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Economie

Bercy revoit à la hausse ses prévisions de croissance pour 2012

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/03/2012

Le ministère français de l'Économie a décidé de révéler ses prévisions de croissance de 0,5 % à 0,7 % du PIB pour 2012. Bercy s'appuie sur l'Insee qui estime que la France retrouvera son niveau de croissance d'avant crise dès le mois de juin.

AFP - Le gouvernement a relevé jeudi soir de 0,5% à 0,7% sa prévision de croissance économique pour 2012, s'appuyant sur une amélioration des prévisions de l'Insee, qui estime que la France devrait échapper à la récession durant le début de l'année.

Pour 2013, le gouvernement abaisse en revanche ses attentes et ne table plus que sur 1,75% de croissance, contre 2% auparavant.

Dans un bref communiqué diffusé par Bercy, le ministre de l'Economie François Baroin "se félicite de l'amélioration en cours des perspectives économiques" pour cette année, "prenant note" des nouveaux pronostics de l'Institut national de la statistique.

Dans sa note de conjoncture de mars publiée jeudi soir, l'Insee a revu en hausse sa prévision pour les six premiers mois de 2012, estimant que la croissance devrait stagner au premier trimestre avant une reprise timide (+0,2%) au deuxième.

En décembre, l'Insee avait prédit une brève récession avec des contractions de l'activité économique au dernier trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, avant de constater une croissance de 0,2% pendant la période octobre-décembre de l'an dernier.

L'Insee a également revu à la hausse d'un demi-point sa prévision de l'acquis de croissance pour 2012 qui serait atteint en milieu d'année. De 0,0% pronostiqué en décembre, l'institut est passé à 0,5%. Ce chiffre représente la croissance de 2012 si le PIB des deux derniers trimestres restait le même qu'au deuxième trimestre.

"Pour la France, nous prévoyons une stabilité de l'activité au premier trimestre, zéro pour cent de croissance, et ensuite une reprise lente de 0,2% au deuxième trimestre", a déclaré à la presse Sandrine Duchêne, chef du département de la conjoncture de l'Insee.

"Nous avons eu un choc (dans) la zone euro à l'été 2011 dont nous sommes en train de sortir" et "le rétablissement est lent", a-t-elle constaté. Mais le produit intérieur brut (PIB) "retrouverait son niveau d'avant crise à l'horizon de la prévision", c'est-à-dire fin juin, a déclaré un analyste de l'Insee, Dorian Roucher.

Pour Mme Duchêne, "le point central" des estimations allant jusqu'au milieu de l'année est la consommation des ménages, moteur traditionnel de la croissance en France, qui "reste faible".

Les raisons de cette faiblesse sont "une baisse de 0,3% du pouvoir d'achat au premier semestre", due au chômage avec une perte de 49.000 emplois prévue dans le secteur marchand, la hausse du prix du pétrole et l'effet des mesures de consolidation budgétaire, note la responsable. L'Insee prévoit une inflation de 2,2% fin juin en glissement annuel.

"Soutenue par l'extérieur et par l'investissement des sociétés non financières, l'activité serait en revanche freinée par la dépense finale des ménages comme des administrations publiques", a analysé récemment l'institut Coe-Rexecode qui prévoit une croissance de 0,6% en 2012 et de 1,4% en 2013.

"Le commerce extérieur cesse d'être un poids pour l'économie française", a renchéri de son côté l'économiste en chef pour la France de Société Générale, Michel Martinez, notant que la France "ne perd plus de parts de marché par rapport à ses partenaires de la zone euro".

En revanche, sous l'effet des engagement de réduction de ses déficits pris par la France, un tournant s'opère selon lui dans la consommation.

"On a souvent loué le moteur de la consommation français, l'exemple, le paradoxe français d'une bonne consommation (...) Mais il faut être clair: depuis dix ans, plusieurs dixièmes de point de croissance de la consommation, 0,3 point par an selon nos estimations, provenaient du fait que l'Etat au sens large, protection sociale comprise, faisait des transferts aux ménages".

"Or aujourd'hui, on est dans la mécanique inverse avec la nécessité de réduire les déficits et des hausses d'impôts quel que soit le candidat" à la présidentielle, a-t-il déclaré à l'AFP.

Première publication : 23/03/2012

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