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FRANCE

Après des soupçons d'espionnage, Ikea met en disponibilité deux de ses cadres

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 08/03/2012

Au lendemain de nouvelles révélations sur des faits d'espionnage, la direction d'Ikea France a mis en disponibilité deux cadres dirigeants soupçonnés d'avoir cautionné de telles pratiques. Une enquête, confiée à la PJ, est en cours.

Ikea France a fait part, mercredi, de la mise en disponibilité de deux de ses dirigeants, Claire Hery, une ancienne directrice des ressources humaines, et Jean-Louis Baillot, ex- directeur général d'Ikea france, de 1996 à fin 2009.

Ils sont "mis en disponibilité, parce qu'il y a la présomption d'innocence" et "en accord mutuel, pour mieux pouvoir coopérer avec les autorités", a cependant précisé à l'AFP l'actuel DG d'Ikea France, Stefan Vanoverbeke.

L’affaire a été révélée par Le Canard enchaîné, le 29 février. L’hebdomadaire satirique

Qu'est-ce-que le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC)

Le Système de traitement des infractions constatées (Stic) est un fichier de police informatisé regroupant les informations concernant les auteurs d'infractions interpellés. Il comprend également les données relatives aux victimes de ces infractions. Le Stic est placé sous la responsabilité du directeur général de la police nationale (DGPN) et relève du ministère de l'Intérieur.

avait accusé la filiale française d’Ikea d’espionner ses salariés : des enquêteurs privés lui auraient fourni illégalement des informations issues du fichier policier "Stic", de celui des cartes grises ou des permis de conduire.

Une enquête préliminaire a en effet été ouverte par le parquet de Versailles, le jeudi 1er mars, après la plainte contre X du syndicat FO, représentant les salariés du magasin Ikea de Paris Nord, pour "utilisation frauduleuse de données personnelles". L'enquête a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire.

Des cadres dirigeants impliqués


Dans son édition de cette semaine, l’hebdomadaire satirique va plus loin, ajoutant qu’"une floppée de cadres dirigeants" du distributeur "étaient abreuvés d'informations volées" sur des salariés et des clients, publiant des correspondances à l’appui.

Selon le site Mediapart, l’ex-directeur général M. Baillot aurait lui-même "cautionné et supervisé l'espionnage d'au moins une salariée". Le site a ainsi publié les facs-similés de courriels échangés en décembre 2008 entre Jean-François Baillot, la directrice des ressources humaines Claire Hery, et Jean-François Paris, responsable de la sécurité du groupe, sur le cas d'une cadre soupçonnée d'abuser d'un arrêt maladie pour séjourner au Maroc.

"Ikea semble vouloir faire le ménage"

Contacté par France 24, Serge Fernandes, représentant syndical de Force ouvrière au Comité central d’entreprise, observe : "En prenant ces mesures, Ikea semble prendre l’affaire très au sérieux." Il rappelle notamment que Jean-Louis Baillot, dégagé de ses fonctions de DG en 2009, occupe des fonctions hautement importantes au sein de l’entreprise, gérant notamment tous les magasins franchisés. Sa mise en disponibilité est ainsi perçue comme "un geste fort".

Si Serge Fernandes se refuse à une véritable réaction, il reconnaît que le groupe semble "vouloir faire le ménage." Et de poursuivre : "La direction suédoise est très tatillonne avec ce genre de pratique d’espionnage et autre abus ; il semble qu’elle veuille régler cela au plus vite."

"Nous attendons, pour notre part, les conclusions de l’enquête qui est d’ampleur, puisque selon Mediapart, 22 magasins seraient concernés par ces pratiques", insiste-t-il. "Nous restons dans l’expectative et tentons de soutenir au mieux les salariés", ajoute-t-il.

Car, selon lui, depuis l’éclatement de l’affaire, nombre de salariés se tournent vers les syndicats en découvrant, après avoir été contactés par des journalistes, qu’ils avaient été espionnés.

"On savait déjà qu’il y avait des pratiques de pression sur les employés", révèle-t-il France24. Il parle même de "politique de pression".

S’il reconnaît qu’il est "naturel" qu’une grande enseigne comme Ikea ait des relations avec la police - pour des questions de sécurité par exemple -, il refuse de "voir les autorités s’immiscer dans les rapports entre la direction et le personnel".

Première publication : 07/03/2012

  • FRANCE

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