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FRANCE

François Bayrou appelle à l'édification d'un "pôle central" à l'Assemblée

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/05/2012

Crédité de 9,13 % des voix au premier tour de la présidentielle, le leader centriste annonce vouloir présenter 400 candidats aux élections législatives en vue de constituer un "courant politique nouveau indépendant" à l'Assemblée nationale.

Pour Bayrou, Hollande doit revoir son programme économique "en profondeur"

REUTERS - François Hollande devra reprendre son programme économique « en profondeur », à la mesure de la crise qui vient « plus vite et plus dure qu’on ne l’imaginait », a affirmé jeudi François Bayrou.

Le dirigeant centriste, qui s’est aliéné l’UMP et le centre-droit en choisissant de voter « à titre personnel » pour le
candidat socialiste au second tour de l’élection présidentielle, a estimé lors d’une conférence de presse que le successeur de Nicolas Sarkozy risquait d’être confronté à court terme à un « incendie » en France.

« L’étincelle part de Grèce, mais c’est dans les Etats endettés de la zone euro, et au premier chef chez nous en France, que l’incendie risque de s’allumer », a estimé François Bayrou, dans sa première déclaration publique depuis la victoire de François Hollande.

« J’espère que des démarches de croissance seront acceptées par les autorités de l’Union européenne », a dit le président du Mouvement Démocrate en référence à la volonté du président élu de compléter le pacte budgétaire européen avec des mesures de relance.

« Mais c’est à l’horizon de plusieurs années. Et elle ne seront acceptées qui si, en même temps, les pays cessent de s’endetter, et cela c’est à court terme », a souligné François Bayrou.

« François Hollande a un atout : il n’est pas ressenti comme un homme d’affrontements, je crois pour ma part que c’est authentique. (...) Mais son programme économique devra être repris en profondeur, à la mesure de la crise, et ce sera un rude exercice de vérité, d’abord dans sa majorité », a-t-il dit.

François Bayrou a toujours jugé le programme socialiste « insoutenable », notamment la création de 60.000 postes dans l’Education nationale sur cinq ans.

AFP - François Bayrou a rejeté jeudi toute participation du MoDem au gouvernement mais a annoncé son intention de créer à l'Assemblée un "pôle central", qui pourrait voter avec l'exécutif selon les circonstances, avec des députés élus sous une nouvelle étiquette: "Le centre pour la France".

Au cours d'une conférence de presse, le leader centriste, qui a recueilli au premier tour 9,1% des voix, a une nouvelle fois revendiqué son vote de second tour pour François Hollande.

"J'ai pris mes responsabilités car pour moi la vie consiste à prendre ses responsabilités. Je l'ai fait, est-il besoin de le dire, sans aucune idée d'intérêt", en pensant "qu'au bout du compte, malgré mes réserves (...) l'alternance offrirait une chance nouvelle au pays", a justifié François Bayrou.

Mais le président du MoDem a exclu pour l'instant toute participation de son parti à un gouvernement socialiste.

"Je pense que cela serait une confusion. Quand on entre au gouvernement, on est solidaire et je suis en désaccord avec François Hollande sur plusieurs points de son programme", a rappelé l'ancien candidat qui avait qualifié "d'insoutenable" le projet économique du candidat PS.

En guise de mesure de rétorsion contre François Bayrou, l'UMP a annoncé lundi sa décision de présenter un candidat dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques.

Et mercredi, le bureau national du PS a entériné le maintien d'une candidate face à lui, tandis que la patronne Martine Aubry excluait toute idée "de service rendu".

"On me dit +Vous avez pris des risques, on va vous le faire payer, on va vous désigner comme cible+. Je l'accepte. J'assume cela", a dit M. Bayrou, expliquant vivre la politique "comme un engagement".

Le député sortant des Pyrénées-Atlantique a cependant affiché sa confiance pour les prochaines échéances, se disant persuadé que ses électeurs ne se laisseraient pas "entraîner par des décisions d'appareil".

"Dans ma circonscription, ce n'est pas le vote du premier tour de la présidentielle qui fera le vote des législatives", a-t-il fait valoir.

"Les électeurs votent du plus profond d'eux-mêmes en se posant une question: Qui sera notre meilleur porte-parole, comme communauté de citoyens, dans l'avenir à l'Assemblée nationale", a-t-il estimé.

Mais au-delà de sa propre candidature, M. Bayrou s'est fixé comme objectif pour les prochaines législatives de constituer "un courant politique nouveau indépendant et positif" en présentant quelque 400 candidats sous une nouvelle étiquette: "Le centre pour la France".

"Ces candidats auront un mot d'ordre: +Nous voulons être utiles à la France, pour qu'elle échappe à ses divisions+, ils ne seront pas les hommes et les femmes d'un camp, mais les hommes et les femmes d'un pays et d'un peuple", a expliqué le leader centriste.

"Au travers des candidats de cette force centrale pourront s'exprimer tous ceux qui éprouvent un malaise devant la volonté de monopole de l'UMP et du PS", a ajouté M. Bayrou, qui a fait de la lutte contre la bipolarisation de la vie politique son cheval de bataille.

Selon lui, "certains gaullistes, sociaux-démocrates, des membres de la droite républicaine et sociale et des écologistes réalistes" pourraient se retrouver dans cette famille. En tout cas, "tous ceux qui en ont marre des sectaires d'un bord ou de l'autre", a-t-il précisé, en détaillant la philosophie de leur action politique dans la future assemblée.

"Quand les décisions seront bonnes et courageuses, le pôle central soutiendra les orientations du gouvernement. Quand elle seront risquées, il le dira clairement. En toutes circonstances, il cherchera à influencer les décisions prises dans le sens du courage et du réalisme", a-t-il dit.

 

Première publication : 11/05/2012

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