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SPORT

OM : Brandao entre controverses et coups d’éclat

Texte par Sylvain MORNET

Dernière modification : 14/03/2012

L’attaquant de l'OM, tant décrié, a offert mardi soir la qualification en quarts de finale de la Ligue des champions à son club. Le Brésilien passe ainsi du statut de zéro à celui de héros dans la cité phocéenne.

L’Olympique de Marseille peut remercier Brandao. Grâce à lui, le club phocéen jouera les quarts de finale de la Ligue des champions pour la première fois depuis 1993.

Mardi soir, alors que l’OM et l’Inter Milan s’acheminaient tranquillement vers les prolongations après un but milanais inscrit par Diego Milito à la 75e minute de jeu, Didier Deschamps décide de jouer son va-tout en remplaçant Loïc Remy par son attaquant brésilien.

"Avant d'entrer en jeu, j'ai dit [à Deschamps] que je croyais que j'allais marquer", confiera Brandao à l’issue du match.

Une intuition qui s’est avérée exacte. Quatre minutes après avoir foulé la pelouse, le Brésilien profite d’une hésitation de la défense italienne pour contrôler du dos et expédier une frappe lourde qui trompe le gardien Julio César (90e+2). Un but qui offre à l’Olympique de Marseille sa qualification, le penalty marqué par Pazzini (90e+6) ne changeant rien à la donne (2-1) car l'OM est le seul club à avoir marqué à l'extérieur.

Marseille poursuit son aventure européenne grâce au 6e but, toutes compétitions confondues, inscrit par Brandao depuis qu'il a réintégré l'équipe début janvier. Un retour lors du mercato qui, à l’époque, ne présageait aucunement d’une telle réussite.

Brandao dans les filets de la justice

Transféré à Marseille lors du mercato d'hiver 2008-2009 en provenance du Shaktar Donetsk (1re div. ukrainienne), Brandao - Evaeverson Lemos da Silva, de son nom complet - devient rapidement la tête de Turc du public marseillais qui l’affuble du sobriquet peu flatteur de "brandade". Maladroit, critiqué pour une efficacité devant le but loin d’être exceptionnelle, et raillé pour sa technique approximative, Brandao n’est pas épargné par les critiques. En interne pourtant, le Brésilien est encensé pour son comportement irréprochable sur le terrain. Batailleur, Brandao se donne toujours à fond. Sa bonne humeur est également très appréciée.

Autant de qualités importantes pour l'équipe mais qui, en dehors des terrains, attirent des problèmes au joueur qui se retrouve à la rubrique "faits divers" des journaux.

Le 9 mars 2011, le joueur est mis en examen pour viol. Il est accusé par une jeune femme de 23 ans d'avoir abusé d'elle dans sa voiture, alors qu'il la ramenait après une soirée dans une boîte de nuit d'Aix-en-Provence, près de Marseille.

Un comportement fustigé par le président marseillais de l’époque, Jean-Claude Dassier : "Ce qui me choque, c'est qu'à 5 ou 6 heures du matin, le matin d'un entraînement, et à quatre jours d'un match ô combien important contre Lille, il n'était pas dans un état tout à fait normal, après forte imprégnation d'alcool, selon tous les témoignages. Cela, ce n'est pas acceptable. Il mérite une sanction, soit financière, soit une suspension."

La solution trouvée par l’OM est alors de prêter Brandao - laissé en liberté sous contrôle judiciaire - aux clubs brésiliens de Cruzeiro (en mars 2011) puis de Gremio Porto Alegre (en août 2011). La donne est simple pour Jean-Claude Dassier : Brandao ne reportera plus jamais le maillot de l'OM tant que cette affaire de viol ne sera pas réglée.

"Une mise en examen, ce n’est pas anodin. Je trouve ça très choquant"

Mais voilà, depuis, Dassier est parti. Et Brandao, lui, est revenu. À la grande satisfaction de Didier Deschamps, privé en début d’année des frères Jordan et André Ayew, partis disputer la Coupe d'Afrique des nations (CAN) avec le Ghana.

Mais l’enthousiasme de l’entraîneur marseillais n’est pas partagé par tout le monde. L'ancienne ministre des Sports, Chantal Jouanno, déclare alors : "J’aurais préféré qu’on ne remette pas Brandao en scène, au même endroit, moins d’un an après les faits. S’il marque, tout le monde va l’acclamer. Une mise en examen, ce n’est pas anodin. Je trouve ça très choquant."

Des propos loin de perturber l’attaquant âgé de 31 ans. Interrogé récemment sur l'affaire, le joueur a répété qu'il ne souhaitait parler que de football. "L'affaire suit son cours. Ce sera à la justice de prendre sa décision."

"Je rends grâce à Dieu de m'avoir donné la possibilité de revenir, je suis entouré par ma famille, le staff. Je suis de retour. Je marque. Je me sens très bien", a encore ajouté le joueur. Une famille qui a pourtant vécu des derniers mois mouvementés. Ainsi le père de Brandao, en instance de divorce, a été emprisonné au Brésil, le 16 février dernier, pour avoir mis le feu à la maison de sa femme.

Première publication : 14/03/2012

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