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EUROPE

La Grèce efface une partie de la dette détenue par les créanciers privés

Vidéo par Vanessa TSANGA TABI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/03/2012

La participation des créanciers privés au plan de restructuration de la dette a atteint un taux de 85,8 %, a annoncé ce vendredi le gouvernement grec. Une opération qui permettra d'effacer une ardoise de quelque 100 milliards d'euros.

AFP - La Grèce a évité la faillite incontrôlée en obtenant vendredi l'accord d'une forte majorité de ses créanciers privés pour réduire et rééchelonner son énorme dette, ce qui ouvre la voie à l'application du deuxième plan de sauvetage de ses bailleurs de fonds UE et FMI.
              
Au terme de plusieurs mois de négociations internationales ardues, la Grèce a recueilli 83,5% d'acceptation de l'ensemble de ses créanciers pour échanger leurs titres, dont 85,8% des seuls détenteurs d'obligations de droit grec, a annoncé tôt vendredi le gouvernement grec.


L'opération, la plus grosse de ce type jamais réalisée dans le monde, doit permettre de réduire à 120,5% du PIB la dette du pays d'ici 2020, contre 160% actuellement, un taux qui reste très élevé selon tous les standards internationaux.
             


Si la Grèce évite un défaut de paiement incontrôlé, le taux d'assentiment recueilli parmi ses créanciers privés est toutefois insuffisant par rapport à l'objectif de 90% que s'était fixé le gouvernement. Ce qui explique qu'il ait dû recommander l'activation des clauses d'action collectives (CAC) attachées aux obligations qui doivent être échangées.
              
Ces clauses contraignent les porteurs rétifs à accepter les termes de l'échange et devraient porter au final le taux d'acceptation à 95,7%, a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué.
              
La décision d'activer ou non les clauses CAC sera prise dans l'après-midi lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro qui doit commencer à 13H00 GMT à Bruxelles.
              
Parallèlement, dans un ballet financier international parfaitement huilé, un autre comité international (ISDA) doit se réunir exactement à la même heure pour décider si le recours aux clauses (CAC) entraîne ou non le paiement des assurances CDS souscrites par les investisseurs pour se prémunir contre un défaut de paiement de la Grèce.
              
Ces CDS peuvent être activés lorsque se produit un "événement de crédit", c'est-à-dire une modification dans le schéma de remboursement d'un emprunteur, comme par exemple le recours à des clauses contraignantes pour les créanciers qui ne sont plus considérés comme "volontaires".
              
Si la Grèce avait obtenu plus de 90% d'assentiment d'emblée, elle n'aurait pas eu besoin d'activer les clauses CAC.
              
Au 2 mars, le total des CDS souscrits sur la Grèce atteignait 3,16 milliards de dollars en net, selon l'organisme de référence américain, un montant considéré comme gérable par plusieurs membres du secteur bancaire alors que ces instruments ont été largement jugés responsables de l'aggravation de la crise financière internationale de 2008.
              
"Je souhaite exprimer ma gratitude à tous nos créanciers qui ont soutenu notre ambitieux programme de réforme et d'ajustement et qui ont partagé les sacrifices du peuple dans son effort historique" a salué le ministre des Finances grec Evangélos Vénizélos dans un communiqué.
              
L'échange concret des titres doit avoir lieu lundi 12 mars pour les obligations de droit grec, mais un délai supplémentaire courant jusqu'au 23 mars à 08H00 GMT a été accordé aux détenteurs de titres de droit non grec qui souhaiteraient rejoindre les rangs des participants à l'échange.
              
Sur la partie des titres de droit étranger, la participation n'atteint que 69%. Le délai signifie donc que la taux de participation finale pourrait encore augmenter. Il n'autorise pas ceux qui ont déjà adhéré à l'offre à revenir sur leur décision.
              
Charles Dallara, patron de l'Institut de la Finance Internationale (IIF), qui a négocié pendant plusieurs mois au nom des banques les conditions de l'échange d'obligations avec le gouvernement grec, s'est aussi félicité vendredi en estimant que le résultat de l'opération "réduit les risques de contagion sur les marchés ce qui permet à la Grèce de poursuivre ses efforts de réforme".
              
Même son de cloche du côté du ministre français des Finances françois Baroin qui a qualifié de "bonne nouvelle et beau succès" le résultat de l'opération.
              
Vendredi, la zone euro pourrait aussi se prononcer sur le démarrage du deuxième plan d'aide à la Grèce, qui prévoit le versement d'un deuxième prêt de quelque 130 milliards d'euros d'aide d'ici à 2015.

Première publication : 09/03/2012

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