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Asie - pacifique

Aung San Suu Kyi réitère la nécessité de participer à des élections même "imparfaites"

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/04/2012

Si l'opposante birmane Aung San Suu Kyi déplore le manque de transparence et de justice dans le processus démocratique des élections législatives, qui se tiendront le 1er avril, elle souligne néanmoins l'importance d'y prendre part.

AFP - Les législatives partielles en Birmanie ce week-end ne peuvent prétendre être réellement démocratiques, a regretté vendredi l'opposante Aung San Suu Kyi, prenant ses distances avec le processus tout en revendiquant la nécessité d'y participer.

Alors que le gouvernement d'anciens militaires réformateurs, au pouvoir depuis un an, espère démontrer par ces élections la sincérité du processus politique, la lauréate du prix Nobel de la paix a réitéré de vives critiques sur les irrégularités de la campagne.

"Je ne pense pas que nous puissions considérer que c'est une élection libre et juste si l'on tient compte de ce que l'on a observé ces derniers mois", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à son domicile de Rangoun, envahi par une horde de journalistes étrangers.

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait dénoncé plusieurs irrégularités, notamment des listes électorales comprenant des morts et "de très nombreux cas d'intimidations" et de vandalisme.

Des choses qui sont "au delà de ce qui est acceptable dans une élection démocratique", a-t-elle ajouté.

L'opposante avait triomphé aux élections de 1990, sans que la junte ne reconnaisse jamais les résultats. Elle était encore en résidence surveillée vingt ans plus tard, en novembre 2010, lors de législatives boycottées par la LND et qualifiées de mascarade par l'Occident.

Mais le président et ancien général Thein Sein l'a depuis invitée à revenir dans le jeu politique légal dans l'espoir, selon les analystes, d'accroître la légitimité des réformes et d'obtenir la levée des sanctions économiques occidentales.

Vendredi, elle a justifié son choix de briguer un siège de députée, pour la première fois de sa vie, dans la circonscription rurale de Kawhmu près de Rangoun.

"Nous sommes toujours déterminés à aller de l'avant, parce que c'est ce que notre peuple souhaite", a-t-elle justifié. "Nous n'avons jamais fait de compromis sur le plan des principes (...). Notre opinion est qu'une fois au parlement, nous pourrons travailler pour une véritable démocratisation".

Répondant à des rumeurs persistantes sur une possible entrée dans le gouvernement actuel, elle a revanche exclu cette hypothèse qui lui imposerait d'abandonner son mandat électif. "Je n'ai aucune intention de quitter le parlement après avoir tant lutté pour l'intégrer".

Un total de 45 sièges sont en jeu lors de ces partielles, dont 44 brigués par la LND. Mais quels que soient les résultats, "c'est la nouvelle conscience politique de notre peuple que nous considérons comme notre plus grand triomphe", a-t-elle relevé.

Une façon d'indiquer qu'elle se plaçait aussi dans la perspective des prochaines législatives, en 2015, pour une plus forte implantation parlementaire.

Car si son élection dimanche ne semble guère faire de doutes, elle ne fera pas basculer l'équilibre des forces, entièrement en faveur du Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP).

La formation, créé de toutes pièces par l'ancienne junte, avait revendiqué environ 80% des sièges en 2010 et peut compter sur la fidélité d'un quart des parlementaires, militaires d'active désignés en marge du processus électoral, en vertu de la Constitution de 2008.

Mais l'enjeu du scrutin n'en est pas moins crucial pour le régime birman, qui a invité des observateurs et accepté l'accréditation de plus de 170 journalistes étrangers, pour montrer que la Birmanie n'était plus le régime totalitaire et fermé qu'il est demeuré pendant un demi-siècle.

Thein Sein avait reconnu en début de semaine des "erreurs inutiles" dans le processus électoral, admettant ainsi de facto les critiques de la LND.

Il avait aussi demandé au pays d'accepter les résultats. "En respectant la décision du peuple, nous devons accepter de perdre", avait-il insisté dans le quotidien New Light of Myanmar.

 

Première publication : 30/03/2012

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