Cent jours au goût amer pour Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol de centre droit, investi le 21 décembre dernier face à des socialistes affaiblis par la rigueur imposée. Fini l’état de grâce car il est en grande difficulté sur deux tableaux : électoral et budgétaire.
En Andalousie, son Parti populaire (PP) a certes remporté les régionales, mais sans majorité absolue. Pour quatre ans encore, ce sera donc au Parti socialiste (PSOE) - en coalition avec le parti d'extrême gauche Izquierda Unida (IE) -, de gouverner la région la plus peuplée d'Espagne…Une domination socialiste vieille de 30 ans. Un "désastre", aurait déploré Mariano Rajoy à ses proches.
Sur le front budgétaire, grosse maladresse aussi : à peine séchée l’encre sur le nouveau traité de discipline budgétaire, l’Espagnol a pris ses partenaires européens en traitre. Jugeant extrêmement difficile, voire dangereux, de réduire un déficit public à 8,5 % de moitié pendant une récession, Mariano Rajoy a unilatéralement décrété SON plan pour 2012 : le déficit serait de 5,8 % du PIB, au lieu des 4,4 % précédemment convenus avec la Commission européenne.
Brouillés, Bruxelles et Madrid se sont finalement rabibochés autour du chiffre de 5,3 % ! Mais, depuis quelques semaines, le pays a vu ses taux d'emprunt remonter dangereusement sur le marché secondaire. Le "miracle Rajoy" et le retour de la confiance ne sont pas au rendez-vous.
Quand à sa réforme du marché du travail, applaudie par Bruxelles, elle lui a valu sa première grève générale hier, jeudi. En cause, les nouvelles mesures d’austérité défendues devant le Parlement. Objectif : une baisse des dépenses d'au moins 35 milliards d'euros.
Mais la grogne est profonde dans un pays qui a beaucoup avalé de couleuvres et aborde sa deuxième récession en trois ans, avec un plongeon de 1,7 % du PIB prévu en 2012.
Le chômage atteint 23 % de la population… et surtout un jeune sur deux (soit deux fois plus que dans le reste de l’Europe).
Mais ces jeunes, qui ne sont pas forcément encartés syndicalement, sont plutôt attirés par des formes de protestation protéiformes, comme les fameux Indignados. L’épreuve du feu permettra sans doute à Rajoy, qui ne retirera pas son texte, de passer pour un dur aux niveaux national et européen !






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