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Dernière modification : 07/05/2012

Jeux vidéo: la percée du Moyen-Orient

Le jeu vidéo n'est pas un loisir neutre! Derrière son aspect ludique, il véhicule d'autres enjeux fondamentaux qui ne sont pas uniquement financiers. Représentations du monde, des peuples et mêmes des civilisations, le jeu vidéo transmet une réelle idéologie. Si l'Occident et le Japon avaient jusqu'à présent, le quasi monopole de ce marché estimé à plusieurs milliards de dollars, Le Journal de l'intelligence économique d'Ali Laïdi a enquêté sur les nouveaux acteurs venus du Moyen-Orient.

Décembre 2011. Bienvenue à la Game Connection de Paris, le rendez-vous mondial du business du jeu vidéo. Cette année, des Français, des Japonais, des Américains mais aussi des développeurs du Moyen-Orient. Dans cette région, ce sont 250 millions de joueurs potentiels ! Le marché est donc prometteur, et les Iraniens ont une longueur d'avance.

Pour le directeur de la Game Connection, « le nucléaire n'est pas la seule solution pour l'Iran, ils estiment que le jeu vidéo est une autre manière de conquérir le monde. »

Conquérir le monde du jeu vidéo… c’est le but d’Ashraf Jafari. Ce développeur iranien est une star internationale. En 2007, il a sorti Garshasp, traduit en sept langues.
En Allemagne, en Grande-Bretagne, en Russie ou en Nouvelle-Zélande, on s’arrache ce jeu basé sur un héros de la mythologie perse.

L’aventure du jeu vidéo iranien est pilotée par la Fondation nationale du jeu vidéo. C'est elle qui finance les petits studios. L'objectif est de développer des jeux classiques comme les courses de voiture, les quêtes, les jeux de guerres… en perse et en anglais, avec un point commun, la culture iranienne. Et une interdiction : la politique.

Pour Behrouz MINAEI, PDG de la fondation iranienne du jeu vidéo, « il y a beaucoup de jeux anti-Musulmans ou qui montrent les Musulmans comme des terroristes. Nous n’avons jusqu’à présent développé aucun jeu contre les Etats-Unis ou contre Israël. Parce que pour nous, les jeux vidéo, c’est avant tout du divertissement. Et la politique n’a rien à y faire. »

Pas question de copier des jeux comme Call of Duty ou Battlefield 3. Des « Shoot them up » où les ennemis sont les musulmans d'Irak ou d'Afghanistan.
Question jeux de combat, les iraniens préfèrent l’Histoire. Avec Cry of Freedom, le joueur doit expulser les anglais venus en 1907 dans le sud du pays.

Mais les iraniens ne sont pas les seuls acteurs orientaux sur le salon. Gaith Kawar, PDG de Taktek Games, est jordanien. Il a monté sa société il y a moins d'un an mais affiche déjà une grande ambition : devenir le premier développeur du Moyen-Orient.

« L’intérêt que nous portent des acteurs comme Unity et d’autres est très prometteur. C’est très encourageant de les voir s’intéresser à notre région aussi. Ensemble nous travaillons à développer un secteur du jeu en Jordanie et dans tout le Moyen-Orient et je l’espère nous pourrons toucher le monde entier ! »


Mais les orientaux ne sont pas les seuls de la partie. Ils devront compter avec les Vietnamiens qui viennent de sortir un jeu sur la bataille de Diên Biên Phú. Cette fois, le joueur est dans la peau du combattant vietnamien et il se bat contre les soldats français. La vraie guerre d’Indochine s’est terminée il y a 70 ans. Mais c’est sur écran digital qu’elle se poursuit. La bataille mondiale du jeu vidéo ne fait que commencer.

Par Florence MORICE , Camille RUSTICI

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