corps de métier et ainsi de créer ces fameux 15 millions d’emplois.

Mais “rien ne garantit que les entreprises réinvestiront l’intégralité de leurs économies en nouvelles embauches”, note le site spécialisé dans l’économie numérique ITWorld. Pour Patrick Kärrberg, qui a également travaillé sur l’impact économique du “cloud”, “les emplois liés au 'cloud' devraient passer de 19 500 en 2010 à 54 500 en 2014” aux Etats-Unis. Pour le reste du monde, il se déclare “moins optimiste que Microsoft”.

Première publication : 06/03/2012

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