Dernière modification : 06/04/2012 

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Naufrage de l'Erika : la Cour de cassation pourrait blanchir Total

La plus haute juridiction française pourrait prononcer le 24 mai l'annulation de la condamnation du groupe pétrolier pour le naufrage de l'Erika en décembre 1999 qui avait provoqué une des pires marées noires sur le littoral de l'Hexagone.

Par FRANCE 24 (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

Douze ans après le naufrage du pétrolier Erika au large des côtes bretonnes, la procédure judiciaire qui vise le groupe Total pourrait bien être annulée. L’information, révélée dans un rapport préparatoire du parquet général de la Cour de cassation, a été publiée par les quotidiens français Libération et Ouest-France, dans leurs éditions du 6 avril.

Le ministère public appuie son évaluation sur le fait que, le 12 décembre 1999, le navire étranger – il battait pavillon maltais – naviguait en zone économique exclusive, en dehors des eaux territoriales françaises. Selon l’avocat général, la loi française ne serait donc pas applicable, ce qui permettrait au groupe pétrolier d’échapper à toute poursuite par la justice pénale.

La Cour de cassation n’est cependant pas obligée de se conformer à l’avis du parquet général. Jusqu’alors les juges, lors des deux procès en 2007 et 2009, avaient estimé que le fait que le sinistre ait impacté le territoire français suffisait à rendre la justice compétente.

L’instance doit se réunir le 24 mai puis rendre sa décision.

Si la plus haute juridiction française suit les recommandations du parquet, elle pourrait prononcer l’annulation définitive, sans renvoi, de la condamnation de Total pour pollution maritime.

Le groupe pétrolier pourrait donc échapper aux condamnations prononcées en 2008 en première instance, puis en appel en 2010. Pour l'heure, la facture totale des indemnisations du naufrage de l’Erika s’élève pour le moment à 200,5 millions d’euros. Le groupe s’est déjà acquitté de 171,5 millions d’euros.

Indignation

Si l’annonce suscite de nombreuses réactions, un juriste rapporte à l'agence Reuters que le parti pris des juridictions inférieures pourrait à nouveau prévaloir : "Il est quand même difficile de ne pas voir que du pétrole s’est déversé sur 400 km de côtes." Le jour du naufrage, l’Erika s’était brisé en deux durant une tempête et avait déversé 20 000 tonnes de fioul.

Mais depuis vendredi matin, les réactions d’indignation se multiplient. "Plus de 12 années de combat des collectivités locales, en particulier des régions Pays de la Loire, Bretagne et Poitou-Charentes, mais aussi des associations risquent d'être balayées", déclare le président socialiste de la région Pays de la Loire, Jacques Auxiette, dans un communiqué au sein duquel il fait part de son "indignation", de son "inquiétude" et de sa "colère".

"On juge une affaire qui a eu lieu en 1999, avec le droit de 1999. Or depuis cette date, le droit a quand même évolué", s'indigne le député écologiste Noël Mamère (EELV). "L'avocat général donne une interprétation très stricte, très classique et très conservatrice des textes dans lesquels il n'y avait pas la reconnaissance du préjudice écologique."

Corinne Lepage, avocate de plusieurs municipalités dans le procès de l'Erika, interrogée par la radio française RTL, partage cette inquiétude et se dit même "particulièrement étonnée". "Depuis le début, on se heurte à une connivence entre les intérêts de Total et les intérêts de l'État, contre les Français et l'environnement", développe celle qui fut ministre de l'Environnement entre 1995 et 1997.

Jurisprudence internationale

Si la Cour de cassation décidait de blanchir Total dans l’affaire de l’Erika, la portée du jugement pourrait être sans précédent pour l’industrie pétrolière mondiale.

Car dans son rapport, le parquet préconise également l’abandon du concept de "préjudice écologique" qui a été retenu dans la condamnation initiale, prononcée en 2008.

Cet élément avait permis d’acter le fait que tout préjudice porté à l’environnement soit considéré comme un dommage permettant au demandeur d’exiger réparations, au même titre que les préjudices matériel, moral ou économique.

Interrogé sur l’antenne de FRANCE 24, Alexandre Faro, avocat de Greenpeace, décrypte : "Les règles sont très simples : vous prenez un pavillon de complaisance, vous vous éloignez des eaux territoriales, vous déversez le fioul comme vous l’entendez et vous êtes assurés d’une immunité totale."

"La justice est indépendante. Elle n’est pas obligée de suivre l’avis de l’avocat général. […] Il ne faut pas créer de mauvaise jurisprudence", prévient-il.

Pour Corinne Lepage aussi, une telle décision serait catastrophique : "Si un accident se produit en haute mer, si la responsabilité pénale ne peut être recherchée, ça veut dire qu'ils peuvent continuer à agir par cupidité, à faire des choix purement financiers au détriment de l'environnement voire de la sécurité humaine, et qu'il ne se passera jamais rien".

