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Asie - pacifique

Bo Xilai, l'étoile déchue du Parti communiste chinois

Vidéo par Inès OLHAGARAY

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 12/04/2012

Ex-dirigeant de la province du Chongqing et partisan d’un retour à la politique de Mao, Bo Xilai a été exclu du comité central du PCC, mardi. Portrait de ce "Kennedy chinois", conservateur aussi populaire que dérangeant...

Il est un peu l’Icare de la politique chinoise, l’homme qui s’est brûlé les ailes à quelques mois du XVIIIe Congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui doit désigner, à l'automne prochain, le successeur de l’actuel président et chef du parti, Hu Jintao.

Bo Xilai, charismatique homme politique qui a fait de la "culture rouge" et du communisme version Mao son cheval de bataille, a été suspendu du politburo du PCC mardi 10 avril pour "graves infractions disciplinaires". La situation de sa femme, Gu Kailai, soupçonnée de l'homicide volontaire d'un Britannique, Neil Heywood, mort à Chongqing en novembre dernier, a contribué à sa chute. À la mi-mars, Bo Xilai avait déjà été relevé de ses fonctions à la tête de la province du Chongqing dont il était le dirigeant depuis 2007. Sa chute est d’autant plus retentissante qu’il ne faisait mystère pour personne que l’homme espérait intégrer le Comité permanent du bureau politique - "saint des saints" du pouvoir chinois qui compte neuf membres - et par là même prendre les rênes de la deuxième puissance économique mondiale.

Dans son édition du 11 avril, le Quotidien du peuple, organe du PCC, a justifié la décision des autorités en expliquant que, en violant les règles "régissant la discipline du Parti", Bo Xilai avait terni l’image du pays. En d’autres termes, celui-ci incarnait un style politique atypique en décalage complet avec la ligne du PCC. "C’était une personne bien trop dérangeante, un homme politique très indépendant avec une personnalité particulière", décrypte Jean-Vincent Brisset, spécialiste de la Chine à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Il est vrai que Bo Xilai, décrit par le spécialiste comme un "populiste" et un "tribun", détonnait avec les membres plutôt discrets du régime. Élégant, charismatique, il était aussi "courtisé par les médias et se mettait régulièrement en scène. Soit tout ce que détestent les instances dirigeantes chinoises", analyse pour sa part Alice Ekman, spécialiste de la Chine à l’Institut français des relations internationales (Ifri). "Il séduisait les foules, il est devenu de plus en plus populaire tout en remettant en cause les codes classiques du PCC", ajoute-t-elle. Un non-respect que les instances dirigeantes ne cautionnaient plus.

"Kennedy chinois"

Mais ce n’est pas seulement à cause de sa personnalité et de son ambition personnelle que le PCC a anéanti la carrière de Bo Xilai. L’homme qui rêvait de faire revivre l’idéal révolutionnaire de Mao Zedong était aussi vu d’un mauvais œil par les adeptes d’une ligne économique libérale. Élu chef du PCC dans la province du Chongqing en 2007, il y avait lancé une vaste campagne de propagande à coups de "chants rouges" patriotiques et de grands opéras sur l’épopée révolutionnaire. Il réussit également, en quelques années, à faire de cette ville de 31 millions d’habitants un pôle économique majeur. Une vitrine économique qui impressionne d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une croisade anti-corruption remarquée. "Sa notoriété repose en grande partie sur sa lutte contre la mafia locale, souvent de mèche avec le régime", développe Jean-Vincent Brisset.

En voulant "incarner une autre voie pour la Chine, moins inégalitaire, plus douce envers les pauvres, plus sociale", selon les mots du journaliste Alain Frachon dans les colonnes du quotidien Le Monde, ce "Kennedy chinois" - surnom que lui avaient attribué les médias internationaux - illustre donc parfaitement un nouveau style de gouvernance que les autorités exècrent.

Toutefois, derrière l’image de "héros populaire", ce maoïste convaincu traîne aussi son lot de casseroles politiques. "C’était un homme extrêmement ferme, très dur, qui trempait dans des affaires délicates", reprend Alice Ekman. Son passage à la tête de la province du Chongqing s’est accompagné de nombreuses exactions, tortures et condamnations à mort. Sa possible implication dans l'étrange décès de Neil Heywood, dont le corps a été retrouvé en novembre 2011 dans une chambre d’hôtel de Chongqing, n'arrange rien. Si la surconsommation d’alcool a, un temps, été évoquée, les autorités britanniques privilégient désormais la thèse de l'empoisonnement.

Certains avancent que le Parti aurait profité de l’affaire Neil Heywood - qui pourrait dégénérer en crise diplomatique avec le Royaume-Uni - pour évincer Bo Xilai. "C’est une hypothèse envisageable", avance encore Alice Ekman pour qui "les véritables raisons de son éviction resteront pour longtemps un mystère dans un Parti où l’opacité fait loi". Quoi qu’il en soit, la ligne de conduite atypique de Bo Xilai rappelle qu’à trop vouloir s’affranchir des règles tacites du régime - qui a fait de la discrétion son maître mot - chacun s’expose à une éviction, que l'on soit un fervent défenseur du libéralisme ou un nostalgique maoïste.

Première publication : 11/04/2012

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