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L'opinion de
Sylvain ATTAL

Sylvain ATTAL
Chroniqueur international

Iran, retour aux négociations : sagesse ou lâche soulagement ?

Le 08-03-2012

Les Occidentaux, la Russie et la Chine ont accepté la proposition iranienne de retour à la table des négociations sur le programme nucléaire. Cette nouvelle “fenêtre diplomatique” tombe à point nommé pour Barack Obama, mais avec quelles chances de réussite ?

Les chances sont minces et les risques sont grands qu'il ne s’agisse que d’une manœuvre iranienne pour gagner du temps et échapper à une attaque israélienne. Mais ce risque vaut quand même le coup d’être pris. Il y a une petite chance que Téhéran soit prêt à accepter un compromis temporaire, celui-là même qu’il avait refusé il y a deux ans à Istanbul : le transfert dans un pays tiers de son stock d’uranium enrichi à 20 % en échange de combustible utilisable uniquement dans des réacteurs civils.

Le point important pour les Iraniens est de ne pas céder sur le fond : leur droit d’enrichir de l’uranium. Ainsi, ils retarderaient seulement leur avance vers l’arme nucleaire, cause à laquelle les mollahs ne peuvent renoncer. Mais après tout, même une attaque de l’Iran ne permettrait de gagner que 2 à 3 ans...

Pourquoi Téhéran serait-il prêt aujourd’hui à ce compromis ?

Voyez les évènements de cette dernière année. Ils sont dramatiques pour les Iraniens en terme de perte d’influence : les révolutions arabes les ont coupés du Hamas palestinien, sunnite, en raison du soutien à la Syrie qui massacre des sunnites. La Syrie qui servait de médiateur aux Iraniens sur la scène internationale, à l’époque ou Bachar al-Assad était encore reçu partout, est devenue un boulet, sans présager de l’avenir du régime. Ce qui se passe là-bas fragilise aussi le Hezbollah au Liban, dernier pilier du croissant chiite, avec le premier ministre irakien al-Maliki.

Et puis les sanctions dont l’effet se fait déjà sentir lourdement sur l’économie iranienne avec notamment l’effondrement de la monnaie.

Rien n’est sûr et les Iraniens peuvent se livrer à leur sport préféré : la surenchère de dernière minute. Mais il y a une conjonction d’intérêts avec les Occidentaux.

Barack Obama pousse à la reprise des négociations ?

Oui et en réalité personne n’a envie d’une guerre contre l’Iran à quelques mois d'une l'élection présidentielle aux États-Unis, mais aussi en France. La flambée des prix du pétrole qu’elle provoquerait risquerait d’inverser le léger mouvement de reprise aux États-Unis sur lequel compte le président américain pour sa réélection.

Les attaques des candidats républicains sur sa présumée faiblesse face à l’Iran sont de bonne guerre, mais sont frappées d’une contradiction énorme : ils lui reprochent aussi de ne rien faire contre la montée du prix du brut (à plus de 120 dollars le baril). Or c’est précisément dans le but de faire baisser les prix qu’Obama essaye de calmer le jeu.

Côté français, on n’a pas beaucoup d’illusions sur cette négociation avec l’Iran, mais on a encore moins envie d’une crise majeure dans cette période. Les négociations vont donc reprendre début avril, ce qui rendra pendant un moment très difficile une attaque de l’Iran par Israël.

Mais au fil des négociations, qui seront difficiles, le sujet s’invitera forcément dans la campagne, à Paris et à Washington. Il avantagera les présidents sortants. En effet, les républicains paraissent un peu légers avec leur discours va-t-en guerre pour plaire aux Israéliens, et on ne sait toujours pas ce que pense de ce dossier François Hollande ! On finira peut-être par être fixés bientôt.

Il s’agit d’un sujet explosif. L’attitude face à l’Iran peut avoir des conséquences directes sur la vie quotidienne des gens dans les prochaines années.

Cette décision de retour à la table des négociations est-ce de la sagesse ou un “lâche soulagement”.

En fait, il faudrait raisonner en sachant quelle est exactement le niveau de la menace iranienne. Il est impossible de savoir exactement où en sont les Iraniens par rapport à la ligne d’arrivée...

L’autre question évidemment est celle de leurs intentions envers Israël, pays avec lequel ils n’ont jamais été en guerre, mais envers lequel il tiennent un discours inquiétant, inacceptable.

Pour B. Netanyahou on est en 1944, les alliés savent que les juifs sont exterminés mais ne font rien...C’est une analogie quand même très excessive, même si on comprend les raisons qui poussent l’État juif à ne pas prendre le moindre risque avec son existence.

C’est vrai qu’il y aura un soulagement à ne pas voir la situation dégénérer en guerre en ce moment, alors que le monde a déjà tant de problèmes à régler...Mais il y a aussi de la sagesse à se dire que les Iraniens ne sont pas totalement insensibles à la rationalité et peuvent accepter de faire le geste qui leur permettrait de sortir d’une situation diplomatique et économique périlleuse.
 

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