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Le président refuse d'accéder à une demande d'Aung San Suu Kyi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/04/2012

Le président Thein Sein refuse de modifier le serment que doivent prêter les nouveaux élus birmans au Parlement - selon lequel ils s'engagent à "sauvegarder" la Constitution -, comme le demande l'opposante Aung San Suu Kyi, élue le 1er avril.

AFP - Le président birman Thein Sein a déclaré lundi qu'il n'avait pas l'intention de modifier le serment que doivent prêter les nouveaux élus au Parlement, malgré une demande de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi.

Selon l'agence de presse japonaise Kyodo, le président, qui effectue actuellement une visite au Japon, a également affirmé devant des journalistes qu'"il n'y aurait pas de revirement" dans le processus de démocratisation en Birmanie.

La lauréate du prix Nobel de la paix et les membres de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND), triomphalement élus le 1er avril, refusent de prêter le serment de "sauvegarder" la Constitution de 2008 qu'ils veulent modifier. Ils proposent de remplacer "sauvegarder" par "respecter".

Ce texte arroge des pouvoirs immenses aux militaires et réserve notamment un quart des sièges des assemblées aux militaires d'active.

Aung San Suu Kyi a annoncé qu'elle et ses partisans n'assisteraient pas à leur première session du Parlement lundi, ajoutant "attendre seulement le bon moment pour y aller".

Thein Sein a déclaré qu'il voulait "accueillir" la dissidente au Parlement mais que c'était à elle de décider si elle voulait y siéger.

"Nous aimerions coopérer (avec elle) en avançant dans la même direction pour le bien des intérêts du peuple", a-t-il dit, excluant tout "revirement" dans le processus démocratique en cours.

La nouvelle équipe arrivée au pouvoir en mars 2011 a a notamment encouragé le retour d'Aung San Suu Kyi au coeur du jeu politique officiel, a libéré des centaines de prisonniers politiques et a entamé des discussions avec les groupes rebelles des minorités ethniques qui n'ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l'indépendance en 1948.

Lors d'une rencontre avec le Premier ministre japonais samedi, Thein Sein a assuré que la Birmanie poursuivrait les réformes "en se concentrant sur plus de démocratisation, la protection des droits de la population et la réconciliation".

Interrogé sur la possibilité de nommer l'opposante à un poste de ministre, le président a rappelé que la Constitution ne permet pas aux députés d'entrer au gouvernement. "Suu Kyi doit prendre sa décision", a-t-il dit.

Première publication : 23/04/2012

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