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FRANCE

"Je ne voulais pas rater ce moment historique !"

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 07/05/2012

À 20 heures précises, lorsque le visage de François Hollande se dessine sur l’écran géant installé devant le QG socialiste de la rue de Solférino, les cris de la victoire emplissent la rue du 7e arrondissement parisien. Témoignages.

Et le changement fut. Des confettis, des ballons multicolores volent dans les airs au milieu des drapeaux tricolores et des roses rouges. On débouche le champagne et les bouteilles circulent dans une foule ivre de bonheur. Ici, une femme aux boucles rousses écrase des larmes de joie, là un couple s’embrasse passionnément ; une jeune militante se met à danser en hurlant "François président".



Depuis la fin de l'après-midi, planait un parfum de victoire aux alentours de Solférino. On se contenait, on se méfiait, on restait prudent, on parlait au conditionnel, le "si" était de mise. "Par superstition", avoue Richard, 70 ans. Alors au moment de l’annonce, la joie contenue depuis des heures a tout simplement explosé : "on a gagné, on a gagné, on a gagné !" La foule ne se lasse pas de ces trois mots suaves, douce litanie répétée en boucle comme une formule magique.

"C’est une grande émotion ce soir. Je milite depuis cinq ans dans l’espoir d’un autre futur pour notre pays, dans l’espoir d’en finir avec cette France de la division et de la ségrégation. Je milite pour que le pays cesse de s’enfoncer, pour qu’on vive dans l’avenir et non plus dans le passé", témoigne Nathalie de Oliveira, conseillère municipale déléguée à la mairie de Metz. Serrant sa rose carmin assortie à son rouge à lèvre, elle en pleure d’émotion.

Mamadou Ngam, 51 ans, célèbre ce soir la France de l’intégration. Mauritanien d’origine, en France depuis 15 ans, il se dit très affecté par le discours anti-immigration véhiculé dans l’entre-deux-tours par Nicolas Sarkozy : "Moi je travaille, je vis ici avec ma famille, je vote, je milite, alors qu’est-ce qui lui faut de plus ! Je suis très content que François Hollande ait gagné, mais je n’en doutais pas, et j’ai gagné mon pari."

L’interview est interrompue par le discours de Nicolas Sarkozy, retransmis en direct sur l’écran géant. S’il reconnaît sa défaite, ici l’ancien président est loin d’être en odeur de sainteté. Huées dans la foule qui réclame son nouveau président. "Dégage !", peut-on entendre. "On veut François", crie une autre.

"C’est du baratin", estime Annette. Quand on a perdu, on souhaite bonne chance au suivant et on s’en va. C’est ça la loi de la démocratie". Annette, 58 ans, est venue exprès de Lille car elle a "manqué la fête de 1981, je ne voulais pas faire la même erreur".

Comme beaucoup ce soir, elle se réfère à François Mitterrand, premier président socialiste de la Ve République qui fêtait sa victoire il y a 31 ans exactement, à quelques jours près. Un homme brandit à bout de bras le quotidien "Le Monde", jauni, du 10 mai 1981. La gauche retrouve enfin le pouvoir après 10 ans d’opposition. Pourtant, Annette estime qu’il est temps que la gauche dépasse l’héritage mitterandien.


"En 1981, François Mitterrand avait soulevé énormément d’espoir qu’il a en partie déçus, surtout pendant son second mandat. Il a fait beaucoup de mal à la gauche, mais ça, François Hollande l’a compris et va redonner à la gauche toute sa dignité. Pour les gens de ma génération, le retour de la gauche au pouvoir est très très émouvant".

Pour les jeunes générations aussi. Emma, 17 ans "et demi" précise-t-elle, jolie comme le cœur qu’elle porte accroché sur sa veste, est venue seule de Caen, en Normandie, rose à la main, pour assister à l’événement même si elle n’a pas pu voter : "J’ai milité pour que les autres votent et ça a marché. Je ne voulais pas rater ce moment historique."

Une bande d’adolescents danse avec la fougue de la jeunesse, bras dessus dessous, les cheveux pleins de confettis, face aux milliers d’objectifs et de caméras. Ils crient, sautent, et embrassent sans compter qui les approche. Et quand la Marseillaise s’élève dans la foule, ils sont les premiers à donner de la voix. Ce soir, la gauche de tout âge, toute origine, toute couleur est heureuse. Ce soir la gauche est unie. Hollande a réussi son pari du rassemblement.

 

 

Première publication : 06/05/2012

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