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EUROPE

La société norvégienne panse ses plaies dans la tolérance

Vidéo par Claire BONNICHON , Carlotta RANIERI

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 16/04/2012

Il y a neuf mois, dans sa folie meurtrière, Anders Breivik tuait 77 personnes. Alors que son procès s'est ouvert ce lundi à Oslo, la société norvégienne, malgré son traumatisme, ne compte pas céder au sentiment de vengeance.

Ce lundi 15 avril est particulièrement éprouvant pour les Norvégiens. Il y a neuf mois, le 22 juillet 2011, Anders Breivik, militant d’extrême droite de 32 ans, exécutait froidement 69 jeunes du Parti travailliste sur l’île d’Utoeya et tuait huit personnes dans l’explosion d’une bombe à Oslo. Aujourd'hui, la Norvège fait face au tueur à l’occasion de la première journée de son procès à Oslo.

Mais à l’heure où le pays meurtri tente de comprendre comment il a pu engendrer un tel monstre, la société civile norvégienne refuse de se laisser happer par la haine. Bien au contraire, cette journée sanglante que beaucoup de Norvégiens considèrent comme leur "11-Septembre" à eux, a conduit à une réaffirmation des valeurs de tolérance et d’ouverture revendiquées par la société scandinave.

"La société civile a réagi de manière remarquable aux événements, en faisant preuve d’unité, de dignité et en réaffirmant sa cohésion nationale", notait Dominique Moisi, politologue et conseiller spécial de l’Institut français des relations internationales (IFRI), interviewé par le Figaro le 8 août dernier.

Pas de justice d’exception

Bien sûr, les Norvégiens réclament justice – la grande majorité d’entre eux refuse l’idée que Breivik ne soit pas déclaré pénalement responsable de ses actes et puisse être interné en psychiatrie -, mais beaucoup abordent cette journée sans réclamer une justice d’exception ou de virage sécuritaire dans le pays.

"C’était un crime isolé (…) Tout le monde s’accorde à dire que c’était le geste d’un fou guidé par son radicalisme politique", souligne Janne Haaland Matlary, politologue à l’université d’Oslo. Un avis partagé par Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). "La culture scandinave est particulière. Il existe là-bas un sentiment de liberté individuelle extrêmement fort. Un tour de vis sécuritaire serait mal perçu parce qu’il ne résoudrait pas grand-chose."

Il est vrai, en effet, que les Norvégiens refusent que l’acte d’un fou – aussi sanguinaire soit-il – vienne signer l’arrêt de mort de leurs valeurs d’ouverture et de multiculturalisme. "Il est important de ne pas donner au terroriste la possibilité de changer les valeurs qu’on avait avant", déclare ainsi Bjoern Ihler, 20 ans, rescapé de la fusillade, selon des propos rapportés par le Parisien. "Ce type voulait me tuer parce que je crois à la démocratie, à la tolérance et au dialogue. Si c’est pour cela qu’il voulait me tuer, je vais continuer à lutter pour ces valeurs", confie, de son côté, Vegard Groeslie Wennesland, un étudiant de 28 ans, cité par l’agence Reuters.

L’extrême droite en baisse

Si la tragédie d’Oslo n’a pas porté un coup fatal à l’extrême droite – idéologie à laquelle adhérait Breivik -, elle a néanmoins permis au parti de gauche de sortir renforcé de cette épreuve. "Lors des élections locales de septembre, le Parti du progrès [parti d’extrême droite] a enregistré une nette baisse", précise Jean-Yves Camus. Le Parti travailliste a, lui, enregistré son meilleur score en un quart de siècle (32%).

Les Norvégiens estiment peut-être que la réponse "trop" sécuritaire dans la lutte contre les "fous" psychiatriques est un non-sens. "Les psychopathes peuvent apparaître partout – même dans les sociétés civilisées", écrivait encore à ce sujet Dominique Moisi dans le Figaro.

"Se réapproprier Utoeya"

Selon une étude menée dès le mois d’août 2011 par l’UNI Rokkan Center de Bergen et l’Institut des recherches sociales d’Oslo, 52% des 2 250 personnes interrogées faisaient davantage confiance à leurs concitoyens après le drame d’Utoya qu’avant. Plus de six personnes sur dix estimaient aussi ne pas se sentir "très inquiets" par l’éventualité d’autres attaques de ce genre. 

La population norvégienne n’en est pas pour autant inconséquente. "Il y a définitivement une 'culture scandinave' qu’il ne faut pas confondre avec du laxisme. Là-bas, la police n’est pas armée, la peine maximale de prison n’excède pas 25 ans", ajoute Jean-Yves Camus. "Les Norvégiens veulent résoudre les problèmes de violences sans recourir à la violence", ajoute l’expert.

Et ils tentent désormais d’aller de l’avant. Malgré les 69 victimes de la fusillade, le mouvement de la jeunesse travailliste a affirmé son intention de se "réapproprier" Utoeya et d’y organiser de nouveaux rassemblements à l’avenir. "Il y a des défis mais on est tous dans le même bateau et il faut qu’on en tire le meilleur parti", explique Eskil Padersen, le président du mouvement. Un geste courageux et fort, pour ne pas laisser "gagner" Breivik qui souhaitait "tarir le recrutement des jeunesses travaillistes". Le tueur a perdu : le mouvement de jeunesse du Parti travailliste norvégien comptait fin 2011 46 % d’adhérents de plus que l’année précédente.

Première publication : 16/04/2012

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