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Moyen-orient

L'ONU mise sur le savoir-faire de ses observateurs

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 18/04/2012

La mission d'observation de l'ONU chargée de veiller au respect du cessez-le-feu en Syrie s'annonce difficile et périlleuse. Pour obtenir des résultats, les Nations unies misent sur la qualité de ses observateurs et leur expérience.

Après le fiasco de la mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie, fin 2011, tous les regards sont désormais tournés vers celle de l’Onu, votée le 14 avril à l'unanimité par le Conseil de sécurité. Depuis dimanche, six observateurs non armés sont déjà sur le terrain. Placés sous la direction du colonel marocain Ahmed Himmiche, ils devraient être rejoints par 250 autres observateurs dans les prochaines semaines. Un renfort conditionné au vote d’une nouvelle résolution par le Conseil de sécurité.


"Multiplier les points de vue" 
 
Bombardements meurtriers sur Homs et Deraa

AFP - Les troupes gouvernementales bombardaient mardi des localités de la province de Deraa (sud) et des quartiers de Homs (centre), au deuxième jour de la mission des observateurs de l'ONU chargés d'évaluer le cessez-le-feu, a rapporté une ONG.

Dans la province de Deraa, au moins deux civils ont été tués et des dizaines d'autres ont été blessés dans les bombardements sur la localité de Basr al-Harir que les forces gouvernementales "tentent de mettre au pas", a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
 

Leur mission qui consiste à rendre compte des violations du cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril, conformément au plan de sortie de crise de l'émissaire onusien Kofi Annan, s’annonce difficile. Puisqu’en dépit de leur arrivée, les violences se poursuivent en Syrie, et ce même si elles ont sensiblement diminué en intensité.
 
"Ce n’est pas une mission facile, car généralement, dans les cas les plus fréquents, il existe une ligne de cessez-le-feu bien définie, or, en Syrie, la situation est beaucoup plus confuse puisque le conflit se déroule entre différents groupes et sur l’ensemble du territoire", explique à FRANCE 24, Yves Berthelot, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies (de 1993 à 2000).
 
Pour y parvenir, les Nations unies misent sur la qualité de ses observateurs. "L’ONU a beaucoup d’expérience en la matière, puisqu’elle a déjà réalisé plusieurs dizaines de missions d’observation de ce type, souligne Yves Berthelot, il ne fait aucun doute que ses observateurs ont été triés sur le volet".
 
Volontaires et recrutés sur des listes proposées par les pays membres de l’ONU qui ont été désignés par le secrétariat général, ces observateurs sont issus de différents milieux professionnels. "Les effectifs sont principalement composés de militaires et de policiers ainsi que de civils comme des experts des droits de l'homme, des universitaires et des diplomates, afin de multiplier les points de vue", poursuit Yves Berthelot. Selon l'instance internationale, les 250 membres du contingent pourraient être majoritairement issus de troupes qui sont déjà présentes dans la région et qui pourraient donc être déployées "rapidement".
Ils sont ainsi réputés connaître les enjeux politiques régionaux et locaux. "Une nécessité qui permet d’éviter les manipulations par l’une ou l’autre partie du conflit", note l’ancien responsable onusien et auteur de "l’ONU pour les nuls" chez First Editions. 
 
"Écarter toute suspicion"
 
Yves Berthelot, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies
Afin de garantir la neutralité de l’ensemble de l’équipe des observateurs, l’ONU favorise systématiquement la mise en place d’un effectif originaire d’une grande diversité de pays. "Il faut écarter toute suspicion autour de l’équipe afin d’éviter que des accusations de collusion viennent miner la probité des observateurs, ils doivent être acceptés par toutes les parties en présence, car faute d’accord, ils seront considérés comme partisans d’un côté ou de l’autre et ne seront plus crédibles", précise Yves Berthelot. Pis, leur sécurité serait alors mise en danger.
 
Ahmad Fawzi, le porte-parole de Kofi Annan, avait précisé lundi que les observateurs étaient de nationalités qui "satisfont les autorités syriennes", évoquant notamment des pays d'Asie, d'Amérique latine ou d'Afrique. Ce mardi 17 avril, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov a affirmé que la mission d'observation en Syrie devrait compter un nombre important de représentants de son pays, fidèle allié du régime de Bachar al-Assad.
 
Toutefois, l’ONU qui planche également sur la logistique de la mission (hébergement, moyens de transport et de communications indépendants) n’a pas encore réuni l’ensemble de l’effectif. "Le département des Opérations de maintien de la paix (de l'ONU) travaille 24 heures sur 24 pour trouver le nombre requis d'observateurs pour la mission complète", a récemment déclaré Ahmed Fawzi.
 

 

Première publication : 17/04/2012

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