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Afrique

L'ONU exige le retour du pouvoir légitime et la fin des affrontements

Vidéo par Stéphanie DE SILGUY

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/04/2012

Le Conseil de sécurité de l'ONU a fermement demandé aux militaires putschistes de rendre le pouvoir aux autorités légitimes et exigé des rebelles du Nord qu'ils arrêtent "immédiatement" les combats et s'assoient à la table des négociations.

AFP - Les 15 pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont demandé mercredi aux militaires putschistes de rétablir sans tarder le gouvernement légitime du Mali et aux rebelles du Nord de déposer "immédiatement" les armes et d'entamer des négociations.

Dans une déclaration proposée par la France et qui a été adoptée par consensus, le

Le porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad annonce la fin des opérations militaires

Conseil exprime son soutien aux efforts de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest) pour obtenir "le retour effectif à l'ordre constitutionnel" à Bamako. La Cédéao a décrété un embargo contre les putschistes et les menace d'intervenir militairement.

Les pays du Conseil "s'inquiètent de la présence dans la région" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui pourrait selon eux "déstabiliser encore davantage" la situation.

Ils "condamnent fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire" commis par les rebelles dans le Nord et "exigent une cessation immédiate des hostilités". Ils invitent les rebelles "à cesser immédiatement toute violence" et demandent à "toutes les parties au Mali de rechercher une solution pacifique par un dialogue politique appoprié", dans le respect de la sécurité des civils et des droits de l'homme.

Les islamistes armés semblent l'emporter sur les rebelles touareg dans le Nord du Mali, notamment à Tombouctou, où trois des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont été signalés.

Le Conseil réaffirme sa condamnation du coup d'Etat et son "appel à rétablir immédiatement l'ordre constitutionnel et le gouvernement démocratiquement élu" du président Amadou Toumani Touré, comme il l'avait déjà fait à deux reprises, les 22 et 26 mars.

Les 15 pays demandent une nouvelle fois "aux mutins d'assurer la sécurité de tous les responsables maliens et de relâcher immédiatement ceux qui sont détenus".

Rappelant que les mutins avaient promis d'abandonner le pouvoir au 1er avril, le Conseil "attend (d'eux) qu'ils prennent des mesures immédiates pour appliquer effectivement cet engagement".

Le Conseil se dit par ailleurs préoccupé par "la dégradation rapide de la situation humanitaire au Sahel". Il "demande à toutes les parties au Mali d'autoriser un accès rapide, sûr et sans entraves" des secours à la population et à la communauté internationale de se mobiliser davantage à ce sujet.

L'ONU fait aussi part de sa préoccupation face aux risques que font peser les combats pour le site de Tombouctou (Nord-Ouest du Mali), inscrit au patrimoine de l'humanité.

Dans un compte-rendu devant le Conseil mardi, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, Lynn Pascoe, avait mis l'accent sur l'aggravation rapide de la crise, les rebelles ayant pris les principales villes du Nord sans rencontrer de véritable résistance, et sur la crise humanitaire.

Plus de 200.000 personnes ont fui depuis janvier leur domicile au Mali et cherché refuge ailleurs dans le pays ou les pays voisins, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

L'Union européenne a appelé mercredi à un "cessez-le-feu immédiat" dans le Nord mais n'envisage pas d'emboîter le pas aux Etats-Unis en prenant des mesures ciblées contre la junte.

La Cédéao a annoncé un "embargo total" à l'encontre de la junte. Elle a mis en alerte quelque 2.000 hommes et doit décider jeudi des modalités d'activation de cette force.

L'ambassadeur malien Oumar Daou a demandé au Conseil "d'aider le Mali à trouver une porte de sortie". Evoquant "un des moments les plus noirs de l'histoire" de son pays, autrefois "cité en exemple", il a critiqué l'embargo. "La Cédéao et l'Union africaine ne doivent pas aggraver la situation que nous vivons mais au contraire nous aider", a-t-il dit.

Dans un communiqué, l'ONG Oxfam a estimé que "certaines des sanctions imposées par les pays voisins (du Mali) et soutenues par le Conseil de sécurité pourraient aggraver encore une situation très délicate".

Première publication : 04/04/2012

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