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Economie

Les défis économiques qui attendent le futur président François Hollande

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 16/05/2012

Les obstacles économiques qui devraient se dresser sur le chemin du président élu, François Hollande, sont nombreux. Tour d'horizon des principaux chantiers auquel sera confronté le dirigeant socialiste dès le début de son mandat.

Le président français élu, François Hollande, ne devrait pas connaître d’état de grâce comme François Mitterrand en 1981. Ce constat a été dressé, lundi 7 mai, par l’ancien ministre socialiste de l’Économie (1992-1993), Michel Sapin. Pour lui, “la situation est beaucoup plus difficile d’un point de vue économique pour la France” que lorsque François Mitterrand était devenu le premier président socialiste de la Ve République.

Les obstacles économiques qui se dressent sur la route du “changement” voulu par le futur locataire de l’Élysée sont, en effet, nombreux. Certaines questions, comme la réaction des marchés financiers supposés méfiants à son égard ou le renouvellement du couple franco-allemand, vont s’imposer très vite sur l’agenda de François Hollande. Revue de détail des grands chantiers économiques en perspective.

Les rapports avec le monde financier. La réaction des marchés financiers à l’élection d’un président socialiste en France était très attendue. Mais la baisse constatée, lundi matin, aussi bien sur les Bourses asiatiques qu’européennes a avant tout été causée par la crise politique et les résultats des élections législatives en Grèce. L’offensive des spéculateurs contre la forteresse France, annoncée ces derniers jours par le président sortant Nicolas Sarkozy, devra donc attendre... si elle a lieu.

Le président élu devrait bénéficier d’une clémence temporaire des marchés, selon plusieurs analystes financiers. “Les marchés n’attaqueront pas la France uniquement parce que François Hollande est socialiste”, a assuré, dimanche, Jacob Funk Kirkegaard, analyste à l’Institut Peterson pour l’économie internationale, dans les colonnes du "New York Times". Pour la France, “aujourd’hui est un jour comme un autre ou presque sur les marchés”, juge Eric Valatini, trader français pour une grande banque à l’étranger, sur le site d'actualité financière Margin Call. Selon lui, la France pourrait, en revanche, être maltraitée par l’internationale des boursicoteurs si François Hollande et la chancelière allemande, Angela Merkel, n’arrivent pas à s’entendre.

Angela Merkel accueillera François Hollande "à bras ouverts"

Croissance contre austérité en Europe. Lors de son discours de victoire sur la place de la Bastille, à Paris, dimanche soir, François Hollande a rappelé qu’il comptait bien mettre un terme à l’austérité budgétaire qui prévaut actuellement en Europe. En clair, il maintiendra son engagement de campagne d’ajouter un volet consacré à la croissance au pacte budgétaire européen du 2 mars 2012.

Sur son chemin, le nouveau président risque cependant de trouver Angela Merkel. La chancelière allemande refuse en effet de changer une virgule à ce traité. Dans ces conditions, Berlin a beau assurer que “la qualité des relations franco-allemandes sera maintenue”, l’affrontement entre les deux principales économies européennes risquent d’ajouter un élément d’incertitude à même de déplaire aux marchés financiers.

Les 60 000 nouveaux emplois dans l’Éducation. C’est la promesse de campagne de François Hollande la plus marquante. Le président élu doit ainsi créer plus de 10 000 postes dans l’Éducation par an s’il veut tenir son objectif d’ici à la fin de son quinquennat. Il doit surtout trouver comment financer cette promesse qui devrait coûter environ 2 milliards d’euros.

La reprise des plans sociaux est le risque social le plus immédiat que devra gérer la

nouvelle équipe dirigeante. Durant les premiers mois de l’année, le nombre de plans sociaux lancés par les entreprises avait chuté de 18 % par rapport à l’année dernière, le ministère du Travail avait attribuant cette baisse à l’”incertitude politique” liée à la campagne présidentielle.

La parenthèse vient donc de se refermer. Parmi les dossiers les plus sensibles dans ce domaine se trouve celui d’Air France. La compagnie aérienne française doit décider en juin de l’ampleur d’un plan de départs volontaires à venir. Le climat social n’est également pas au beau fixe chez Carrefour. Georges Plassat, le PDG du géant de la distribution, doit rencontrer les syndicats qui craignent un plan social visant à supprimer 3 000 postes.

M. 75 %. François Hollande avait réussi a donner le tempo de la fin de la campagne avec sa proposition de taxer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d'euros. Au fil des semaines, le candidat avait pourtant été amené à proposer des aménagements à cette règle. Le président élu va dorénavant devoir préciser les contours exacts de cette mesure censée symboliser la rupture avec les années "bling-bling" et "fric-fric" de Sarkozy.

L’argent de la relance. La priorité pour François Hollande est de relancer la production  industrielle. Son credo de campagne pour favoriser la croissance et l’emploi passe par de nouvelles dépenses notamment pour créer une banque d’investissement pour PME qui serait dotée de plus de 6 milliards d’euros.

Mais pour financer ce programme, le chef de l'État élu a prévu une croissance qui, dès 2013, dépasserait 1,5 %. Problème : l’ensemble des instituts de prévisions, de l’Insee au FMI, ne tablent plus que sur une augmentation du PIB l’année prochaine de 1 %. En clair, les rentrées fiscales de l’État risquent d’être moins élevées que ce que François Hollande espère.

Première publication : 07/05/2012

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