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FRANCE

Critiquée dans l'affaire Mohamed Merah, la DCRI se défend

©

Vidéo par Julie ALBET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/03/2012

Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, s'est défendu dans "Le Monde" contre les critiques émises par certains politiques qui reprochent au service d'avoir sous-évalué la dangerosité de Merah.

AFP - La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), créée en 2008 sur le modèle du FBI et récemment accusée d'être une "police politique", s'est défendue vendredi après les critiques d'une partie de la classe politique dans son traitement de l'affaire Merah.

Le chef de le DCRI Bernard Squarcini a affirmé dans Le Monde qu'il était "impossible" d'aller plus vite pour arrêter Mohamed Merah à Toulouse.

Polémique sur une possible faille des renseignements après les tueries dans le sud-ouest



"Nous nous posons forcément la question: est-ce qu'on aurait pu faire différemment? Est-ce qu'on a raté quelque chose? Est-ce qu'on a été assez vite? Mais il était impossible de dire dimanche soir: "C'est Merah, il faut aller l'attraper", a-t-il déclaré.

Les critiques portent sur l'efficacité du renseignement intérieur français pour identifier en amont la dangerosité de Merah apprenti terroriste passé dans les mailles du filet de la DCRI dont c'est le "coeur de métier", selon des sources policières.

La DCRI avait surveillé le tueur au scooter après ses séjours de 2010 et 2011 en Afghanistan et au Pakistan ne décelant pas, selon elle, une dangerosité nécessitant une surveillance appuyée comme elle le fait régulièrement avec d'autres apprentis djihadistes ou réseaux.

"Il n'y avait aucun élément permettant de l'appréhender" avant son passage à l'acte, a affirmé le Premier ministre François Fillon vendredi après que François Hollande et des élus PS ont relevé jeudi une "faille" et un "échec" après le dénouement de l'affaire Merah.

Le ministre UMP des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait appelé jeudi à "faire la clarté là-dessus".

La mise en cause du renseignement intérieur dans un contexte de lutte contre le terrorisme est, selon des sources policières, "préjudiciable" car "cela risque d'écorner son image à l'extérieur".

C'est "méconnaître notre travail", déclare un policier de la DCRI, dont les responsables disent qu'elle est "montrée en exemple dans le monde" et affirment déjouer deux attentats en France par an.

"Repenser le renseignement"

La DCRI a été voulue et créée en 2008 par le président Nicolas Sarkozy qui y a placé l'un de ses "mousquetaires", le préfet Bernard Squarcini, surnommé "le squale", dans ce milieu où il est considéré comme un as.



Fusion de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et des Renseignements généraux (RG), il s'agissait de tourner la page des années sombres où les RG étaient accusés de "barbouzeries". Et de se muer en un FBI à la française.

Depuis sa création, elle a pourtant été vivement mise en cause pour ce qui a été parfois qualifié de "police politique" par l'opposition.

M. Squarcini a été mis en examen, en octobre 2011, dans l'affaire d'espionnage téléphonique de journalistes du Monde.

Un livre à succès, paru fin 2011 sous la plume de trois journalistes, accuse la DCRI d'être un "instrument au service" de l'Elysée et son "patron" d'être "l'espion du président".

Le malaise est aussi policier. Il y a une semaine, un rassemblement inédit a été organisé à son siège de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), pour dénoncer la "gestion des ressources humaines", à l'appel du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), qui a nié vouloir s'attaquer à toute autre question et salué le "remarquable travail" de la DCRI.

Mais François Rebsamen, "Monsieur sécurité" de François Hollande, a aussitôt affirmé que "la manifestation révèle le profond malaise qui règne dans ce service et plus généralement dans les forces de sécurité".

Le PS ne dissimule pas vouloir "repenser le renseignement" en cas de victoire.

La décision de dissoudre des RG refait débat régulièrement, avec pour argument que certaines méthodes traditionnelles ont été "mises de côté", selon les sources policières.

Elles mettent aussi sur le compte de "rivalités" dans un contexte électoral les réserves de M. Juppé voire de "règlements de comptes" visant le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, présent à Toulouse, comme M. Squarcini, durant la traque et l'assaut du tueur à scooter.

Tuerie de Toulouse et Montauban : Y a t-il eu des failles du renseignement?

 

Première publication : 23/03/2012

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