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Moyen-orient

Pour Bachar al-Assad, pas question de dialoguer avec des "groupes terroristes"

©

Vidéo par Nicolas GERMAIN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/03/2012

Lors de son entretien à Damas avec Kofi Annan, Bachar al-Assad a déclaré qu'aucune initiative de paix n'était possible tant que des "groupes terroristes" semaient le chaos. Les deux hommes doivent se revoir ce dimanche.

AFP - L'émissaire international Kofi Annan doit revoir dimanche le président Bachar al-Assad pour négocier une sortie de crise, un effort mis à mal par l'offensive meurtrière contre la province rebelle d'Idleb (nord-ouest).
              

De violents combats entre armée et rebelles se déroulaient encore dimanche dans cette région montagneuse et frontalière de la Turquie, au lendemain d'une journée sanglante avec 90 morts à travers le pays, le jour même où M. Annan entamait sa mission à Damas.
              
En soirée, l'armée a pris d'assaut la ville d'Idleb, quelques heures à peine après que le président Assad a écarté, en présence de M. Annan, toute idée de dialogue avant l'élimination des "groupes terroristes", en référence à la rébellion.
              
Dimanche matin, le régime semblait toujours décidé à écraser cette rébellion, avec une offensive contre le district de Jisr al-Choughour dans la province d'Idleb, selon l'Observatoire syrien de l'Homme (OSDH). Trois soldats ont été tués dans de violents combats entre déserteurs et armée dans ce district où un civil a été également tué par les forces de sécurité.
              
Toujours dans la région d'Idleb, l'armée semblait prête à attaquer la région de Jabal al-Zaouia, où se concentre un très grand nombre de rebelles, d'après l'OSDH.
              
Depuis plusieurs jours, des troupes se massaient dans cette région, se préparant à une offensive semblable à celle lancée contre Baba Amr, quartier rebelle de Homs repris le 1er mars par l'armée après un mois de siège et de pilonnage meurtrier.
              
Les combattants déserteurs, faiblement armés et ne bénéficiant pas de soutien international à l'instar des ex-rebelles libyens, ont essuyé samedi de lourdes pertes -- 39 morts au total, en majorité dans la province d'Idleb. Dans tout le pays, les violences ont tué aussi 32 civils et 20 soldats, soit un total de 91 morts dans la journée.
              
Ignorant les appels à l'arrêt des violences, le président Assad a affirmé samedi que Damas était "prêt à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution", tout en prévenant que tout dialogue était voué à l'échec tant qu'il y aurait "des groupes terroristes oeuvrant pour semer le chaos".
              
M. Annan a exprimé sa "profonde préoccupation" face à la répression et a "pressé le président syrien de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la crise" en Syrie, où les violences ont fait plus de 8.500 morts en près d'un an de révolte.
              
Selon un communiqué de l'ONU, il a aussi fait des propositions à M. Assad concernant "la fin de la violence, un accès pour l'aide humanitaire et le Comité international de la Croix-Rouge, la libération de prisonniers et l'amorce d'un dialogue politique qui n'exclut personne".
              
M. Annan a également rencontré à Damas des opposants qui se sont dits prêts à un dialogue si le régime donnait des "signes de bonne volonté", en particulier la fin des violences. Dimanche, l'émissaire internationale a aussi rencontré les représentants des différentes communautés religieuses du pays.
              
La mission de M. Annan est compliquée en raison des divisions internationales entre le bloc Moscou-Pékin, alliés de Damas, et l'Occident et les Arabes, qui dénoncent la répression.
              
En outre, les autorités refusent de reconnaître l'ampleur de la contestation, et le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, rejette tout dialogue avec M. Assad dont elle exige le départ.
              
Signe de la persistance des divisions, les ministres arabes des Affaires étrangères et leur homologue russe Sergueï Lavrov, ont appelé samedi au Caire à l'arrêt des violences d'où qu'elles viennent en Syrie, tout en mettant leurs divergences au grand jour.
              
Le Qatar, chef de fil des pays arabes critiques de Damas, a estimé qu'un cessez-le-feu serait insuffisant, dénonçant "un génocide systématique de la part du gouvernement syrien et appelant à nouveau à l'envoi de forces arabes et internationales en Syrie.
              
Mais Moscou maintient son refus de tout ingérence et souhaite renvoyer dos à dos le régime et les rebelles, ce que refuse l'Occident.
              
M. Annan doit quitter Damas dimanche pour Doha. Selon un diplomate turc, il doit aussi visiter prochainement les camps de réfugiés syriens à la frontière syro-turque.
              
Lundi, les chefs de la diplomatie américain, européens et russe célébreront  siège des Nations unies à New York le Printemps arabe, mais la Syrie devrait dominer les débats qui s'annoncent conflictuels, selon des diplomates.


              

 

Première publication : 10/03/2012

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