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Afrique

La junte malienne dénonce de "graves violations des droits de l'Homme" dans le Nord

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/04/2012

La junte militaire au pouvoir à Bamako depuis le putsch du 22 mars a dénoncé ce mercredi de "graves violations des droits de l'Homme" perpétrées par les rebelles touareg et les milices islamistes à Gao, dans le nord-est du Mali.

AFP - Les rebelles touareg et groupes armés islamistes qui contrôlent depuis samedi la ville de Gao, dans le nord-est du Mali, y ont perpétré ds "graves violations des droits de l'homme", a affirmé mercredi la junte militaire au pouvoir à Bamako, dénonçant en particulier des viols.

"Les populations du Nord-Mali, singulièrement celles de Gao, subissent de graves violations des droits de l'homme" depuis "l'invasion des combattants MNLA (rébellion touareg), Ansar Dine (groupe islamiste) et Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique)", affirme un communiqué de la junte.

"Les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y

Inquiétude des Maliens de France

dictent leur loi", ajoute ce communiqué, signé du porte-parole de la junte militaire, le lieutenant Amadou Konaré.

Le texte ne fournit aucun autre détail, notamment sur l'ampleur de ces viols.

La junte dénonce également "la restriction de la liberté d'aller et venir déniée aux populations dans les localités de Kidal", ville conquise le 30 mars, "et Gao où les éléments MNLA, Ansar Dine et Aqmi bloquent tout mouvement des moyens de transport, fussent-ils civils".

Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) "en appelle aux organisations et organismes internationaux, singulièrement l'ONU et la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) pour une conjugaison des efforts en vue de condamner ces crimes et leurs auteurs".

"Dans tous les cas, ces graves violations des droits de l'homme interpellent la conscience collective", conclut le communiqué.

Profitant du putsch à Bamako contre le président Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois capitales du nord malien Kidal, Gao et Tombouctou, coupant de fait le pays en deux.

Interrogé au téléphone depuis Bamako, un habitant de Gao, s'exprimant sous couert d'anonymat, a déclaré: "c'est une réalité, ici. La nuit, ils enlèvent des femmes, ils les emmènent, ils les violent", a affirmé cet habitant, assurant avoir connaissance d'une "dizaine de cas au moins" depuis le 31 mars, date de la prise de Gao par les rebelles.

La même source a dénoncé les "pillages" et "saccages". "Il n'y a plus de moyens de déplacements, et ceux qui tentent de quitter la ville à pied sont refoulés" par les groupes armés, a-t-elle accusé.

Selon des sources concordantes, des pillages ont eu lieu à Tombouctou et Gao, visant en particulier des bâtiments publics, des locaux et entrepôts d'ONGs internationales. A Tombouctou, les hommes d'Ansar Dine, qui ont déclaré vouloir appliquer la charia (loi islamique) dans la ville, ont tenté d'y mettre fin.

Première publication : 04/04/2012

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