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FRANCE

Nicolas Sarkozy prêt à poursuivre en justice le site d'information Mediapart

©

Vidéo par Florence VILLEMINOT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/04/2012

Le 28 avril, le site d'information a publié une note selon laquelle Mouammar Kadhafi aurait accepté de financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce dernier, qui dément formellement, a annoncé lundi son intention de porter plainte.

AFP - Nicolas Sarkozy a annoncé lundi une plainte contre Mediapart pour la publication d'un document qu'il a qualifié de "faux" sur un financement libyen de sa campagne de 2007, son adversaire PS François Hollande s'en remettant à la justice pour dénouer cette affaire complexe.

Elle se double en effet d'un débat sur le destinataire supposé du document incriminé, Bachir Saleh, recherché par Interpol et qui se trouve en France, selon son avocat, qui a démenti dimanche l'avoir reçu. Lundi, François Fillon a assuré qu'il n'y avait "aucune trace d'un mandat international" contre cet ex-dignitaire libyen visé par "une notice rouge" d'Interpol pour fraude.

C'est cependant sous un autre nom, Bashir Al-Shrkawi, qu'il apparaît sur le site internet d'Interpol, photos à l'appui, authentifiées par l'AFP à Tripoli comme étant celles de Bachir Saleh.

Interrogé par l'AFP, Interpol a expliqué lundi que le nom de Bashir Al-Shrkawi a été fourni par la Libye qui le recherche. "Ce n'est pas Interpol qui choisit les noms des fugitifs", a déclaré une porte-parole, précisant que la notice rouge complète, qui est confidentielle, mentionne peut-être également un autre nom.

La note controversée, publiée samedi par le site dirigé par Edwy Plenel, une semaine avant le second tour de la présidentielle, est présentée comme signée par Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs libyens. Selon ce document, le régime Kadhafi aurait accepté en 2006 de financer pour "50 millions d'euros" la campagne de Sarkozy. M. Koussa, qui vit en exil à Doha, a qualifié dimanche le document de "faux".

"Nous déposerons plainte contre Mediapart", a déclaré Nicolas Sarkozy sur France 2. "Ce document est un faux grossier" et la plainte sera déposée "avant la fin" de la campagne, qui s'achève vendredi à minuit.

"Le canard, on lui a coupé la tête. C'était un document faux. Mediapart est une officine, M. (Edwy) Plenel (directeur du site Mediapart) c'est le bidonnage à chaque fois", a argumenté M. Sarkozy.

"Pression d'un pays européen"

Mediapart "attend avec sérénité un éventuel procès", a répliqué son directeur Edwy Plenel, pour qui "il ne suffit pas de contester l'authenticité du document révélé pour mettre fin aux suspicions".

Le président-candidat a ajouté avoir "honte pour l'AFP d'avoir fait une alerte sur un document faux" et plus généralement pour tous ceux qui ont utilisé ce document.

"Vous croyez vraiment qu'avec ce que j'ai fait à M. Kadhafi, il m'a fait un virement? Pourquoi pas un chèque endossé?", a insisté le candidat UMP.

Sur RTL, M. Fillon s'est dit "certain" que la note était un "faux" et a accusé M. Plenel d'être un "récidiviste" de ce type de pratiques.

Selon le Premier ministre, il n'y a "aucune trace d'un mandat international" visant Bachir Saleh, qui vit en France. "J'imagine que le gouvernement français serait au courant".

M. Fillon a assuré que M. Saleh disposait d'un "passeport diplomatique du Niger" et qu'"à ce titre, il est protégé par l'immunité diplomatique". Bachir Saleh "fait actuellement des allers et retours entre la France et le Niger".

En mars, un haut responsable militaire nigérien, le colonel Djibou Tahirou, avait assuré à l'AFP que son pays avait délivré à M. Saleh un passeport "sur le conseil et la pression d'un pays européen" qu'il n'a pas nommé, puis l'avait annulé.

Interrogé sur cette affaire, François Hollande a estimé que "c'est à la justice d'être saisie".

"Si c'est un faux eh bien le site sera condamné, si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir", a dit le candidat PS à l'Elysée, niant tout lien entre lui et Mediapart.

Plus incisive, Ségolène Royal, qui affronta le président sortant en 2007, veut savoir "si l'élection de 2007 s'est déroulée dans des conditions légales". Sinon, a-t-elle affirmé, "le Conseil constitutionnel aurait inversé les résultats. Vous imaginez les conséquences? Ca voudrait dire que pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a exercé son mandat de façon illégitime".

Première publication : 30/04/2012

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