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Moyen-orient

Le vice-ministre syrien du Pétrole confirme sa démission

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/03/2012

Abdo Houssameddine, vice-ministre du Pétrole, a confirmé sa démission du gouvernement de Bachar al-Assad sur FRANCE 24, et encouragé le départ de ses collègues. Il est le plus haut responsable à faire défection depuis le début des violences.

Après avoir annoncé sa défection dans un enregistrement rendu public dans la nuit de mercredi à jeudi, le vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Hussameddine, l’a confirmée ce jeudi sur l’antenne de France 24.

"Je voudrais confirmer à votre chaîne, qui jouit d'une grande crédibilité, que j'ai fait défection de ma propre volonté et sans aucune contrainte", a-t-il en effet déclaré.

Alors que nombre de haut gradés de l’armée ont rejoint la rébellion, il est le premier responsable gouvernemental à rejoindre les rangs de l'opposition, en presque un an de révolte.

Il explique sa défection tardive et le silence de la classe politique et des hauts fonctionnaires syriens par les vives pressions exercées par le pouvoir.

"Si l’annonce de ma défection arrive si tardivement, c'est parce que tous les responsables sont en Syrie comme dans une grande prison", justifie-t-il. "Une décision officielle les empêche même de quitter leur territoire", a poursuivit Abdo Hussameddine.

Passé désormais dans la clandestinité, il estime que "les responsables refusent de quitter le pays, par peur pour leur vie, pour leur famille ou pour leurs intérêts".

Le régime, "un bateau qui coule"

Après avoir dénoncé les atrocités commises par le régime syrien à travers le pays, celui qui est désormais ancien vice-ministre du Pétrole a insisté sur "l’effondrement de la situation économique en Syrie".

Il a notamment évoqué un manque total de ressources. "L’état n'a aucune ressource ni en tourisme, ni en pétrole, ni en industrie", assène-t-il sur l’antenne de France 24. "Il n'y a pas non plus de commerce proprement dit, ou d’argent provenant des impôts et autres taxes", poursuit-il. Comparant le pays à un "bateau qui coule", il constate : "L’Etat n’a plus aucune ressource pour se prendre en charge."

Il a aussi appelé les autres responsables syriens à suivre son exemple et à faire défection, en soutien au soulèvement.

Burhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition, a salué cette défection, appelant lui aussi les membres du gouvernement et les fonctionnaires à faire défection.



Dans le même temps, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, attendu samedi à Damas, a pressé l'opposition de "venir travailler" avec lui, estimant que "la solution ultime réside dans un règlement politique".

"Une plus grande militarisation va aggraver la situation", a-t-il par ailleurs estimé, alors que l'Egypte a fait part de ses craintes que la crise ne se propage "à l'ensemble de la région".

Selon l'OSDH, les violences ont fait quelque 8 500 morts, en majorité des civils, depuis le début de la révolte.

Retour sur un an de soulèvement en Syrie




 

Première publication : 08/03/2012

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