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Afrique

L'escalade de violences se poursuit entre les deux Soudan

Vidéo par Stéphanie BRAQUEHAIS

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/04/2012

Le Soudan du Sud affirme avoir repoussé à la frontière une attaque rebelle soutenue par le voisin nordiste. Lequel rejette pour sa part toute implication des Nations unies dans les efforts de pacification entre les deux pays.

AFP - La crise entre les deux Soudans n'a pas donné de signes d'appaisement samedi, Khartoum rejetant par avance toute implication de l'ONU tandis que Juba affirmait avoir repoussé une attaque de rebelles soutenus par le Soudan dans une région frontalière.
              
"Le Soudan confirme qu'il rejette tout effort pour entraver le rôle de l'Union africaine et porter la crise entre le Soudan et le Soudan du Sud au Conseil de sécurité de l'ONU", a annoncé le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Karti, dans un communiqué.
              
"L'intervention de l'ONU va aboutir à privilégier des considérations politiques au détriment d'un règlement pacifique juste", a-t-il prévenu.
              
Mardi soir, l'Union africaine, qui mène une mission de médiation depuis la partition du Soudan en juillet 2011, a elle-même appelé le Conseil de sécurité à soutenir ses efforts dans le cadre de son chapitre 7, qui permet des mesures coercitives pour faire appliquer une décision.
              
L'UA a donné à cette occasion 48 heures aux deux Soudans pour faire taire les armes, deux semaines pour reprendre les négociations et trois mois pour résoudre leurs différends, sous peine de prendre des "mesures appropriées" à leur encontre.
              
Les Etats-Unis ont soumis jeudi à leurs partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution visant à "soutenir rapidement et fermement les décisions" de l'UA sur les deux Soudans, a annoncé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, en précisant que les discussions autour du texte pourraient prendre plusieurs jours.
              
Les tensions se sont accumulées entre Khartoum et Juba, qui ne parviennent pas à s'entendre sur les questions laissées en suspens lors de la partition, au premier rang desquelles la situation des zones frontalières disputées et le partage des revenus pétroliers.
              
Les négociations sont dans l'impasse, et l'offensive début avril de l'armée sud-soudanaise sur la zone de Heglig, principal site pétrolier du Soudan de nouveau sous contrôle de Khartoum mais ravagé après deux semaines de combats, a plongé les deux pays au bord d'un conflit ouvert.
              
Parallèlement, l'aviation soudanaise a multiplié les raids parfois meurtriers en territoire sud-soudanais.
              
La communauté internationale a multiplié les appels pour que les deux pays, déjà parmi les plus pauvres du monde, ne se déchirent pas à nouveau comme lors de la guerre civile (1983-2005) qui a abouti à la partition entre le Nord arabe et musulman et le Sud, essentiellement chrétien.
              
Mais outre les oppositions directes, les deux pays s'accusent mutuellement de soutenir des rébellions sur le territoire de l'autre, surtout dans les régions frontalières.
              
Samedi, l'armée sud-soudanaise a affirmé avoir repoussé vendredi une attaque de rebelles venus du Soudan et soutenus par Khartoum dans les faubourgs de Malakal, capitale de l'Etat sud-soudanais du Haut Nil située à quelques dizaines de kilomètres de la frontière.
              
"Des milices soutenues par le Soudan ont attaqué (vendredi) des positions" de l'armée sud-soudanaise autour de Malakal, a affirmé à l'AFP le colonel Philip Aguer, assurant que l'assaut avait été repoussé mais sans donner de bilan de pertes éventuelles.
              
Le mouvement rebelle de l'Armée démocratique du Soudan du Sud (SSDA) a revendiqué l'opération sur Malakal dans un communiqué.
              
Selon M. Aguer, un autre groupe rebelle est également entré samedi clandestinement en territoire sud-soudanais.
              
Les rebelles "viennent de Khartoum. Comme ils (les Soudanais) ne peuvent plus nous bombarder, ils arment et envoient des miliciens et des mercenaires", a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement sud-soudanais, Barnaba Marial Benjamin.
              

 

Première publication : 28/04/2012

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