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Afrique

L'ultimatum lancé aux putschistes a expiré, la rébellion contrôle le Nord

Vidéo par Nabia MAKHLOUFI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/04/2012

La Cédéao avaient donné à la junte malienne jusqu'à dimanche minuit pour restituer le pouvoir aux civils sous peine d'un embargo. Les dirigeants ouest-africains tiendront un sommet sur le Mali ce lundi alors que les Touareg contrôlent le Nord.

REUTERS - Le Mali s'expose ce lundi à de possibles sanctions, ses dirigeants militaires ayant promis d'entamer un retour à un pouvoir civil mais n'ayant pris aucune mesure concrète en ce sens.

Le délai de 72 heures qu'avait fixé la Cedeao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) au Mali pour un retour des militaires dans leurs casernes a expiré dimanche à minuit.

Les dirigeants des pays d'Afrique de l'Ouest se retrouvent ce lundi à Dakar, où ils discuteront de la situation au Mali en marge de la cérémonie d'investiture du nouveau président sénégalais, Macky Sall.

Le capitaine Amadou Sanogo, qui a dirigé le coup d'Etat du 21 mars, s'est engagé dimanche à rétablir la Constitution et toutes les institutions de l'Etat malien avant la tenue d'élections. La Cedeao, qui a menacé de fermer les frontières du Mali à tout commerce, d'isoler le pays diplomatiquement et de geler ses fonds au sein de la BCEAO (Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest) n'a pas officiellement réagi à l'annonce faite par Sanogo.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao, a dit s'être entretenu dimanche avec le chef de la junte malienne afin de le remercier pour son engagement à rétablir l'ordre constitutionnel, mais il n'a pas dit si les menaces de sanctions étaient maintenues.

Ouattara a indiqué à la télévision publique sénégalaise qu'il allait oeuvrer avec d'autres dirigeants sans délai afin que le retour à l'ordre constitutionnel advienne à Bamako.

Les rebelles ont pris trois villes du Nord

La junte malienne est affaiblie par l'offensive éclair des rebelles touaregs dans le nord du pays. Profitant de la confusion consécutive au putsch, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont poursuivi dimanche leur offensive éclair dans le nord du pays.

Après avoir conquis le centre administratif de Kidal vendredi, puis la ville-garnison de Gao samedi, les séparatistes sont entrés dimanche dans Tombouctou où ils ont hissé leur drapeau, selon un élu local joint par téléphone dans la ville d'environ 50.000 habitants.

En s'emparant de Tombouctou, les rebelles contrôlent désormais les trois principales villes du nord du Mali, un territoire désertique plus vaste que la France.

Le colonel El Hadj Ag Gamou, l'officier touareg le plus réputé de l'armée régulière, a annoncé pour sa part sur les ondes de RFI qu'il se ralliait aux rebelles à la tête de 500 hommes.

Le Mali est la première victime collatérale du conflit libyen de 2011: des mercenaires maliens puissamment armés qui s'étaient battus pour le numéro un Mouammar Kadhafi, renversé et tué l'an dernier, sont venus gonfler les rangs du MNLA.

Les séparatistes, ainsi que l'affirme Bamako, bénéficient également de l'appui de groupes armés liés de manière plus ou moins étroite à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et qui prospèrent dans la "zone grise" de l'Afrique subsaharienne.

Les putschistes maliens affirment avoir renversé le président Amadou Toumani Touré en raison de son laxisme et de son incapacité à lutter contre les "hommes bleus", qui ont repris les armes à la mi-janvier dans le désert du Nord.

Première publication : 02/04/2012

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