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FRANCE

Sarkozy lance la stratégie du "moi ou le chaos"

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/03/2012

Le grand meeting organisé dimanche à Villepinte au cours duquel Nicolas Sarkozy présentera son programme sera aussi l’occasion pour le candidat-président de mesurer l'impact des thèmes qu'il développe depuis son entrée en campagne.

Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à remplir le hall du parc des expositions de Villepinte ? Son équipe table sur 50 000 militants présents dans la banlieue nord de Paris, dimanche 11 mars, pour ce nouveau meeting baptisé "grande réunion publique nationale". Le quotidien Le Parisien parle de 40 000, Le Figaro de 60 000, une journaliste du Monde relaie, elle, un objectif de 100 000… Une guerre des chiffres cruciale pour le président sortant, dont l'entourage scrute les effets de sa campagne sur l’opinion publique. Nicolas Sarkozy cherche en effet à mesurer la capacité de son discours de campagne à capter une partie de l'électorat d’extrême droite, sensible aux questions d’immigration et de viande hallal. "Il y a une façon d’aborder le sujet qui a uniquement pour but d’aller chasser sur les terres d’hostilité à l’islam et donc sur les terres du Front national. C’est toujours la même tactique", estime Roland Cayrol, directeur de recherches au Cevipof, le centre de recherches sur la vie politique de Sciences Po.

LE DEBAT, 1e partie

Reste que même si le meeting n’affiche pas complet, le hall de Villepinte ne laissera pas une impression de vide. En 2002, Jacques Chirac se vantait d’y avoir réuni 25 000 personnes - un chiffre que Nicolas Sarkozy est presque certain d’atteindre. Mais son équipe de campagne souhaite, elle, une foule compacte pour se convaincre que la victoire du candidat de l'UMP est encore possible. Selon Libération, le parti a eu recours à une entreprise spécialisée dans la relance téléphonique pour inciter les sympathisants de droite à se rendre au meeting, le "phoning" classique habituellement effectué par les militants retraités du parti présidentiel ne suffisant pas.

Stratégie du "moi ou le chaos"

Le meeting de Villepinte marquera un nouveau tournant dans la campagne de Nicolas Sarkozy, promet son entourage. Pour le candidat, qui n’a pas hésité à mettre en jeu sa carrière politique dans la présidentielle cette semaine, il s'agit d'une étape cruciale. "Si les Français ne devaient pas me faire confiance, est-ce que vous croyez vraiment que je vais continuer dans la vie politique ? La réponse est non", a en effet déclaré Nicolas Sarkozy sur RMC-Info, jeudi matin. "Je dis aux Français : je me battrai de toutes mes forces pour avoir votre confiance, pour vous protéger, pour vous conduire, pour construire la France forte. Mais si tel n’est pas votre choix, je m’inclinerai. Et j’aurai fait une très belle vie politique."

LE DÉBAT, 2e partie

Accès de sincérité ou stratégie de la dernière chance ? "Il essaie de mobiliser en jouant à fond sa présidentialité, son expérience", analyse l’éditorialiste Denis Jeambar, qui voit dans les propos de Nicolas Sarkozy des similitudes avec le "Moi ou le chaos" lancé par Charles de Gaulle lors de la première élection présidentielle au suffrage universel, en 1965. "Il y a à la fois de la sincérité et de la stratégie : il veut établir un rapport affectif avec les électeurs."

Un positionnement politique que Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’institut de sondages Ifop, juge suicidaire. "Il est dangereux de jouer encore la personnalisation de l’élection, comme Nicolas Sarkozy le fait depuis le début de la campagne en disant : 'Je suis le seul à pouvoir faire le job’." Ce jeu de poker ne plaît pas franchement non plus à l’entourage du candidat-président. Celui-ci redoute en effet que la campagne se réduise davantage encore à un référendum sur la personne de Nicolas Sarkozy.

Dimanche, à Villepinte, ce dernier devrait donc chercher, plus que jamais, à donner une impression de rassemblement. Avec pour invités l’acteur Gérard Depardieu, le leader de Chasse, pêche, nature et traditions Frédéric Nihous, Christine Boutin, du Parti chrétien-démocrate, et peut-être Jean-Louis Borloo, dont le Parti radical s’est finalement rallié au candidat de l'UMP, et Rama Yade, ancienne secrétaire d’État poussée sur le devant de la scène par Nicolas Sarkozy durant sa campagne 2007. 

Première publication : 09/03/2012

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