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FRANCE

François Fillon remettra la démission de son gouvernement jeudi

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/05/2012

À l'issue du tout dernier conseil des ministres, François Fillon a fait savoir par la voix de la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, qu'il présentera à Nicolas Sarkozy la démission de son équipe ce jeudi.

AFP - Le dernier conseil des ministres de l'ère Nicolas Sarkozy s'est tenu mercredi à l'Elysée, un moment "émouvant" lors duquel le bilan du quinquennat a été défendu avec force par François Fillon, qui remettra la démission de son gouvernement jeudi au président sortant.

Président élu, François Hollande a dirigé dans le même temps son dernier conseil politique de campagne, exprimant, en présence de nombreux ténors du PS, sa "fierté" et sa "joie". Dans le cadre de la préparation active de son entrée à l'Elysée mardi 15, il recevra par ailleurs dans l'après-midi le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy.

François Fillon, Premier ministre français

Au lendemain de l'image apaisée du duo présidentiel pour le 8-mai, saluée par la presse, un pas de plus dans la transition démocratique a été accompli mercredi avec le dernier conseil des ministres du quinquennat.

Nicolas Sarkozy a, à nouveau, souhaité "bonne chance" à son successeur, ont indiqué à leur sortie plusieurs ministres, après environ 1h15 de réunion. L'émotion, bien sûr, a été omniprésente: selon les mêmes ministres, le chef de l'Etat sortant a été "applaudi debout" par tout le gouvernement.

Il y a eu "beaucoup d'émotion", a déclaré le ministre de la Défense Gérard Longuet, selon qui Nicolas Sarkozy est apparu comme "un homme apaisé (...) qui a le sentiment d'avoir fait tout ce qu'il devait faire pour son pays".

Comme tout au long de la campagne, François Fillon, qui restera son unique Premier ministre, a défendu le bilan de la majorité sortante. Selon Valérie Pécresse, la porte-parole, il remettra jeudi au président sortant la démission de son gouvernement.

"J'ai rappelé que l'engagement principal de Nicolas Sarkozy en 2007 avait été tenu. Cet engagement, c'était de remettre la France en mouvement", a fait valoir M. Fillon. "Nous l'avons fait avec un nombre de réformes qu'aucun autre (gouvernement) n'a engagées", et dans un climat de crise", a-t-il ajouté.

Invité de RTL, Claude Guéant, qui fut pendant plus de trois ans secrétaire général de l'Elysée, avait aussi parlé d'un "moment particulièrement émouvant".

Le président sortant "est triste" mais "a le sentiment du devoir accompli", avait-il ajouté.

Pour ce rendez-vous historique et nostalgique, Nicolas Sarkozy était arrivé, une fois n'est pas coutume, à la présidence par la grande porte, déposé au pied du perron à 9H25 par sa voiture blindée de fonction. Dossiers sous le bras, il avait adressé un bref salut à l'un des huissiers et s'était engouffré dans l'ascenseur le menant jusqu'à son bureau au premier étage.

François Fillon, qui d'ordinaire rejoint le chef de l'Etat une demi-heure à l'avance pour un entretien en tête-à-tête, n'était arrivé qu'à 9H45. Le ballet des voitures officielles lui avait succédé, déversant les 32 ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement sortant.

S'il a fait "une campagne dure", M. Sarkozy "a choisi de faire une sortie digne", a relevé sur Europe 1 Pierre Moscovici, responsable de la transition présidentielle dans l'équipe Hollande.

Il régnait aussi une ambiance de "dernière séance" pour le président élu, qui a tenu un dernier conseil politique de campagne à son QG parisien.

Devant les principaux responsables du PS, François Hollande, qui était arrivé vers 9H10, a dit "sa fierté, sa joie", selon le président du Sénat, Jean-Pierre Bel. La candidate de 2007, Ségolène Royal, évoquant "un moment amical", a affirmé que "toute l'équipe" avait "félicité le nouveau président".

Selon un autre membre de ce conseil, comme d'habitude, c'est François Hollande qui a pris la parole et clos la séance. "Il a remercié tout le monde et on a préparé la suite", la formation du gouvernement et les législatives.

"Nous sommes au travail pour les législatives, avec un mot d'ordre: donner une belle victoire au changement à l'Assemblée", a commenté le numéro deux du PS, Harlem Désir.

Petite surprise, une candidature socialiste a été maintenue face au président du MoDem, François Bayrou, dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques.

La première secrétaire Martine Aubry a rejeté toute idée de "service rendu" par le leader centriste, qui a voté François Hollande. Elle a par ailleurs indiqué que des discussions étaient "en bonne voie" entre le PS et le Front de gauche pour des candidatures uniques au second tour dans 55 circonscriptions.

Mme Aubry a assuré ne pas être inquiète pour le scrutin des 10 et 17 juin, "si tout le monde se mobilise".

"Un président de gauche avec une majorité hostile conduirait à une crise", a toutefois prévenu Jean-Marc Ayrault, pressenti pour Matignon, devant l'ensemble des députés PS.

A droite, dans un entretien à Valeurs actuelles, la présidente du Front National, Marine Le Pen, a indiqué ne pas être "fermée" à une "entente" et à des "discussions" "au cas par cas" avec des candidats UMP.

Auprès de l'AFP, elle avait auparavant démenti l'existence d'une "liste noire" de candidats UMP "à faire battre à tout prix" aux législatives.

 

Première publication : 09/05/2012

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