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FRANCE

Marine Le Pen s'en prend à l'UE et à l'immigration avant le premier tour

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/04/2012

Lors de son dernier meeting avant le premier tour de la présidentielle, la candidate du Front national a fustigé mardi, au Zénith de Paris, l'Europe de Bruxelles avant de dénoncer les maux de l'immigration. Le tout en présence de 6 000 partisans.

AFP - Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le "système", de "leur montrer qu'ils ont tort", en appelant à une mobilisation massive pour l'envoyer au second tour de la présidentielle, lors de son dernier et plus gros meeting de campagne au Zénith de Paris.

Seule contre tous! Avec ce mot d'ordre, la candidate du FN à l'Elysée a pris un ton résolument populiste pour renvoyer une nouvelle fois dos à dos tous ses adversaires et se présenter comme l'unique "vote utile" de la présidentielle.

D'abord Nicolas Sarkozy, "hier candidat compulsif, aujourd'hui épuisé par ses mensonges", puis "le sénateur Mélenchon", copieusement hué, "qui magouille avec M. (Patrick) Buisson" et "rêve de finir sous-ministre d'un gouvernement socialiste".

Puis, devant 6.000 partisans, ce fut le tour du candidat socialiste: "Il est beau le PS de François Hollande (...) qui a laissé la corruption gangrener des fédérations entières de son parti, voler les pauvres, qui va à Londres, à la City, rassurer le monde bancaire (...) et se fait adouber par le Financial Times qui le trouve très bien dans la politique de rigueur".

Qualifiant le vote Sarkozy, qu'elle redoute, de "totalement inutile", elle a martelé que "le seul vote qui va compter", "c'est le vote Marine Le Pen", avant de lancer un "appel solennel" à "nos anciens", une catégorie qui lui résiste dans les sondages.


A cinq jours du premier tour, Marine Le Pen est créditée d'une moyenne de 15 à 16% d'intentions de vote par les enquêtes d'opinion, toujours au moins 10 points derrière le duo de tête. Seule exception intervenue dans la soirée, et accueillie avec satisfaction au FN, un sondage CSA a fait chuter Nicolas Sarkozy à 24% et remonter Marine Le Pen à 17.

"Nous allons leur montrer qu'ils ont tort", a promis Marine Le Pen, qui a fustigé les "sachants", "les experts", journalistes, sondeurs, en somme tout ce qu'elle a pu relier aux "élites mondialisées".

"Messieurs les aristocrates du système, mettez un couvert de plus à votre table dimanche, le peuple s'invite à votre table", a-t-elle encore lancé. "On va gagner! On va gagner!", lui ont répondu ses fans.

S'attardant longuement sur sa dénonciation de l'Europe de Bruxelles, "rêve commun" selon elle de tous ses adversaires, elle a fait de "l'Etat-nation" le seul rempart pour sauver les systèmes de protection sociale. Puis elle a fustigé le débat que s'apprête à lancer la Commission européenne sur la relance de l'emploi, au besoin par une différenciation des salaires minimums par branches.

"Une bombe à fragmentation anti-sociale, l'anéantissement du droit du travail", a prévenu la présidente du FN, qui a fustigé l'euro mais n'a pas évoqué son projet de sortie de la monnaie unique.

Marine Le Pen a définitivement conquis la salle par son discours virulent sur l'immigration, agitant de nouveau le spectre du "Franco-Algérien" Mohamed Merah.

"Plus d'immigration, c'est plus de chômage, plus d'insécurité, plus de déficit budgétaire, plus de dette, une charge écrasante", a assuré la présidente du FN, qui s'est défendue de toute xénophobie. "Nous sommes passionnément francophiles!", a-t-elle clamé, avant que la foule des frontistes, chauffée à blanc, ne réponde comme dans un stade de foot: "On est chez nous! On est chez nous! On est chez nous!"

"Et parce que vous êtes chez vous, vous avez le droit de ne plus vouloir ces Franco-Algériens comme Mohamed Merah", a-t-elle alors répondu à son public.

Et comme un ultime appel à la mobilisation dans les urnes, Marine Le Pen a lancé: "Faites-vous entendre", "criez votre colère" et "bougez-vous!".

Première publication : 18/04/2012

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