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Moyen-orient

Les pays membres de l'Otan se concertent sur l'après-2014 en Afghanistan

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/04/2012

Réunis jusqu'à jeudi à Bruxelles, les pays membres de l'Otan engagés dans le conflit afghan ont entamé les discussions sur les modalités de retrait des troupes et du financement des forces de sécurité afghanes après 2014.

REUTERS - Le calendrier de retrait des troupes déployées en Afghanistan, qui donne lieu en France à une controverse entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, est au centre des deux jours de réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères des pays de l’Otan, ce mercredi et jeudi à Bruxelles.

Les pays de l’Otan ont d’emblée cherché à atténuer leurs divergences sur la question du calendrier de retrait des troupes occidentales de combat hors d’Afghanistan et sur le financement des forces de sécurité afghanes après 2014, date officielle du retrait, afin d’aboutir à un accord lors du prochain sommet de l’Otan, prévu les 20 et 21 mai à Chicago.

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré peu avant l’ouverture de la réunion: « Nous aurons une idée précise des financements accordés aux forces armées afghanes lors du sommet de Chicago. Nous en discuterons lors de cette réunion. »

La spectaculaire offensive menée le week-end dernier à Kaboul par les insurgés, qui a fait 35 morts chez les assaillants et onze parmi les soldats afghans, montre que le pays est encore loin de la stabilité tant recherchée, et contribue à ébranler le soutien des pays occidentaux à la présence militaire de l’Otan.

« Beaucoup de pays européens pensent que le gouvernement (de Hamid) Karzaï est trop corrompu et trop indifférent aux demandes de ses alliés », estime Edouard Burke, chercheur au Centre pour la réforme européenne à Londres. « Dans un contexte d’austérité, de nombreux gouvernements européens ne voient pas de logique », ajoute-t-il.

Le calendrier adopté conjointement en 2010 par l’Otan et le gouvernement afghan a fixé à fin 2014 la date de départ des soldats étrangers, au moment où les forces afghanes sont supposées prendre le contrôle intégral des opérations de sécurité.

Mais les annonces de retrait anticipé faites par plusieurs pays suscitent pourtant l’inquiétude que l’Afghanistan ne soit exposé aux attaques des taliban et que la situation ne dégénère en guerre civile.

Divisions françaises

En France, l’Afghanistan est le seul sujet international, à l’exception de l’Europe, qui donne lieu à débat dans la campagne présidentielle.

Nicolas Sarkozy a réaffirmé mercredi que s’il était réélu, la totalité des soldats français déployés en Afghanistan serait rapatriée d’ici fin 2013, avec un an d’avance sur le calendrier convenu initialement avec les partenaires de la France.

« Nous avons rapatrié 400 à 600 soldats d’Afghanistan et nous allons continuer », a dit le président candidat. « Le rapatriement sera complet, disons à la fin de 2013, parce que nous allons commencer une nouvelle collaboration avec les Afghans », a-t-il ajouté.

Pour sa part, François Hollande, aujourd’hui favori dans les sondages, a déclaré le 4 avril qu’il confirmerait, s’il est élu, fin mai au sommet de l’Otan de Chicago, son souhait de retirer les troupes françaises d’Afghanistan d’ici la fin de l’année.

« Il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan », a-t-il déclaré, promettant un retrait « en bon ordre, dans la sécurité de nos soldats et en pleine concertation avec nos alliés ».

Ce projet de retrait dès la fin de cette année est « irresponsable », a répliqué Nicolas Sarkozy, évoquant même un « déshonneur » pour l’armée.

« Je trouve totalement irresponsable, et même dangereuse, l’idée d’un retrait précipité de toutes nos forces d’ici fin 2012 », dit-il dans une interview à l’édition d’avril de la revue L’Essentiel des relations internationales. « Il n’y a pas un expert militaire pour valider cette stratégie qui ferait courir un risque à nos soldats, et qui nous couperait de nos alliés. Qui peut souhaiter pareil déshonneur à notre armée ? »

Nicolas Sarkozy avait évoqué pour la première fois le 20 janvier la possibilité d’un retrait anticipé du contingent français en Afghanistan, qu’il se refusait à envisager jusqu’ici, après la mort de quatre soldats tués par un militaire afghan.

L’Australie pour un retrait anticipé

L’Australie a rejoint mardi la liste des pays qui envisagent eux aussi un retrait anticipé, annonçant vouloir commencer à retirer ses troupes dès 2012. La Nouvelle-Zélande pourrait également envisager un retrait anticipé.

L’Espagne avait également annoncé l’an dernier que 40% de ses soldats se retireraient au premier semestre de l’année 2013.

Le financement de la formation et de l’équipement des forces de sécurité afghanes après 2014 s’annonce aussi particulièrement difficile à négocier, alors que les budgets occidentaux sont de plus en plus serrés. Les forces afghanes totalisent 350.000 membres, dont 195.000 sont des soldats de l’armée nationale.

Le président afghan Hamid Karzaï a déclaré qu’il souhaitait obtenir au moins 2 milliards de dollars par an de Washington après 2014.

« Aucune décision n’a été arrêtée au sujet de la taille, de la structure et du coût des forces de sécurité afghanes sur le long terme », a déclaré Rasmussen, même si, a-t-il ajouté, le chiffre de près de 4 milliards de dollars par an a été mentionné.

 

Première publication : 18/04/2012

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