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Moyen-orient

Une année de révolte et de répression en Syrie

Vidéo par Carlotta RANIERI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/03/2012

Alors que le mouvement de contestation contre le régime de Damas entre dans sa deuxième année ce jeudi, la communauté internationale peine toujours à s'accorder sur l’attitude à adopter. Près de 8 500 personnes auraient péri depuis mars 2011.

Suivez ce jeudi notre journée spéciale "Un an après" sur l'antenne de FRANCE 24 et découvrez nos contenus exclusifs sur France24.com.

LA CONTESTATION DU 15 MARS 2011 AU 15 MARS 2012

AFP - L'armée a repris mercredi le contrôle d'Idleb et intensifié la répression dans d'autres fiefs de la contestation en Syrie, un chef de la rébellion affirmant que Bachar al-Assad méritait un sort "pire" que celui du Libyen Mouammar Kadhafi tué lors de sa capture par des rebelles.

Alors que le conflit entre jeudi dans sa 2e année, le président américain Barack Obama a redit que le président Assad allait partir quoi qu'il advienne, devant son hôte, le Premier ministre britannique David Cameron, pour qui le régime devra faire face à une "guerre civile" s'il poursuit sa répression.

La Russie a, elle, déploré de "gros retards" dans les réformes promises par son allié syrien, et l'émissaire Kofi Annan, qui doit rendre compte vendredi à l'ONU de sa mission en Syrie, a dit avoir demandé des éclaircissements au régime sur sa réponse aux propositions pour un arrêt du bain de sang.



Mais sur le terrain, la répression a encore fait au moins 37 morts selon une ONG, le régime profitant du faible armement des rebelles, de la fragmentation de l'opposition avec la démission de trois personnalités et surtout des divisions de la communauté internationale pour rétablir son autorité.

Deux semaines après avoir pris le quartier de Baba Amr à Homs (centre) à l'issue d'un mois de pilonnage sanglant, l'armée a repris le contrôle total de l'important fief rebelle d'Idleb (nord-ouest), près de la frontière turque.

"Il n'y a plus de combats à Idleb, l'Armée syrienne libre (ASL) s'est retirée et l'armée a pris d'assaut toute la ville et mène des perquisitions maison par maison", a affirmé Noureddine al-Abdo, militant local.

"L'ASL a préféré se retirer. Tout le monde sait qu'elle est incapable de faire face à (la puissance de feu) de l'armée", a-t-il dit. Les rebelles disposaient "essentiellement d'armes que les déserteurs avaient prises avec eux".

La situation délicate des réfugiés syriens au Liban

Deux journalistes turcs en reportage à Idleb, Adem Özköse et Hamit Coskun, ont disparu, selon le journal turc Milat, sans nouvelle d'eux depuis le 9 mars.

Ailleurs dans le pays, l'armée a tué 22 personnes lors de raids à Deraa (sud) -15 civils et sept militaires dissidents-, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). De nombreuses personnes blessées n'ont pas pu être évacuées à cause des tireurs embusqués.

Cinq civils ont aussi péri à Qousseir dans la province de Homs (centre) et cinq dans celle d'Idleb, a précisé l'OSDH. Des déserteurs sont également morts dans des affrontements.

Depuis le 15 mars 2011, 8.500 personnes en majorité des civils sont mortes en Syrie, où le régime réprime dans le sang une contestation dont il refuse de reconnaître l'ampleur et qu'il assimile à du "terrorisme" mené par des "gangs terroristes à la solde de l'étranger".

L'agence officielle Sana a d'ailleurs estimé à 33,5 millions de dollars "les dégâts provoqués par les gangs terroristes à Baba Amr".

Plus de 30.000 Syriens fuyant la répression se sont réfugiés dans les pays voisins et quelque 200.000 ont été déplacés à l'intérieur du pays, selon l'ONU. La situation humanitaire a été jugée grave dans certaines zones.



Amnesty International a dénoncé la "torture systématique" des détenus atteignant "un niveau jamais vu pendant des années". Selon des ONG internationales, le journaliste syrien Mazen Darwich, arrêté le 16 février à Damas, a été torturé et sa vie est en danger.

Face à l'escalade, l'Arabie saoudite, très critique du régime Assad, a annoncé officiellement la fermeture de son ambassade à Damas et le retrait de ses diplomates.

Le mouvement de contestation, essentiellement pacifique au départ, s'est militarisé avec des déserteurs, réunis au sein de l'ASL, qui disent prendre les armes pour défendre les civils.

Mais, reconnaît le numéro 2 de l'ASL, Ammar al-Wawi, l'ASL est "seulement armée de Kalachnikovs et de pistolets", face aux chars et à l'artillerie des 300.000 soldats. Dans une déclaration à l'AFP près de la frontière turque, il s'est néanmoins dit confiant dans "la victoire" même si cela prendra du temps.

Il a aussi affirmé que "Assad a tué tellement de monde qu'il mérite un sort pire que celui de Kadhafi" tué lors de sa capture en octobre 2011 par les rebelles après huit mois de conflit armé.

Outre l'infériorité militaire, l'opposition connaît aussi des divisions.

Haitham al-Maleh, Kamal al-Labwani et Catherine al-Talli ont annoncé qu'ils claquaient la porte du Conseil national syrien (CNS) en raison de "divergences" et de l'"inefficacité" de la principale coalition de l'opposition.

Pour le 1er anniversaire de la révolte, les militants pro-démocratie ont appelé à des manifestations mais le quadrillage de l'armée risque de dissuader la population.

En France, des organisations françaises et syriennes ont appelé à manifester à Paris. Et en Turquie, des centaines de militants syriens doivent se réunir près de la frontière.

Première publication : 15/03/2012

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