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FRANCE

Ouverture d'une information judiciaire à l'encontre d'Abdelkader Merah

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/03/2012

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire à l'encontre du frère de Mohamed Merah pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs. Les investigations auraient permis d'établir l'existence d'"indices graves ou concordants".

AFP - Abdelkader Merah, frère aîné de Mohamed, le "tueur au scooter" de Toulouse, était présenté dimanche à un juge anti-terroriste dans le cadre d'une information judiciaire pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'acte de terrorisme, ouverte dimanche par le parquet.

"Les investigations diligentées par les service de police ont permis d'établir à l'encontre de Merah Abdelkader l'existence d'indices graves ou concordants rendant vraisemblable sa participation comme complice à la commission des crimes en lien avec une entreprise terroriste", a indiqué le parquet, qui a également cité le chef de vol en réunion, dans un communiqué.

Abdelkader, 29 ans, avait été transféré tôt dimanche matin au palais de justice de Paris. Sa compagne, avec laquelle il est marié religieusement, a en revanche été libérée, au terme d'une grade à vue de près de 94heures. Aucune charge n'a été retenue contre elle, a précisé le parquet.

"C'est un soulagement pour elle mais elle est également effondrée car son mari va être déféré", avait annoncé tôt dimanche Guy Debuisson, l'avocat de la femme.

"En fonction des éléments qui ressortent de l'enquête, il parait évident que le mari a les plus grandes chances d'être incarcéré", a estimé l'avocat.

Au cours de son audition par les enquêteurs, le frère aîné du tueur présumé, s'est dit "fier" des actes de son cadet, tombé jeudi à Toulouse sous les balles du Raid après avoir abattu sept personnes.

Il a toutefois nié l'avoir aidé à assassiner froidement trois enfants et un enseignant juifs et trois parachutistes en huit jours, à Toulouse et Montauban.

Abdelkader Merah et sa compagne ont été interpellés mercredi chez eux à Auterive, à 40 kilomètres au sud de Toulouse. Leur garde à vue, entamée à Toulouse s'est poursuivie samedi matin au siège de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

La femme a été libérée dimanche à 4H30. "J'ai déjà dit qu'il n'y avait rien dans dossier contre ma cliente", a déclaré son avocat : "ce n'était pas un artifice, elle ignorait la vie réelle et secrète de son mari, sous réserve que ceci soit prouvé par l'enquête", a-t-il ajouté.

Abdelkader, le frère aîné du "tueur au scooter", a déclaré aux enquêteurs avoir accompagné son cadet chez un concessionnaire Yamaha où ce dernier s'était rendu le 6 mars pour demander en vain comment désactiver le système de géolocalisation du deux-roues. Il était également présent au moment du vol du puissant engin dont s'est servi Mohamed pour commettre ses crimes.

D'après une source policière, une complicité pourrait lui être reprochée pour ce vol.

Selon une source policière, l'aîné a également fait, pour le compte de son frère, des achats, dont il reste à déterminer la nature.

L'examen du contenu de ses ordinateurs n'avait en revanche rien révélé de probant, samedi, et la perquisition de son domicile n'avait mis au jour ni arme, ni explosif, a-t-on précisé de même source.

Dans ses échanges avec les policiers du Raid qui tentaient d'obtenir sa reddition, Mohamed Merah s'est efforcé de mettre hors de cause son frère en qui il "n'a pas arrêté de répéter qu'il n'avait pas confiance", selon le JDD.



Réfutant l'influence de son aîné sur sa foi, il s'est présenté comme un "autodidacte de l'Islam" qui a lu le Coran "seul en prison", poursuivent les enquêteurs, cité par l'hebdomadaire.

Selon un compagnon de cellule de Mohamed Merah, également cité par le JDD, c'est au contraire "lui qui a conditionné Mohamed". "Pour moi, il est difficilement imaginable qu'il n'ait rien à voir dans tous ces massacres" ajoute t-il, sous couvert de l'anonymat.

"Quand son frère venait au parloir, (Mohamed) baissait la tête et l'écoutait (...) c'est lui qui a pris le commandement de la famille", juge-t-il.

Abdelkader est venu avec sa mère voir régulièrement Mohamed en prison et "lui a fait passer un tapis de prière et une djellaba". Puis "il lui a donné un CD avec des chants islamiques, des bruits de détonation, il écoutait ça à fond du matin au soir", poursuit l'ex-codétenu.

"Selon un copain maghrébin, ça parlait de personnes égorgées, des âmes corrompues qui iraient en enfer, c'était insupportable", raconte l'homme qui a demandé à changer de cellule.

Au cours des négociations avec les policiers du Raid, Mohamed Merah a par ailleurs avoué "le plaisir infini" pris au cour de ses crimes et regretté avoir manqué "la rentrée des classes à l'école juive" ce qui lui aurait permis de tuer plus d'enfants.

Le tueur, qui envisageait d'autres actions, notamment dans la capitale, voulait voir ses victimes", les "toucher" et les filmer, selon les enquêteurs.

Dimanche, une marche silencieuse "contre le racisme, l'antisémitisme et le terrorisme est organisée à 15H00 à Paris à l'appel notamment de SOS Racisme, l'union des étudiants juifs de France, la Licra, le PS, l'association française des victimes du terrorisme. Une marche interreligieuse est prévue à Toulouse.

 

Première publication : 25/03/2012

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