Noël Mamère s’inquiète, lui aussi, de la portée de ces réquisitions : "Si la cour de cassation suit l'avocat général et annule la condamnation de Total […] on accorderait l'impunité à tous les pollueurs du monde, ce serait un grave recul pour le droit de l'environnement."

Outre le groupe pétrolier français (375 000 euros), d’autres entités ont été condamnées par la justice pénale. Il s’agit de Rina, l’organisme de contrôle maritime italien qui a fourni au navire son certificat de navigabilité (175 000 euros), Antonio Pollara, ancien gestionnaire de l’Erika (75 000 euros) et Giuseppe Savarese, ex-propriétaire du navire (75 000 euros).

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(5) Réactions

Pollution exonérée?

On pourrait dpnc polluer en toute impunité?
Et ce serait valable pour toutes les pollutions?
Mort rapide de la planète, inconscience de l'avenir des enfants, y compris ceux des pollueurs. Mesure suicide.

On est , on est

On est les Champions !!

Faut reconnaitre qu'on est quand même le seul pays au monde ou on est capable de blanchir une mareé noire !!
Vive la justice de classe capable de lêcher le C... des puissants sans arrière pensée aucune

scandaleux

une semaine après que ces incompétents ait laissé échapper le gas de leur plateforme en écosse, c'est tout simplement scandaleux. et pourquoi pas exonerer BP de Deepwater Horizon pendant qu'on y est!

ERIKA

Depuis des lustres je suis écoeuré par la justice Française.
Elle se base sur des "lois alambiquées", dont l'une contredit la précédente.
1°)Il y a des faits indiscutables, que le "BON SENS " ne peut réfuter.

2°)"L'intellectuel",tue "l'intellect (de l'intelligence : comprendre, entendement :compréhension, raison).

Ces 2 phénomènes sont encore une "spécificité bien Française".

"Que diable", il y a eu des tonnes et des tonnes de "mazout" qui ont pollué le littoral Français et il a fallu attendre 13 ans pour entendre dire que total ne serait pas responsable.

Total est le propriétaire du produit, le donneur d'ordre pour le transporter. Tant que le produit n'est pas livré à son destinataire, LE BON SENS que je baptiserai de "TERRIEN", veut que ce soit Total le responsable et donc il faut appliquer le "précepte POLLUEUR, PAYEUR".

Si total estime que l'armateur ne lui a pas fourni un bâtiment dont les normes de sécurité n'étaient pas respectées, A TOTAL DE SE RETOURNER CONTRE CE DERNIER.

JE ME REPETE, le PRODUIT APPARTIENT à TOTAL QUI EST EGALEMENT LE DONNEUR D'ORDRE POUR LE TRANSPORTER.

Si il en est autrement, pour rester dans l'ABSURDRE, je vais aller dans une station service à l'étranger, jeter mon mégot de cigarette non éteint. S'il y a incendie, je vais dire: ETANT FRANCAIS, LA JURIDICTION DU PAYS NE PEUT PAS ME JUGER, d'AUTANT PLUS QUE CE N'EST PAS DE MA FAUTE, LE FABRICANT DE CIGARETTE, N'AURAIT JAMAIS DU METTRE EN VENTE UNE CIGARETTE QUI NE S'ETEINT PAS D'ELLE MEME LORSQUE JE LA JETTE AU SOL.

Oui je vous l'accorde j'ai un raisonnement "DEBILE", mais pour l'ERIKA il en est de même.

Il y a des "évidences", dont on ne peut pas nier le "BON SENS"

Dépoussiérons le "Code Civil", osons regarder les vérités en face et nous gagnerons sur tous les tableaux, y compris prise de responsabilités, civisme, et bien être pour l'Humanité.

Joyeuses Fêtes de Pâques à tous, dans la joie et la sérénité.

Pétrole, pic de production

A propos de pétrole, à signaler une tribune/"appel aux candidats" publiée jeudi 22 mars sur lemonde.fr, intitulée 'mobiliser la société face au pic pétrolier"

Signée par :

Pierre René Bauquis – Ancien Directeur Stratégie et Planification du groupe Total
Yves Cochet – Député Européen, ancien Ministre de l’environnement
Jean-Marc Jancovici – Ingénieur consultant, Président de The Shift Project
Jean Laherrère – Président ASPO France, ancien patron des techniques d’exploration du groupe Total
Yves Mathieu – Ancien chef du projet Ressources pétrolières mondiales à l’Institut Français du Pétrole

Texte de la tribune et possibilité de se joindre à l'appel en ligne ci-dessous :
http://tribune-pic-petrolier.org/
Sujet important s'il en est un et temps de se réveiller, ne pas hésiter à signer et relayer.
Attn France24 : PR Bauquis, Jean Laherrère, JL Wingert sont disponibles pour répondre à toute question, donner des précisions.

 
 
 
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