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Moyen-orient

L'armée sème la terreur dans l'université d'Alep, quatre étudiants tués

©

Vidéo par Claire BONNICHON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/05/2012

Au moins quatre étudiants ont été tués et 200 autres arrêtés jeudi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, après l'irruption manu militari de l'armée dans la cité universitaire d'Alep, deuxième université de Syrie.

AFP - Quand les forces de sécurité syriennes ont fait irruption manu militari dans la cité universitaire d'Alep, la panique a gagné les dortoirs: certains étudiants se sont jetés par les fenêtres, d'autres ont été rattrapés, insultés et tabassés.
              
Deuxième université de Syrie avec des dizaines de milliers d'étudiants venus de tout le pays, l'établissement est le centre nerveux de la mobilisation dans cette grande ville commerçante du nord restée longtemps à l'écart de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad.
              
Quatre étudiants y ont été tués jeudi à l'aube, et 28 autres blessés lorsque des policiers ont tiré à l'issue d'une manifestation, lors de l'attaque la plus meurtrière visant une université dans le pays. Au moins 200 autres ont été arrêtés.
              
"Nous étions 800 à manifester pour la liberté et pour la libération des détenus en Syrie, avant d'être dispersés à coups de gaz lacrymogène", raconte à l'AFP Hussein, 20 ans, étudiant en ingénierie civil, contacté via Skype.
              
"Nous étions à peine rentrés dans nos dortoirs quand 13 bus et huit pick-up ont débarqué et les forces de l'ordre ont commencé à tirer sur le bâtiment", dit-il. "C'était des tirs nourris, ça n'a pas arrêté de 22H00 jusqu'à 04H00 heures du matin".
              
Lui a eu "la chance" de se trouver au sixième étage, que les hommes du régime n'ont pas gagné, mais au-dessous, ils ont tout "inspecté, chambre par chambre". A ces étages, les étudiants avaient rendez-vous avec la peur et l'humiliation.
              
"Ils ont poursuivi les étudiants dans les couloirs. J'ai vu plusieurs dortoirs incendiés et leurs vitres brisées", témoigne de son côté Abou Taym, 22 ans, étudiant en sciences de l'éducation.
              
Selon différents témoignages, des étudiants n'ont pas hésité à risquer leur vie pour échapper aux forces de l'ordre.
              
"Ils ont préféré se jeter du troisième et du quatrième étage plutôt que de se faire arrêter. Certains se sont cassé la jambe ou le bassin", rapporte Abou Omar, un porte-parole des "étudiants-militants" sur place.
              
Les membres de forces de sécurité "ont tout cassé et fait des dégâts dans les chambres. Ils ont même arrêté des filles", dit-il.
              
Plusieurs vidéos mises en ligne par les étudiants sur internet montrent des vitres brisées, des matelas retournés, des étagères effondrées et des vêtements éparpillés.
              
Mais le pire était à venir. "Ils nous ont fait descendre devant le dortoir des filles et nous ont obligés à nous déshabiller et à nous mettre à plat ventre", dit Abou Taym. "Ils se sont mis à marcher sur nous en proférant des insultes", se rappelle-t-il.
              
Citant des témoins, Abou Omar rapporte la même nuit d'enfer:"Ils ont forcé des étudiants à se dénuder devant le dortoirs des filles, les ont allongés par terre et les ont piétinés en criant +Vous voulez la liberté? La voilà!+".
              
Pour les étudiants, il s'agit de la répression la plus violente après des mois de manifestations et de mobilisation au sein du campus. L'AFP n'est pas en mesure de vérifier ces faits en raison des restrictions draconiennes imposées aux médias dans la couverture de la crise en Syrie.
              
Ces événements pourraient, selon Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), changer la donne à Alep, en poussant les habitants encore réticents à "à se solidariser avec les étudiants".
              
En attendant, jeudi soir, plusieurs centaines d'étudiants s'apprêtaient à passer la nuit dans la rue, la direction de l'établissement ayant décidé de suspendre les cours et de fermer provisoirement la cité universitaire.


              


          

Première publication : 04/05/2012

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