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Ne pas inscrire la charia dans la Constitution, un "calcul politique" de la part d'Ennahda

Texte par Julien PEYRON

Dernière modification : 28/03/2012

Le parti islamique tunisien Ennahda a renoncé à introduire la charia dans la nouvelle Constitution. Un geste en direction des "modernistes", attachés à la laïcité, mais aussi un calcul politique de la part du parti au pouvoir.

La loi islamique ne devrait pas faire office de loi fondamentale en Tunisie. Le parti islamiste Ennahda s’est en effet engagé en début de semaine à ne pas inscrire la charia dans la future Constitution tunisienne. En se prononçant en faveur du maintien de l'article premier de la Constitution tunisienne de 1959, le parti dominant à l'Assemblée constituante a voulu rassurer l’opposition dite des "modernistes". "La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain: sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la république", stipule cet article.

"Cela indique que l’islam est une religion d’État mais qu’elle n’est pas une source de législation", analyse Gauthier Rybinski, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. "L’État reconnaît le culte musulman, le finance, mais il ne puise pas sa source d’inspiration législative dans la charia", précise le journaliste.

Préserver l’unité de la société tunisienne

Pour le chef historique du mouvement Ennahda, Rached Ghannouchi, le premier article de la Constitution "fait l'objet d'un consensus entre toutes les composantes de la société, préserve l'identité arabo-musulmane de la Tunisie et garantit aussi les principes d'un Etat civil et démocratique".

"Il s’agit surtout d’un calcul politique de la part d’Ennahda", estime Gauthier Rybinski, qui rappelle que le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, issu lui aussi du parti islamique, souhaite organiser des élections en 2013. "Il sait bien que, d’ici là, le parti au pouvoir a tout intérêt à préserver l’unité de la société tunisienne."

Ennahda se retrouve en effet dans une position assez inconfortable. Il est pris en tenaille entre les salafistes, fervents défenseurs de la charia, et les "modernistes", pour qui la laïcité est ancrée dans la société tunisienne depuis les années Bourguiba. Dans les années 1960, le père de la Tunisie moderne avait imposé une laïcisation stricte de son pays, devenu un exemple dans le monde arabe en matière d’émancipation des femmes.

"Agenda caché"

Depuis près d’un mois, pro et anti-charia font monter la pression sur l’Assemblée constituante, en multipliant les manifestations dans les rues de Tunis. De nombreux incidents ont éclaté entre les deux camps, notamment lorsque des salafistes ont tenté d’autoriser le port du niqab à l’université de la Manouba, à proximité de la capitale tunisienne.

Si le rejet de la charia dans la Constitution est un signe clair d’Ennahda en direction des "modernistes", ceux-ci se méfient toujours du parti islamique. "Ils soupçonnent Ennahda d’avoir un ‘agenda caché’ et de vouloir distiller petit à petit un peu de charia", précise Gauthier Rybinski.

Un peu plus d’un an après la fin de la Révolution de jasmin, la Tunisie est toujours à la recherche d’un équilibre politique synonyme de croissance soutenue. Ennahda souhaite notamment redorer l’image de la Tunisie à l’international pour relancer l’activité économique. "L’économie liée au tourisme a littéralement implosé suite à la révolution, indique Gauthier Rybinski. Et chacun sait que ce secteur aurait bien peu de chance de se relever dans un pays qui applique la charia à la lettre."

Première publication : 28/03/2012

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