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FRANCE

Le ministre de la Défense Gérard Longuet voit en Marine Le Pen un "interlocuteur possible"

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/11/2012

Dans une interview à l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute" à paraître mercredi, le ministre français de la Défense a jugé que Marine Le Pen était un "interlocuteur possible". Des propos qui ont soulevé des critiques à droite et à gauche.

AFP - Alors que Nicolas Sarkozy courtise les électeurs du FN en vue du second tour, son ministre Gérard Longuet a franchi mardi un pas inédit à l'UMP en estimant que Marine Le Pen était, contrairement à son père, "un interlocuteur" possible, une déclaration fraîchement accueillie dans la majorité.
              
"Il y a une différence notable entre Marine Le Pen et son père. Tout le monde sait que je connais Jean-Marie Le Pen et il est certain que ce dernier n'a jamais pu résister au plaisir des provocations. Sa fille ne souffre pas de ce handicap et nous n'aurons pas, avec elle, de 'Durafour crématoire' et autre 'détail'", juge le ministre de la Défense dans un entretien à paraître mercredi dans l'hebdomadaire d'extrême droite Minute.
              

François Hollande réagit aux propos de Gérard Longuet

"Il sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un interlocuteur qui n'est pas bienveillant mais qui, au moins, n'est pas disqualifié", ajoute celui qui a été l'un des fondateurs, dans les années 1960, du groupuscule d'extrême droite Occident.
              
Un peu plus tard, il a tenté, dans un communiqué, de minimiser ses propos, tout en les assumant: "Si on peut se réjouir que Marine Le Pen n'ait pas les mauvais calembours de son père, la seule majorité de gouvernement possible est l'alliance du centre et de la droite républicaine".
              
Même s'il avait troublé une partie de son camp en déclarant la semaine dernière que la candidature de Marine Le Pen était "compatible avec la République", Nicolas Sarkozy a toujours fait la distinction entre la présidente du FN et ses électeurs, soulignant qu'il était hors de question de faire la moindre négociation ou alliance avec le parti d'extrême droite.
              
Une ligne partagée par tous les dirigeants de l'UMP, à commencer par son secrétaire général Jean-François Copé, qui a dit qu'il n'accorderait jamais d'interview à Minute.
              
Dans l'entretien, M. Longuet rend aussi hommage au score "très respectable" de la leader frontiste au premier tour de la présidentielle (17,9%) et appelle les "patriotes" à "faire bloc" contre François Hollande (PS) et la "politique qu'il prône en matière d'immigration".
              
Il fait par ailleurs la distinction entre les immigrés "les plus courageux", qui viennent en France pour "des perspectives économiques", et "les moins courageux", attirés, selon lui, par "des avantages sociaux".
              
Plusieurs personnalités de la majorité présidentielle ont exprimé leur désaccord dont les ministres Luc Chatel (Education) et Xavier Bertrand (Travail), qui "ne pense pas" que Marine Le Pen soit un "interlocuteur" possible pour l'UMP. "Le prénom a peut-être changé mais le reste n'a pas changé", a dit M. Bertrand à propos du leadership du FN.
              
Le patron de l'UMP, Jean-François Copé réaffirme lui dans une interview au Figaro à paraître mercredi que "les choses sont claires: aucune alliance et aucune discussion avec le Front national".
              
Interrogées par l'AFP, l'ex-ministre UMP de la Justice, Rachida Dati, s'est dite, elle, "choquée" par les propos de M. Longuet, tandis que l'ex-secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade y a vu une "faute" car le FN est "un parti qui abaisse la France".
              
L'équipe de campagne de M. Hollande a vu dans ces déclarations le signe que "l'UMP n'en finit plus de sombrer dans une dérive pathétique pour récupérer les voix" du FN. Venant d'un ténor du gouvernement "une telle prise de position est scandaleuse" et "a une allure un peu désespérée mais aussi assez nauséabonde", a fustigé Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat PS.
              
La principale intéressée, Marine Le Pen, a quant à elle dénié au ministre de la Défense le droit d'être "l'arbitre des élégances".
              
En 2010, M. Longuet, alors président du groupe UMP au Sénat, avait déjà déclenché une polémique en jugeant préférable de nommer à la tête de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) quelqu'un du "corps français traditionnel" plutôt que Malek Boutih (PS).

 

Première publication : 02/05/2012

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