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Afrique

L'armée au pouvoir promet un remaniement du gouvernement égyptien

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/04/2012

Le chef d'État égyptien, le maréchal Tantaoui, a annoncé un remaniement du gouvernement dans les 48 heures. Une déclaration qui intervient au terme d'un bras de fer entre les généraux au pouvoir depuis la chute de Moubarak et les Frères musulmans.

AFP - Le maréchal Hussein Tantaoui, le chef d'Etat de fait de l'Egypte, a indiqué au président du Parlement Saad el-Katatni qu'il allait remanier le gouvernement, ont annoncé les Frères musulmans sur leur site internet.
              
Cette annonce intervient au terme d'un bras de fer entre les généraux au pouvoir et les Frères musulmans, qui réclament depuis plusieurs semaines le limogeage du gouvernement mais se heurtent au refus des militaires.
              
L'Assemblée du peuple égyptienne, présidée par M. Katatni, avait un peu plus tôt dimanche décidé de suspendre ses séances pendant une semaine, jusqu'au 6 mai, pour protester contre la position du pouvoir militaire.
              
"Le maréchal Tantaoui informe Katatni qu'il va remanier le gouvernement d'ici quelques heures", affirme le site internet de la confrérie islamiste, sans plus de précisions.
              
Cité par l'agence officielle égyptienne Mena, M. Katatni a affirmé que le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la démission de Hosni Moubarak le 11 février 2011, allait "annoncer ce remaniement d'ici 48 heures".
              
"Saad el-Katatni a indiqué que le Conseil militaire se dirigeait vers un remaniement ministériel au sein du gouvernement de Kamal Ganzouri", a ajouté la Mena. M. Ganzouri, un septuagénaire nommé Premier ministre fin novembre, a été chef de gouvernement sous Hosni Moubarak entre 1996 et 1999.
              
Le président du Parlement a reçu un appel du CSFA dans lequel ce dernier souligne "son respect pour l'Assemblée du peuple et ses députés", selon l'agence, qui précise que M. Katatni a jugé la communication "satisfaisante et rendant sa dignité à l'Assemblée".
              
Depuis son entrée en force au Parlement, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, met la pression sur le pouvoir militaire, à la tête de l'Etat depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, pour qu'il limoge le gouvernement et nomme le PLJ à la tête d'un nouveau cabinet.
              
Mais le Conseil suprême des forces armées a jusqu'ici continué à soutenir le gouvernement de Kamal Ganzouri.
              
Les Frères musulmans, qui ont remporté les dernières législatives, avaient accusé le gouvernement le mois dernier d'avoir échoué dans sa mission, évoquant pêle-mêle les violences, les ingérences dans les affaires judiciaires, la lenteur des réformes, la pénurie de carburant et la baisse des réserves de change.
              
"Si quelqu'un a l'intention de recréer l'ancien régime corrompu avec de nouveaux visages, le peuple est prêt à agir afin de raviver sa révolution et d'empêcher le navire de couler aux mains de gens sans aucun sens des responsabilités", avaient-ils prévenu dans un communiqué au ton inhabituellement dur.
              
La confrérie s'était d'abord engagée à travailler pendant une période transitoire avec le gouvernement en place, nommé par l'armée. Mais dès février, elle avait dit souhaiter voir le gouvernement d'intérim limogé et remplacé par un cabinet formé par les Frères musulmans.
              
Les Frères musulmans ont parfois coopéré avec les généraux au pouvoir et parfois lutté contre eux, notamment au sujet de la place accordée à l'armée dans la rédaction de la nouvelle Constitution.
              

 

Première publication : 29/04/2012

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