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EUROPE

Le numéro un socialiste tente à son tour de former un gouvernement

©

Vidéo par Alexia KEFALAS

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/05/2012

Après le retrait de la gauche radicale, au tour d'Evangelos Venizelos (photo), numéro un du parti socialiste grec (Pasok), d'essayer de former un gouvernement après les législatives du 6 mai. S'il échoue, un nouveau scrutin devra être organisé.

REUTERS - Evangelos Venizelos, du parti socialiste grec Pasok, va tenter ce jeudi de réussir là où la droite et la gauche radicale ont échoué avant lui : former un gouvernement sur la base du Parlement issu des élections législatives qui ont tourné au rejet des plans d'austérité.

Mais ses chances de succès sont particulièrement minces et l'hypothèse de nouvelles élections, qui pourraient avoir lieu dans un délai de trois à quatre semaines, se renforce jour après jour depuis dimanche, sous le regard inquiet des partenaires européens de la Grèce.

"Je vais continuer cet effort parce qu'il en va de l'intérêt de notre pays", a dit Venizelos à la presse. "Prolonger cette incertitude ne fait que nuire à notre pays et à son économie et, au final, aux plus faibles et aux chômeurs", a-t-il ajouté.

Après Antonis Samaras, du parti de droite Nouvelle Démocratie, le jeune dirigeant de la gauche radicale, Alexis Tsipras, a renoncé à son tour mercredi à former un gouvernement. Le chef de file de la Coalition de la gauche radicale Syriza, hostile aux conditions de l'aide internationale à la Grèce, remettra ce jeudi au président Carolos Papoulias le mandat qu'il lui avait confié la veille.

"Notre proposition a obtenu un large soutien dans la société mais pas au Parlement. Nous ne serons pas en mesure de réaliser notre rêve de former un gouvernement de gauche", a-t-il déclaré, s'adressant aux députés de son mouvement, arrivé en deuxième position derrière les conservateurs aux législatives de dimanche.

"M. Tsipras (...) m'a demandé d'accepter une sortie de l'euro et la faillite du pays. Je ne le ferai pas", avait déclaré un peu plus tôt Antonis Samaras.

La Grèce va-t-elle revenir à la drachme ?

Mise en garde allemande

Si Evangelos Venizelos, dont le Pasok a sombré dimanche, jette lui aussi l'éponge, comme c'est fort probable, la Grèce n'aura d'autre choix que d'organiser de nouvelles législatives.

A Bruxelles, les pays de la zone euro ont annoncé le versement d'une somme de 5,2 milliards d'euros à Athènes, malgré la réticence de certains Etats à procéder à ce paiement après le résultat des élections.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a précisé qu'une somme initiale de 4,2 milliards d'euros serait versée jeudi, le milliard restant devant être transféré plus tard, "en fonction des besoins de financement de la Grèce".

L'Allemagne a solennellement mis en garde la Grèce mercredi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Selon Guido Westerwelle, la Grèce ne recevra plus aucune tranche d'aide financière si elle renonce à l'austérité.

"L'Allemagne aimerait que la Grèce demeure dans la zone euro mais le fait de savoir si elle y restera ou non n'est pas de notre ressort", a-t-il ajouté.

Si la Grèce ne reçoit plus d'aide dans le cadre du plan de l'Union européenne et du FMI d'un montant total de 130 milliards d'euros, elle se retrouvera vite en faillite, ne pouvant plus assumer ses obligations.

La colère de l'électorat

Selon les analystes, la victoire en France de François Hollande, qui défend une politique de croissance, a encouragé les Grecs à voter contre l'austérité imposée par l'Europe et les élections anticipées de dimanche ont donné naissance à un paysage parlementaire inédit en Grèce.

Nouvelle Démocratie et le Pasok ont vu leur score cumulé s'effondrer de 77% des voix aux élections de 2009 à 32% à peine. Les cinq autres partis représentés à la Vouli, le Parlement, sont tous hostiles à l'austérité liée aux plans de sauvetage financier négociés avec la "troïka" formée de l'Union européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne.

Et rien ne dit que l'électorat se comporterait différemment en cas de nouveau scrutin.
"Je n'ai aucun regret, et que les deux partis favorables aux plans de sauvetage aient été injustes avec nous pendant tant d'années le justifie", dit Petros Chiotopoulos, un septuagénaire qui a voté dimanche pour les Grecs indépendants, une formation issue de la droite.

Des dizaines de Grecs rencontrés dans les rues d'Athènes ne disent pas autre chose et ne regrettent pas d'avoir sanctionné le Pasok et Nouvelle Démocratie, auxquels ils imputent cinq années de récession, de chômage galopant, de baisses de salaires et de corruption rampante.

S'ils veulent que la Grèce reste dans la zone euro, ils préviennent qu'ils n'accepteront pas davantage de sacrifice. "Nous voulons être traités sur un pied d'égalité avec les autres peuples et non pas être réduits au rang d'esclaves de certains pays", lâche Dimitris Nasis, fonctionnaire de 62 ans, qui dit placer beaucoup d'espoir dans le projet de François Hollande de renégocier le Pacte budgétaire européen pour y ajouter des éléments de soutien de la croissance.

Mais la marge de manoeuvre du nouveau président français est étroite et il lui faudra trouver un compromis avec l'Allemagne, principal créancier de la zone euro.

Hormis la convocation de nouvelles élections, la seule façon de sortir la Grèce de l'impasse serait de renégocier les termes du renflouement. Mais cette solution est pour l'heure rejetée par les bailleurs de fonds et certains pays d'Europe du Nord.

 

Première publication : 10/05/2012

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