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Afrique

Débat télévisé historique entre deux candidats à la présidentielle

Vidéo par Shirli SITBON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/05/2012

Les deux principaux candidats à la présidentielle égyptienne se sont affrontés jeudi soir à la télévision. Ce débat, qui opposait Amr Moussa, ex-d'Hosni Moubarak, à Aboul Foutouh, un islamiste modéré, constitue une première en Égypte.

REUTERS - L’Egypte a vécu jeudi une soirée historique avec le premier débat télévisé entre deux candidats à l’élection présidentielle, Amr Moussa et Abdel Moneim Aboul Fotouh.

Quinze mois après le renversement d’Hosni Moubarak, balayé par les révolutionnaires de la place Tahrir, les Egyptiens ont suivi pendant plus de quatre heures les échanges entre Amr Moussa, un diplomate chevronné de 75 ans ayant servi sous Moubarak, et Abdel Moneim Aboul Fotouh, un islamiste de 60 ans qui a connu la prison sous le régime de l’ex-raïs.

Parmi les 13 candidats en lice, les deux hommes font office de favori du scrutin, dont le premier tour aura lieu les 23 et 24 mai. L’élection doit parachever la transition en Egypte, que les militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA) dirigent depuis la révolution.

Diffusé par deux chaînes de télévision privées, le débat, impensable il y a peu, a été suivi dans tout le monde arabe.

Les deux candidats ont tenté de se piéger mutuellement, sur la place de la charia, la loi islamique, ou sur les relations avec Israël.

Ancien membre de la confrérie des Frères musulmans, Aboul Fotouh s’est attaché à renvoyer Amr Moussa à son passé de ministre du gouvernement Moubarak et de membre d’un régime qui, a-t-il dit, a corrompu l’Egypte.

"Il existe une règle selon laquelle celui qui a créé un problème ne peut pas le résoudre", a-t-il lancé à son adversaire.

Ce dernier s’est défendu, soulignant qu’au moment des journées révolutionnaires, il dirigeait la Ligue arabe et qu’il n’était plus ministre des Affaires étrangères depuis 2001.

Il a contre-attaqué en accusant les Frères musulmans d’avoir eux aussi gardé le silence. "Vous vous efforciez de défendre les positions des Frères musulmans et non pas les intérêts égyptiens", a-t-il contré.

Rassembleur ou homme d'État

Parmi les autres candidats figurent notamment Mohamed Morsi, candidat de "rechange" des Frères musulmans dont le candidat initial a été écarté par la commission électorale, Ahmed Chafik, qui fut le dernier Premier ministre de Moubarak, et Hamdine Sabahy, classé à gauche.

Aboul Fotouh tente de réunir autour sa candidature les islamistes modérés et radicaux - le candidat des salafistes a été lui aussi été évincé du scrutin -, les centristes et certains libéraux. Posant en rassembleur, il assure être en mesure d’en finir avec la "polarisation" de la société égyptienne.

"Avec les salafistes, il est salafiste. Avec les libéraux, il est libéral. Avec les centristes, il est centriste", a ironisé Amr Moussa.

Lui joue pour sa part de son expérience et de sa stature d’homme d’Etat dont l’Egypte, dit-il, a besoin alors qu’elle traverse une "crise existentielle". Il se présente aussi comme un rempart contre l’influence croissante des islamistes.

"Nous allons pour la première fois choisir le président de l’Egypte. J’espère que nous ne nous laisserons pas ramener en arrière, une fois de plus, vers le régime déchu, avec ses idées, son essence et ses personnalités", a réagi Aboul Fotouh.

Tous deux se sont engagés à revoir le traité de paix signé en 1979 avec Israël, un pays qu’Aboul Fotouh qualifie d’ennemi et que Moussa décrit comme un adversaire.

La partie du débat consacrée à la politique étrangère a donné lieu à une étonnante bévue d’Amr Moussa, qui a parlé de l’Iran comme d’un Etat arabe.

 

Première publication : 11/05/2012

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