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FRANCE

Le président du Crif craint l'influence d'une gauche "antisioniste"

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 28/04/2012

Dans le quotidien israélien "Haaretz", le président du Crif s'inquiète en cas de victoire de François Hollande à la présidentielle de l'influence que pourraient avoir l'extrême gauche et les Verts, des partis "hostiles" à l'État hébreu, selon lui.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, a choisi de s’exprimer, mercredi 25 avril, dans le quotidien israélien "Haaretz" sur la position vis-à-vis d'Israël des deux candidats en lice pour le second tour de l’élection présidentielle française. S’il n'affiche pas de préférence entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, il ne cache pas son inquiétude sur une éventuelle dérive antisioniste à gauche.

François Hollande et Nicolas Sarkozy sont clairement des "amis d’Israël" et affichent “des vues similaires sur les principaux dossiers du conflit au Proche-Orient", estime Richard Prasquier dans les colonnes du quotidien israélien de centre-gauche. D'un côté, il rappelle que "Nicolas Sarkozy a développé des liens étroits avec la communauté française” et qu’il a une "profonde connaissance et une vraie sympathie" pour Israël. "La France est devenue un allié de taille de l'État hébreu en recommandant une position ferme contre l’Iran", précise-t-il.

Colonisation

De l'autre, il estime que le candidat socialiste a, selon lui, toujours affiché "des sentiments amicaux envers Israël", même s’il n’a pas eu beaucoup d’occasions de les exprimer. "Sa position envers l’Iran doit encore être éclaircie", tient-il cependant à souligner.

Depuis le début de la campagne, les deux candidats ont eu l'occasion de s'exprimer sur le conflit israélo-palestinien : François Hollande se prononce pour "un État palestinien viable" et Nicolas Sarkozy parle, lui, d’une "reconnaissance de l’État palestinien par la France" qui doit marquer "l’aboutissement de négociations" entre Israéliens et Palestiniens.

Le président du Crif identifie un risque antisioniste dans le camp de la gauche, plus qu'à droite. En effet, en cas de victoire de François Hollande, Richard Prasquier s’inquiète de l’influence des "partis de la gauche radicale et des Verts qui expriment une profonde hostilité à l’égard d’Israël".

Durant la campagne, la candidate écologique Éva Joly et le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon ont défendu l'idée de mesures restrictives concernant l’entrée sur le marché français des produits des colonies israéliennes. Ils ont aussi appelé au "gel" ou à la "suspension" de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Pas de crainte vis-à-vis du FN

Pour Richard Prasquier, avec un "score décevant à 11%, [Jean-Luc Mélenchon] devrait réduire son impact sur la politique étrangère française". "Mais je m’attends à une résurgence des manifestations antisionistes des communistes et de l’extrême gauche", ajoute-t-il.

En revanche, le président du Crif n’exprime pas de crainte particulière vis-à-vis du parti d’extrême droite, le Front national, arbitre de l'élection présidentielle avec ses 17,9 % de voix remportées lors du premier tour. D’autant que ce parti a cherché à séduire l’électorat juif pendant la campagne. Richard Prasquier se veut rassurant en cas de réélection de Nicolas Sarkozy, affirmant que ce dernier poursuivra la même politique. Et qu’il n’existe, selon lui, "aucune possibilité d’un accord politique" entre l’UMP et le Front national.

Ces propos ont choqué une partie de la communauté juive, et notamment l’association Socialisme et Judaïsme, membre du Crif. Dans un communiqué, l’association souligne "le caractère choquant" de cette tribune. "Prasquier a une fâcheuse tendance à prendre position en politique alors qu’il représente l’ensemble de la communauté juive et que son rôle de président le contraint à la neutralité dans ce domaine", s’indigne Benjamin Djiane, vice-président de l’association. "Non seulement il cherche à discréditer la gauche, mais en plus il laisse entendre que le Front national n’est plus un danger pour les juifs", vitupère-t-il. Et de rappeler que "le FN est un parti xénophobe, antisémite et antirépublicain".

Poids électoral infime

Benjamin Djiane s’indigne de la "dérive" du président du Crif, qui n'en est pas à son premier coup d'éclat. En novembre 2011, il s'était invité de façon inattendue dans la négociation entre le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts en vue des élections législatives (lire son édito publié sur le site du Crif intitulé "Les Évincés" en cliquant ici).

Face à cette polémique, Richard Prasquier a dû publier le lendemain un communiqué pour reformuler ses propos. Dans ce rectificatif, il dit vouloir "attirer l’attention sur les positions de certains partenaires traditionnels du PS qui se sont trouvés jusqu’à maintenant au premier rang des manifestations les plus hostiles envers Israël". En ce qui concerne le Front national, il a rappelé "que l’histoire de ce parti et ses positions allaient à l’encontre des valeurs de tolérance et de respect dans lesquels se sont épanouis les juifs en France".

Il reste difficile de mesurer l’impact de ces déclarations sur les électeurs juifs de France, dont le poids électoral est infime - moins de 1 %. Selon Claude Dargent, chercheur au Centre d’études de sciences politiques (Cevipof), les juifs sont traditionnellement amenés à voter à gauche même si certains ont été séduits par Nicolas Sarkozy en 2007.

Première publication : 27/04/2012

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