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Moyen-orient

Damas formule de nouvelles exigences avant tout retrait de ses troupes

©

Vidéo par Nathalie PEREZ , Inès OLHAGARAY

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/04/2012

À la veille de la mise en œuvre du plan de sortie de crise de l'ONU, le régime syrien exige des "garanties écrites" de l'opposition. De nouvelles exigences qui mettent en péril l'application de la feuille de route onusienne.

AFP - A la veille de sa mise en oeuvre, prévue mardi, le plan de sortie de crise de l'ONU en Syrie paraissait menacé par de nouvelles exigences du régime du président Bachar al-Assad et le refus du chef des rebelles de s'y soumettre.

Damas a en effet annoncé dimanche qu'il ne retirerait pas ses troupes des villes à moins de "garanties écrites" de l'opposition, au terme d'une nouvelle journée de violences: au moins 51 morts dimanche, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au lendemain d'une journée particulièrement meurtrière avec au moins 128 tués.

"Dire que la Syrie va retirer ses forces des villes à la date du 10 avril est inexact, (l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe sur la Syrie) Kofi Annan n'ayant pas encore présenté de garanties écrites sur l'acceptation par les groupes terroristes armés de l'arrêt de toute forme de violences et sur leur volonté de livrer leurs armes", a affirmé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Mais le chef des rebelles de l'Armée syrienne libre, Riad Al-Assaad, tout en affirmant son engagement envers le plan Annan, a affirmé qu'il n'avait pas à donner de garanties au régime mais à la communauté internationale.

"Nous sommes engagés envers le plan Annan et c'est à la communauté internationale que nous présentons nos assurances et garanties, non pas à ce régime" du président Bachar al-Assad, a déclaré Riad al-Assaad au téléphone à l'AFP depuis Beyrouth.

En outre, le communiqué du ministère syrien ajoute que "M. Annan n'a pas non plus présenté d'engagements écrits des gouvernements du Qatar, de l'Arabie saoudite et de la Turquie sur l'arrêt de leur financement des groupes terroristes".

Ces trois pays ont fortement appuyé l'opposition syrienne ces derniers mois, l'Arabie saoudite et le Qatar se déclarant même favorables à l'envoi d'armes aux rebelles.

Le plan de sortie de crise présenté par M. Annan, que Damas avait accepté le 2 avril et l'ONU entériné jeudi, prévoit que l'armée se retire des villes mardi matin afin de permettre un arrêt total des violences 48 heures plus tard.

"La Syrie ne va pas répéter ce qui s'était passé lors de la présence des observateurs arabes, quand les forces armées étaient sorties des villes, ce qui avait permis aux groupes terroristes armés de se réorganiser et de se réarmer pour contrôler des quartiers entiers", insiste le texte.

Kofi Annan, pour sa part, s'est dit "choqué par (la) montée de la violence et des atrocités dans plusieurs villes et villages de Syrie", où les violences ont fait dimanche au moins 51 morts.

La Ligue arabe avait déployé fin décembre des observateurs censés superviser l'application d'un autre plan de sortie de crise, mais ils n'avaient pu que constater une recrudescence des violences.

Dimanche soir, la France a "condamné avec force la poursuite des massacres" en Syrie et jugé "inacceptables les nouvelles exigences" de Bachar al-Assad.

"Alors que le régime de Bachar al-Assad avait annoncé qu'il acceptait le plan Annan et proposé lui-même la date du 10 avril pour le retrait de ses troupes et de ses armes lourdes des centres urbains, il formule maintenant de nouvelles exigences inacceptables", a affirmé Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay, dans une déclaration.

L'opposition, considérée par Damas comme des "groupes terroristes armés", s'était d'ailleurs montrée sceptique sur les intentions du pouvoir.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a appelé dimanche le Conseil de sécurité de l'ONU à "intervenir de toute urgence pour arrêter la catastrophe humanitaire engendrée par le régime (...) en adoptant une résolution (contraignante)", dans un communiqué.

Face à l'afflux massif de Syriens fuyant les violences, la Turquie, qui héberge déjà plus de 24.500 réfugiés, a menacé de prendre des "mesures" si Damas ne cessait pas les violences à la date butoir de mardi.

Pour sa part, le chef de la diplomatie belge Didier Reynders a estimé qu'une intervention humanitaire avec une protection militaire sur le terrain serait nécessaire en Syrie si le régime syrien continue sur "le chemin de la barbarie".

L'Allemagne a également insisté pour "que la violence ait une fin, au plus tard le 10 avril". "L'accès de l'aide humanitaire aux gens doit être permis. Cela doit être vérifiable par la communauté internationale", a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Benoît XVI a supplié dimanche dans son message pour Pâques que "cesse l'effusion de sang" en Syrie, où selon l'OSDH plus de 10.000 personnes ont perdu la vie et au moins 100.000 connu la prison depuis le début de la révolte en mars 2011.

Les violences ont fait dimanche au moins 51 morts dont 26 civils, dans des opérations militaires menées contre les bastions rebelles et dans des combats entre soldats et déserteurs, notamment dans les provinces de Homs (centre) et d'Idleb (nord-ouest), ont rapporté les militants.

L'OSDH citant "plusieurs sources" non identifiées a indiqué par ailleurs qu'un "groupe de déserteurs armés avait abattu un hélicoptère lors de combats en cours dans la région de Jisr al-Choughour" dans la province d'Idleb.

Aucune confirmation par les rebelles ou de source officielle n'a pu être obtenue par l'AFP.


Première publication : 09/04/2012

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