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Moyen-orient

Alep frappée par un attentat à la voiture piégée

Vidéo par Sammy BERRAHMOUN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/03/2012

Plusieurs personnes ont été tuées dimanche dans l'explosion d'une voiture piégée à Alep, la deuxième ville de Syrie située dans le Nord. Cet attentat survient alors que Damas a autorisé une mission humanitaire dans le pays.

AFP - Un attentat, le troisième en deux jours dans le pays, a fait dimanche au moins deux morts à Alep en Syrie, où des experts de l'ONU et de l'Organisation de coopération islamique (OCI) mènent une mission d'évaluation des besoins humanitaires, sous la houlette du gouvernement.

D'autres experts, mandatés par l'émissaire international Kofi Annan, seront envoyés lundi à Damas pour négocier la mise en place d'une mission d'observation destinée à mettre fin à un an d'effusion de sang.

L'attaque à Alep, la deuxième du genre dans cette ville récemment gagnée par la contestation, intervient au lendemain de deux attentats à Damas qui ont fait 27 morts et 140 blessés, selon les autorités.

La télévision officielle a fait état de deux morts et d'"une trentaine de blessés" dans ce nouvel attentat qu'elle a imputé à des "terroristes".

"L'attentat à la voiture piégée a eu lieu dans le quartier de Souleimanyieh à Alep, près du siège de la sécurité politique, faisant trois morts et 25 blessés", a indiqué pour sa part l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Comme lors des attentats précédents, opposants et régime se sont mutuellement accusés.

"Le régime syrien cherche à terroriser (...) Damas et Alep, où d'importantes manifestations ont eu lieu ces dernières semaines", a affirmé Samir Nachar, membre du Conseil national syrien (CNS, opposition).

Le CNS a réclamé une commission d'enquête internationale sur les récents attentats, ainsi que sur la responsabilité du président Bachar al-Assad dans les "actes terroristes commis sur le sol syrien". Il a aussi appelé à une intervention internationale "d'urgence pour mettre fin aux crimes du régime".

A Damas, des dizaines de Syriens se sont rassemblés dans le quartier de Qassaa, en mémoire des victimes de la veille, accusant les dirigeants qataris et saoudiens, favorables à l'armement des rebelles, d'être responsables du "sang qui coule" dans le pays.

"Nous rejetons la liberté que veulent nous apporter Hamad (Ben Jassem Al-Thani, Premier ministre qatari), le Golfe et l'Arabie saoudite", a déclaré à la télévision d'Etat une habitante.

La presse officielle a lancé une attaque en règle contre ces deux pays. "Le terrorisme de Hamad et (du roi saoudien Abdallah) al-Saoud n'est pas une première, leur crime de sang, issu de leur rancoeur, nous le connaissons déjà", a écrit le quotidien officiel as-Saoura.

Samedi, un diplomate arabe avait affirmé à l'AFP que Ryad acheminait, via la Jordanie, du matériel militaire pour équiper les déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL), une information "catégoriquement démentie" par la Jordanie.

Parallèlement, une mission d'évaluation de l'aide humanitaire en Syrie, formée par l'Organisation de coopération islamique (OCI) et l'ONU, est arrivée vendredi dans le pays et a commencé son travail dimanche matin, selon l'OCI et l'ONU.

C'est la première fois que l'ONU est autorisée par Damas à faire une telle évaluation depuis le début il y a un an des violences qui ont fait, selon l'OSDH, plus de 9.000 morts.

La mission inclut différentes agences de l'ONU (Unicef...) et devrait rester en Syrie de sept à dix jours. Elle se trouvait dimanche à Homs (centre) et devait se rendre ensuite dans une dizaine de provinces du pays, selon une porte-parole de la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos.

Le président du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger, doit rencontrer lundi à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, un allié de Damas, pour évoquer la "situation humanitaire (qui) s'aggrave en Syrie".

"Un cessez-le-feu quotidien de deux heures au moins est essentiel pour permettre l'évacuation des blessés", a réaffirmé M. Kellenberger.

Sur le plan diplomatique, des experts mandatés par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, doivent partir lundi de Genève et de New York pour gagner la Syrie. Ils sont chargés de négocier l'envoi d'une mission d'observation dans le but de faire cesser les "tueries", selon Ahmed Fawzi, porte-parole de M. Annan.

Sur le terrain, outre l'attaque d'Alep, les violences ont encore fait 26 morts dimanche à travers le pays -- 19 civils, six soldats et un rebelle, selon l'OSDH.

Les villes d'Atareb et de Aazaz (nord) ont été bombardées depuis l'aube, selon Mohammad al-Halabi, militant à Alep, joint par l'AFP via Skype.

A Deraa (sud), des funérailles se sont transformées en une manifestation anti-Assad qui a rassemblé plus de 7.000 personnes, selon l'OSDH.

Quelque 2.000 étudiants ont également manifesté à l'université d'Alep, avant que l'armée n'entre dans le campus, et une manifestations massive s'est déroulée dans le quartier de Khaldiyé à Homs (centre), selon des militants.

Enfin, dans la capitale, l'opposant Mohammad Sayed Rassass "a été battu et arrêté", lors d'une manifestation violemment dispersée, d'après l'OSDH.

Première publication : 18/03/2012

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