Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Football: sanction démesurée pour Brandao ?

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Paris des Arts de Tchéky Karyo

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Beyrouth des Arts du couturier Elie Saab

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Jacques Attali, président de PlaNet Finance

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Beyrouth des arts, avec Nadine Labaki (partie 1)

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Beyrouth des arts (partie 2)

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Jeff Koons, l'icône du néo-pop s'expose à Paris !

En savoir plus

FOCUS

Massacre de Thiaroye : une histoire toujours controversée, 70 ans après

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Réunion de l'Opep sous haute pression

En savoir plus

FRANCE

Ces électeurs frontistes qui disent "non" à Sarkozy

Vidéo par Luke BROWN , Lise BARCELLINI , Julie Dungelhoeff

Texte par Tony TODD

Dernière modification : 01/05/2012

Marine Le Pen, la candidate du Front national, est arrivée en tête des résultats du premier tour de la présidentielle dans le département du Gard. FRANCE 24 est allé à la rencontre de ces électeurs qui rêvent d'une recomposition de la droite.

Bastion du Front national (FN), la ville de Bessèges, dans le sud de la France, concentre à elle seule tous les ingrédients qui ont conduit le parti d'extrême droite à enregistrer un score historique lors du premier tour de l'élection présidentielle (17,87 %).

Durement touchée par la crise de l'industrie minière, la petite ville de 3000 habitants est située au nord du Gard, un département où Marine Le Pen a récolté près de 25 % des voix, soit 7 points au-dessus de la moyenne nationale. À Bessèges même, la candidate du FN a battu la moyenne gardoise en recueillant 26,56 % des suffrages. Devancée par le socialiste François Hollande (29 %), elle surclasse le président sortant Nicolas Sarkozy, qui n’a réuni que 19 % des voix. 

À moins d’une semaine du second tour de l’élection présidentielle, la question du report des voix de Marine Le Pen est l’objet de toutes les spéculations. Tandis que François Hollande continue de caracoler en tête des sondages, Nicolas Sarkozy s’est lancé dans une opération de séduction de grande envergure des électeurs frontistes en reprenant à son compte les thèmes de l'immigration, de l'identité nationale et de la fermeture des frontières chers à l’extrême droite.

Mais, à Bessèges, rares sont les votants qui se disent convaincus par la manœuvre. "Déçus" par la présidence de Nicolas Sarkozy, beaucoup d’entre eux confient ne pas avoir l’intention de soutenir un président qui "n’a tenu aucune de ses promesses".

 

  • Le conseiller municipal

Benjamin Tallon, 26 ans, milite au FN et siège au conseil municipal de Bessèges.

Benjamin Tallon, militant du Front national et membre du conseil municipal de Bessèges. (Tony Todd/F24)

Le jeune ingénieur accuse Sarkozy d’hypocrisie lorsque celui-ci se saisit des idées du FN dans une "tentative désespérée pour s’assurer le vote de l’extrême droite". "Sarkozy a toujours essayé de nous voler nos électeurs, dénonce-t-il. Il a promis de réduire l’immigration en 2007 et il recommence cette fois-ci."

"Localement quand il y a des batailles électorales entre le FN et les socialistes, l’UMP recommande à ses électeurs de voter pour les socialistes", poursuit le jeune conseiller municipal. Je suis conservateur par nature et en temps normal, je donnerais ma voix au candidat de la droite. Mais Sarkozy a brillé aux yeux de tous par son hypocrisie. Il n’aura pas mon vote."

 

  • L’ex-socialiste

Baptiste Gazancon, 37 ans, a adhéré au FN après la faillite de son entreprise de construction l’année dernière.

Baptiste Gazancon s'est tourné vers le Front national après avoir fait faillite avec son entreprise de construction.

Pour Baptiste Gazancon, l’éthique de travail en France a été pervertie par la culture d’assistanat qui profite à ceux qui gagnent de l’argent en ne faisant rien tout en pénalisant "ceux qui se lèvent tous les matins pour aller travailler".

"J’ai toujours voté socialiste jusqu’à aujourd’hui. Je crois toujours au modèle social de l’État providence, je crois qu’il faut qu’il y ait un filet de protection pour les personnes qui perdent leur emploi, explique-t-il. Mais il devrait être réservé aux gens qui le méritent vraiment. On ne peut pas juste débarquer dans ce pays et demander des allocations aux dépens de ceux qui travaillent dur."

