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FRANCE

Les opposants au régime de Damas appellent de nouveau à manifester

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/04/2012

Les opposants au régime de Bachar al-Assad appellent à manifester ce vendredi. Depuis l'instauration du cessez-le-feu, qualifié de "très fragile" par l'ONU, de nouvelles violences ont été perpétrées à l'encontre de civils.

AFP - Les militants anti-régime ont appelé à manifester vendredi en Syrie où plus de 120 civils ont été tués en huit jours d'un cessez-le-feu qualifié de "très fragile" par le porte-parole de l'émissaire international Kofi Annan.

Moscou, grand allié de Damas, a de son côté jugé que la trêve était "dans l'ensemble" respectée, malgré des "violations et des provocations".

Sur le terrain, un militant a été abattu par les forces syriennes dans la région d'Idleb (nord-ouest) et Homs, surnommée la "capitale de la révolution" par les militants, était de nouveau bombardée "à raison d'un obus de mortier toutes les cinq minutes", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon Seif al-Arab, un militant sur place, l'armée tente de reprendre le contrôle total de Homs, dont le centre lui échappe toujours, "avant que les observateurs n'y entrent".

En Syrie depuis cinq jours, la première équipe restreinte dépêchée par l'ONU pour surveiller l'application du cessez-le-feu n'a toujours pas pu se rendre dans cette ville, les autorités syriennes avançant des "raisons de sécurité".

Après avoir tergiversé, Damas a toutefois signé jeudi le protocole organisant le travail, et en particulier la liberté de mouvement, des observateurs, condition sine qua non de la poursuite de leur mission.

Malgré les engagements répétés de Damas au plan de l'émissaire international Kofi Annan, son porte-parole Ahmed Fawzi a jugé que la situation sur le terrain "n'est pas bonne", soulignant que le cessez-le-feu est toujours "très fragile".

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a fait porter la responsabilité des violences au régime qui n'a pas retiré ses troupes des villes et "continue à défier les observateurs en dépit du soutien international unanime au plan Annan".

La France, qui considère également que le cessez-le-feu n'est pas appliqué, déposera prochainement un projet de résolution au Conseil de sécurité pour mettre en place une mission d'oservation "aussi robuste que possible", après que le chef de l'ONU Ban Ki-moon a recommandé l'envoi de 300 observateurs au total.

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a estimé que cette future force devra avoir les moyens de faire "respecter la liberté de manifestation".

Comme chaque vendredi depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, les militants pro-démocratie ont appelé les Syriens à descendre dans les rues, cette fois-ci sous le slogan "Nous serons victorieux et Assad sera défait".

Les observateurs internationaux ont indiqué qu'ils n'assisteraient pas aux manifestations afin d'éviter que leur "présence ne soit utilisée" pour favoriser "une escalade" de la violence.

Lors de deux déplacements des observateurs, dans la région de Damas et dans celle de Deraa, berceau de la contestation dans le sud, l'OSDH a rapporté que des tirs sur des rassemblements avaient fait un mort et des blessés après leur passage.

Estimant le plan Annan "voué à l'échec" à cause du manque de coopération du régime, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont réclamé une intervention militaire passant outre le Conseil de sécurité de l'ONU, longtemps paralysé par les veto russe et chinois.


Si les pays occidentaux continuent de rejeter tout recours à la force hors mandat des Nations unies, une quinzaine de chefs de diplomatie arabes et occidentaux réunis jeudi à Paris ont évoqué une implication de l'Otan.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé la communauté internationale à s'"orienter vigoureusement vers le Conseil de sécurité en vue d'une résolution sous le chapitre 7" de la charte de l'ONU qui permet d'imposer, y compris par la force, des mesures en cas de menace contre la paix.

Elle a en outre révélé que la Turquie envisageait d'invoquer la charte de l'Otan, qui prévoit la solidarité entre ses Etats membres, à propos des bombardements sur sa frontière avec la Syrie.

M. Juppé a de son côté expliqué qu'en cas d'échec du plan Annan, qui ouvrirait "le chemin vers la guerre civile", "d'autres options" seraient envisagées, sans plus de détails.

Favori de la présidentielle en France, François Hollande, a déjà déclaré que s'il était élu et qu'une intervention militaire était décidée par l'ONU, la France "y participerait".

Le général Moustapha Ahmed Al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'ASL a appelé de ses voeux "des frappes chirurgicales sur les installations clés du régime" menées par "une alliance militaire des pays amis du peuple syrien".

Depuis 13 mois, le régime syrien réprime dans le sang une révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois. Les violences ont fait, selon l'OSDH, plus de 11.100 morts.

Première publication : 20/04/2012

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