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FRANCE

Jean-Luc Mélenchon s'offre un nouveau succès populaire à Marseille

Vidéo par France 3

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/04/2012

Après Paris et Toulouse, le candidat du Front de gauche a organisé un nouveau rassemblement sur la plage du Prado, ce samedi, à Marseille, auquel plusieurs dizaines de milliers de personnes ont assisté.

AFP - Après les succès de la Bastille à Paris et du Capitole à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon, désormais entre 13 et 17% dans les sondages, a fait "plage au peuple" à Marseille samedi, se livrant à une ode à la Méditerranée et au "métissage", une "chance" pour la France.

A huit jours du premier tour, le candidat du Front de gauche, détournant son slogan "place au peuple", a investi la plage du Prado sous un grand soleil. Des dizaines de milliers de personnes s'y sont pressées sous une marée de drapeaux rouges et tricolores pour ce troisième meeting en plein air en moins d'un mois.

Faisant une ode à la Méditerranée, M. Mélenchon, dans un discours fleuve d'1h20 conclu comme d'habitude par L'Internationale et la Marseillaise, a estimé que la "chance" de la France était "le métissage", après avoir salué son auditoire "émouvant, grand et beau", le poing levé et tout sourire.

Sous des "youyous", le potentiel troisième homme de la présidentielle a rendu hommage aux "Arabes et Berbères" par qui sont venus en Europe "les mathématiques ou la médecine" au temps où "l'obscurantisme jetait à terre l'esprit humain".

Refusant "l'idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations", il a dit sa pensée aux Maghrébins "qui ont libéré le sol de la patrie des nazis". "Les peuples du Maghreb sont nos frères et nos soeurs" et il n'y a "pas d'avenir pour la France sans" eux, a dit le natif de Tanger (Maroc), dans un discours personnel et lyrique, régulièrement interrompu par les "tous ensemble!".

Et de s'en prendre à Nicolas Sarkozy qui lors de ses visites à Marseille "parle exclusivement de la sécurité qu'il n'est pas capable d'assurer", et aux "partis extrémistes de la haine qui montrent du doigt au nom de sa religion", "foutez-nous la paix!".

Pour celui qui se dit en "guerre" contre le FN, cette présidentielle doit permettre d'"expédier à terre le pouvoir de la droite" et d'infliger une "défaite de la droite extrême". Et de citer Jean Ferrat: "Au printemps, de quoi rêvais-tu?"

Avant lui, Pierre Laurent (PCF) avait comparé "le vent de la Méditerranée" qui souffle sur Marseille à "la déferlante populaire" du FG: "Quand il se lève personne ne peut lui résister". Clémentine Autain a souligné que "le vote utile nous casse les urnes!".

M. Mélenchon en a aussi profité pour ironiser sur Nicolas Sarkozy et François Hollande qui "l'imitent" désormais avec des meetings en plein air dimanche à Paris, dénonçant par avance une plus grande couverture médiatique de "l'attroupement de la Concorde et du rassemblement du bois" de Vincennes par rapport à sa journée marseillaise.

Dimanche, l'expert en méga-rassemblement sera, lui, à Pau pour un grand pique-nique. Mais pour celui qui continue de rêver à un second tour face à François Hollande (il manquera peut-être "15 jours" de campagne pour que Nicolas Sarkozy "dévisse" assez, estime son entourage), l'histoire ne s'arrêtera pas au premier tour.

Dans l'entre-deux tours, l'eurodéputé pour qui "l'insurrection citoyenne est commencée", s'est aussi dit disponible si les syndicats le veulent, à participer à un "1er Mai stupéfiant d'unité et de puissance".

Car si la gauche l'emporte le 6 mai, "la victoire électorale sera suivie d'une mobilisation populaire", comme en 1936, pense-t-il, jugeant que "la logique veut que la finance attaque la France". Et pour l'ex-PS, le FG "va continuer et avant 10 ans, il sera au pouvoir", a-t-il dit à des journalistes vendredi.

Alors, pas question d'entrer dans un gouvernement socialiste. Au Front de gauche, "personne n'ira", assure celui qui n'exclut plus d'être candidat aux législatives.

 

Première publication : 14/04/2012

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