Dernière modification : 08/04/2012 

- Cédéao - Coup d'État - Mali


La Cédéao lève les sanctions contre le Mali

Les chefs d'État ouest-africains ont décidé de lever l'embargo total qui pesait sur le Mali suite au coup d'État du 22 mars, a signalé ce dimanche la Cédéao après avoir signé un accord avec la junte au pouvoir à Bamako.

Par FRANCE 24 (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Les dirigeants ouest-africains ont levé toutes les sanctions contre le Mali, prises à la suite du coup d'Etat du 22 mars, a indiqué dimanche la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) après la signature d'un accord avec la junte au pouvoir à Bamako.

Les consultations entre la junte dirigée par le capitaine Amadou Sanogo et les autorités de la Cédéao ont "abouti à la signature d'un accord cadre le vendredi 6 avril pour le retour de l'ordre constitutionnel au Mali", selon un communiqué de l'organisation régionale, transmis à l'AFP.

"Le président (de la Cédéao, l'Ivoirien Alassane Ouattara) a, en conséquence et avec l'accord de ses pairs, décidé la levée avec un effet immédiat de toutes les sanctions imposées au Mali", précise le texte.

Le 2 avril, la Cédéao (15 pays dont le Mali) avait décidé un embargo total, avec effet immédiat, contre ce pays sahélien de 15 millions d'habitants en vue d'obtenir le retour à l'ordre constitutionnel après le coup d'Etat militaire du 22 mars.

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Cet embargo comprenait notamment la "fermeture de toutes les frontières des Etats membres de la Cédéao avec le Mali, sauf à des fins humanitaires", la "fermeture au Mali de l'accès aux ports maritimes des pays côtiers de la Cédéao".

L'embargo comprenait également le gel du comptes du Mali à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non-approvisionnement de ses comptes dans les banques privées à partir de la BCEAO.

Vendredi soir, le chef des putschistes avait annoncé à la télévision nationale le prochain transfert du pouvoir aux civils.

Ce transfert, qui prévoit la désignation d'un président de la République et d'un Premier ministre de transition jusqu'à la tenue d'élections présidentielle et législatives, est contenu dans un "accord-cadre" conclu avec la Cédéao.

En retour, le groupe régional avait décidé la levée "immédiate" des sanctions. Les auteurs du coup d'Etat se voient de leur côté offrir l'amnistie.

"Les concertations se poursuivent sous l'égide de la Cédéao"
Par David THOMSON, envoyé spécial de France 24 au Mali

La Cédéao avait également menacé vendredi de recourir à la force pour mettre fin à la partition après la déclaration d'indépendance du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) dans le nord du Mali.

Elle envisage d'y envoyer une force de 2.000 à 3.000 soldats. Les chefs d'état-major des armées de la Cédéao ont élaboré un "mandat" pour cette force, qui reste à approuver par les chefs d'Etat.

"Les chefs d'état-major, qui se sont rencontrés à Abidjan le 5 avril, ont adopté des mesures préparatoires pour le déploiement rapide de troupes de la Cédéao pour parer à toute éventualité", a rappelé dimanche la Cédéao dans son communiqué."Ces mesures seront présentées au Conseil de médiation et de sécurité de la Cédéao" dans les prochains jours, selon le texte.

La levée des sanctions de l'Afrique de l'Ouest intervient juste après l'arrivée à Bamako du président de l'Assemblée nationale malienne, Dioncounda Traoré.

Il doit être nommé chef de l'Etat par intérim après l'engagement de la junte militaire, sous forte pression régionale et internationale, à rendre le pouvoir aux civils.

Sa première tâche sera de tenter de pacifier le Nord de ce pays sahélien et enclavé, vaste région en proie au chaos à la suite de l'offensive victorieuse de rebelles touareg qui y ont proclamé leur propre Etat et de groupes islamistes armés.

La vie dans un Mali sous sanctions économiques
Dans les quartiers les plus pauvres de Bamako, la capitale malienne, frappée de plein fouet par les sanctions, des enfants vendent des bidons d'eau alors que la ville s'inquiète de la pénurie à venir. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
En dépit des sanctions qui plongent la ville dans la pénurie, les habitants de la capitale rêvent toujours de gagner la loterie nationale. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
Au lendemain de la déclaration d’indépendance par les rebelles touareg du MNLA, des protestataires manifestent au cœur de la capitale pour l’unité du pays. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
Mohammed Jan Dioura affirme que l’organisation Action des jeunes pour sauver le Mali, dont il est membre, va bloquer la circulation pendant dix minutes, chaque heure des trois prochains jours, pour sensibiliser la population à la crise. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
Dans le marché ouvert de Bamako, le moral reste au beau fixe parmi les vendeurs de fruits. Pour l'heure, les produits locaux sont toujours disponibles, mais les commerçants reconnaissent qu’ils ne savent pas pour combien de temps. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
Étudiant en économie, Mohamed Boubakar Touré aide financièrement sa famille en réparant des deux-roues dans un marché de Bamako. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
Khalifa Traoré, 46 ans, est un représentant à l’assemblée locale de Mopti, ville du centre du pays située au sud de Tombouctou, tombée aux mains des rebelles. Inquiet pour sa famille, il a fui Mopti pour Bamako au début du mois. (Crédit : Leela Jacinto / FRANCE 24)
Des manifestants se rassemblent devant la Tour de l’Afrique, dans le centre de Bamako, pour exprimer leur opposition à la déclaration d’indépendance du MNLA. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)
Alors que des rumeurs de violations des droits de l’Homme parcourent le pays, notamment des rumeurs de viol, des activistes de la protection du droit des femmes manifestent dans les rues de Bamako. (Crédit : Leela Jacinto / FRANCE 24)
Les enfants vendent de l'eau dans les rue de Bamako afin de gagner de quoi survivre. (Crédit : Tahar Hani / FRANCE 24)

     

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