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FRANCE

Meurtres dans l'Essonne : forte mobilisation des forces de l'ordre

Vidéo par France 3

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/04/2012

Après la série de quatre meurtres commis dans l'Essonne en l'espace de quatre mois avec la même arme, les forces de l'ordre ont lancé un important dispositif de surveillance dans le département pour retrouver le ou les auteurs de ces crimes.

AFP - Un "dispositif de surveillance renforcée" a été mis en place dans l'Essonne durant le week-end pascal pour rassurer une population inquiète face aux quatre meurtres commis avec une même arme en un peu plus de quatre mois.

Une centaine d'enquêteurs tentent d'élucider ces crimes commis entre le 27 novembre et le 5 avril dont ont été victimes, dans un périmètre de moins de dix kilomètres, deux hommes et deux femmes "sans histoires" et sans lien apparent.

"L'objet principal (ndlr: du dispositif de surveillance) est de contrôler les comportements suspects", a dit à l'AFP le préfet, Michel Fuzeau. Ont été mis en place des contrôles routiers et d'identité, ainsi que "des interventions pour répondre aux alertes données par la population". "Plusieurs centaines" de membres des forces de l'ordre sont mobilisées.

Les contrôles ont notamment lieu sur la nationale 7, qui relie les trois villes dans lesquelles ont eu lieu les meurtres, Juvisy-sur-Orge, Ris-Orangis et Grigny. Le dispositif sera maintenu tout le week-end.

A l'exception de la piste terroriste, les enquêteurs n'excluent aucune hypothèse: celle du tueur en série, envisagée vendredi par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant mais nuancée par la procureure de l'Essonne Marie-Suzanne Le Quéau, celle d'un tueur à gages agissant pour un commanditaire, celle d'un "déséquilibré", celle de complices, celle d'un seul auteur ou de plusieurs...

La série a commencé le 27 novembre 2011 quand une femme de 35 ans, Nathalie Davids, est tuée dans un quartier calme de Juvisy-sur-Orge, criblée de balles dans le parking de son immeuble, un mode opératoire qui changera lors des meurtres suivants.

Un détenu

Un homme de 46 ans, handicapé et sans emploi, vivant à 40 kilomètres dans les Hauts-de-Seine, qui a eu une relation amoureuse avec la victime, est écroué: après s'être rendu et accusé, il s'est rétracté. Lors de ses aveux initiaux, il n'avait rien dit sur l'arme. Il était emprisonné au moment des trois meurtres suivants. Il doit être réentendu.

Car un peu moins de trois mois après, un autre habitant de l'immeuble, membre comme la victime du conseil syndical, est tué le 22 février dans le parking: il s'agit d'un père de famille de 52 ans, Jean-Yves Bonnerue. L'arme est la même: un pistolet semi-automatique 7,65 mm, calibre répandu. Pas une arme habituelle de la grande criminalité.

Le 17 mars, c'est un octogénaire, Marcel Brunetto, employé de banque à la retraite, qui est exécuté d'une balle dans la tête dans le hall de son immeuble de Ris-Orangis, commune riveraine de Grigny où a été tuée jeudi Nadjia Boudjemia-Lahcene, 48 ans.

L'assassin, "un individu de sexe masculin" selon la procureure Le Quéau, mince, "grand et de type européen" selon des sources proches de l'enquête, a fui en moto. La police judiciaire de Versailles recherche une Suzuki bleue et blanche et exploitait samedi les éléments consécutifs à l'appel à témoins lancé la veille, recueillis sur la ligne téléphonique ou l'adresse internet ouvertes (0800 33 60 98, n791@interieur.gouv.fr).

Cette série de meurtres suscite l'inquiétude. "On se demande: à qui le tour? Il peut tirer sur qui maintenant?", s'interrogeait vendredi soir Nouar Khemissa, une jeune mère de famille, voisine de Mme Boudjemia-Lahcene.

Selon le maire PS de Ris-Orangis Thierry Mandon, dans cette commune où s'est déroulé le troisième meurtre et où patrouillent cinq fois plus de policiers que d'ordinaire, les habitants "ne sont pas terrorisés, mais ils posent des questions."

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République à la présidentielle et député de l'Essonne, a dénoncé samedi la faiblesse "criante" des effectifs de police dans l'Essonne.

Première publication : 07/04/2012

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