"Marine Le Pen a promis d’y mettre le holà et c’est pour ça que j’ai voté pour elle. François Hollande n’a même pas abordé la question. En fait, il l’a évitée et il est même allé jusqu’à dire que ces aides devraient être étendues. Cela m'a brisé le cœur."

Certains de ses collègues d’origine maghrébine ont aussi voté pour le FN, affirme ce père de deux enfants. La preuve que le parti s’est débarrassé de son étiquette raciste.

"Je reconnais l’importance de l’immigration, conclut il. Mais nous ne devrions laisser entrer que ceux qui sont prêts à travailler. Quant au second tour, c’est mon devoir de citoyen de voter. Donc je me rendrai au bureau de vote mais je mettrai un bulletin blanc dans une enveloppe. Je ne peux soutenir ni Sarkozy ni Hollande."

 

  • Le médecin

Jean-François Grillo, 61 ans, est radiologue et vieux militant du FN.

Jean-François grillo est radiologue et a toujours milité au Front national. (Tony Todd/F24)

Pour lui comme pour beaucoup d’autres sympathisants de l’extrême droite, l’UMP et le PS, c'est blanc bonnet et bonnet blanc. Il désigne les deux partis sous le terme "UMPS".

"Les manœuvres de Sarkozy pour récupérer le vote FN sont tellement évidentes qu’elles en sont pitoyables. Je voterai blanc au second tour parce que les socialistes et la droite ont progressivement détruit le pays ces 30 dernières années", dit-il. 

"Mais je prédis la victoire pour François Hollande ce qui veut dire que la France risque de s’approcher dangereusement de la situation économique de la Grèce ou de l’Espagne. Ce sera un désastre pour le pays mais cela signifie que le FN sera bientôt la seule voix crédible de l’opposition de droite dans le pays", se plaît-il à imaginer.

 

  • L’ancien légionnaire

Sébastien Bosquet a l’air endurci de l’ancien militaire venu de la Légion, unité où le père de l'actuelle candidate frontiste Jean-Marie Le Pen a lui-même servi.

Sebastien Bosquet, un ancien de la Légion étrangère, est un ardent supporter du FN. (Tony Todd/F24)

L'homme ne s’embarrasse pas de formules. "Nous aimons notre pays comme les Anglais aiment la reine et Marine Le Pen est la personne qui unit ceux qui aiment vraiment la France et souhaitent qu’elle réussisse."

Employé par les transports publics de Montpellier, dans le département voisin de l'Hérault, Sébastien Bosquet rend visite à des amis frontistes à Bessèges. 

"Je refuse de soutenir des candidats qui nous insultent et surtout pas Sarkozy. Ils veulent nos voix mais ils n’en ont rien à faire de nous en tant que citoyens, explique-t-il. L'UMP, le PS, Hollande et Sarkozy sont les mêmes et quelque soit l’issue de l’élection, rien ne va changer. La France continuera à dégringoler."

 

  • Le vieux militant

"Je n’ai jamais été ni raciste, ni fasciste. Au FN, il n’a jamais été question de ça", affirme Yves Gaillac, qui, à 62 ans, a milité toute sa vie pour le parti d'extrême droite.

Yves Gailhac a soutenu le Front national toute sa vie. (Tony Todd/F24)

"Certains au FN vont voter pour Sarkozy parce que c’est un candidat de droite et parce qu’il joue sur des thèmes comme l’immigration. Mais ils se trompent. C’est un hypocrite et son mandat a été une catastrophe pour la France."

"Je pense qu’Hollande va gagner et que les choses vont continuer à être tout aussi mauvaises. La France va finir comme la Grèce et en moins de deux ans nous aurons la révolution. Le FN en sortira comme le seul parti qui détient les vraies réponses", prophétise-t-il.


 

Première publication : 30/04/2012

  • REPORTAGE - FRANCE

    Les socialistes à la conquête de voix dans un bastion FN

    En savoir plus

  • FRANCE

    La présomption de légitime défense s’invite dans le débat présidentiel

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)