Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'ENTRETIEN

Exclusif : Marzouki met en garde les Tunisiens contre la "tentation extrémiste"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Essebsi : "Ennahda a organisé la campagne de Marzouki"

En savoir plus

REPORTERS

France : le FN à l’épreuve du terrain

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Jean-Christophe Moreau, co-auteur de "Islamophobie : la contre-enquête"

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Charlotte Gainsbourg : "Je n'aurais pas pu être autre chose qu’actrice"

En savoir plus

BILLET RETOUR

Liban : Beyrouth, entre souvenir et amnésie

En savoir plus

LE DUEL DE L’ÉCONOMIE

Hollande à Florange : un retour sous tension

En savoir plus

FOCUS

Violences conjugales : la France s'attaque à la source du fléau

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Jihadistes français : les proches sous le choc

En savoir plus

Amériques

Mitt Romney, l'Américain qui aimait (trop) Paris

Texte par Julien PEYRON

Dernière modification : 17/07/2012

Le probable adversaire républicain de Barack Obama à la présidentielle américaine, Mitt Romney, a affirmé qu'il appréciait la France et sa capitale. Un aveu qui peut se révéler compromettant pour un candidat à la Maison Blanche.

“Sacrebleu, another gaffe!“ ("Sacrebleu, une nouvelle gaffe !"). C'est ce qu'a dû penser le directeur de campagne du républicain Mitt Romney, lors d’un déplacement, lundi 23 avril, en Pennsylvanie. Son candidat, qui, selon toutes vraisemblances, affrontera Barack Obama à la présidentielle américaine de novembre, a en effet eu le malheur de répondre à un journaliste qu'il l'interrogeait sur la France.

Cette déclaration d'amour de Romney à Paris pourrait bien lui jouer des tours, comme l'affirme, non sans humour, le chroniqueur politique du "Washington Post" Chris Cillizza. "Message aux hommes politiques : ne parlez pas de la France. Jamais. Sauf si, d'une manière ou d'une autre, vous la condamnez", a-t-il posté sur son compte Twitter quelques minutes après la sortie francophile de Romney.

Car s'il est un pays qui divise au sein de la classe politique américaine, c'est bien la France. Les conservateurs la considèrent comme une contrée gangrenée par des lois d'inspiration marxiste, où le prochain président pourrait bien être issu du Parti socialiste. Quant aux démocrates, ils se gardent bien de passer pour des snobs en avouant leur penchant pour un pays, dont la littérature, le cinéma et la gastronomie sont surtout prisés des élites. En outre, les Américains ont encore en mémoire la brouille de 2003, lorsque Paris menait l'opposition internationale à une intervention armée des États-Unis en Irak.

John Kerry, alias "Jean Cheri"

Les candidats à la Maison Blanche évitent donc le plus possible de s'avancer sur un terrain que tous les observateurs politiques avisés savent dangereux. "La salle de presse toute entière a laissé éclater des 'oh non !', quand Romney s'est rappelé, de manière affectueuse, son voyage en France", rapporte ainsi Glenn Thrush, journaliste pour le site Internet Politico.

Comme tous les commentateurs politiques du pays, il se souvient du sort qui avait été réservé à John Kerry lorsque celui-ci briguait la Maison Blanche en 2004 pour le Parti démocrate. Ses origines françaises lui avaient valu les quolibets de son adversaire de l'époque, George W. Bush, ainsi que le sobriquet peu flatteur de "Jean Cheri".

Paris, Ohio

La déclaration de Romney sur Paris est toutefois peut-être calculée en vue d'un recentrage politique. Après avoir fait campagne sur des thèmes très à droite lors des premiers mois de la course à la primaire républicaine, celui qui a passé plusieurs mois en France dans les années 1960, en tant que missionnaire pour l'Église mormone, souhaite séduire davantage de candidats centristes, à présent qu'il est quasiment assuré de représenter le Grand Old Party (GOP) lors de la présidentielle.

De plus, Barack Obama ne devrait pas lui reprocher son attirance pour Paris, celui-ci ayant récemment séjourné avec sa famille dans la capitale française, comme le rappelle la revue américaine conservatrice "The National Review". "Les Obama ont visité Paris en 2009, réservant dans le restaurant de la tour Eiffel du célèbre chef Alain Ducasse. Michelle Obama a aussi fait du shopping dans l'une des boutiques préférées des plus célèbres parents de Hollywood, comme les Jolie-Pitt et le couple Cruise-Holmes."

Si la base conservatrice républicaine lui tient néanmoins rigueur de son goût pour la France, Romney pourra toujours plaider le quiproquo, comme lui suggère la chroniqueuse pour le "Washington Post", Alexandra Petri. "Calmez-vous tous, je suis sûre que Romney parlait de Paris dans l'Ohio".
 

Première publication : 24/04/2012

  • PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE

    Barack Obama et Mitt Romney au coude à coude dans les sondages

    En savoir plus

  • PRIMAIRE RÉPUBLICAINE

    L'ultra-conservateur Rick Santorum se retire pour mieux rebondir

    En savoir plus

  • PRIMAIRES RÉPUBLICAINES

    Mitt Romney, le mormon businessman favori de la course

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)