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EUROPE

Après les conservateurs, les socialistes échouent à former un gouvernement

Vidéo par Cécile GALLUCCIO

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/05/2012

Le chef de file du Pasok (Parti socialiste), Evangelos Venizelos, n'est pas parvenu à former un gouvernement d'union. Le dernier espoir se trouve entre les mains du président Papoulias, qui doit tenir une réunion des chefs de partis, dimanche.

AFP -  La Grèce tablait vendredi soir sur une réunion de la dernière chance de tous les chefs de partis dans les prochains jours pour constituer un gouvernement de coalition sans lequel le recours à de nouvelles élections, appréhendé par la zone euro et les marchés, est inévitable.

Après les tentatives avortées des trois partis arrivés en tête des élections législatives de dimanche, une réunion de la dernière chance, prévue par la Constitution, devrait avoir lieu dans les tout prochains jours sous l'égide du président de la République, Carolos Papoulias.

Vendredi soir, le dirigeant socialiste Evangélos Vénizélos a été le dernier à jeter l'éponge après avoir essuyé le refus d'Alexis Tsipras, leader de la Gauche radicale Syriza, sur lequel il misait pour former un gouvernement pro-euro avec la Nouvelle-démocratie (droite) et le petit parti de la Gauche démocratique (Dimar).

M. Vénizélos remettra samedi à 10h00 GMT son "mandat exploratoire" au président de la République, qui va tenter l'ultime conciliation.

En jeu, se trouve la possibilité ou non pour la Grèce de continuer les plans de redressement engagés sous l'égide de ses créanciers, Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI) et de rester dans la zone euro.

C'est à l'issue d'un ultime rendez-vous de ce type que la Grèce, lors d'une précédente crise politique, avait formé en juin 89, puis en novembre de la même année, un gouvernement de coalition, d'abord alliant la droite et les communistes, puis un exécutif dit "oecuménique" avec le renfort des socialistes.

Ce dernier attelage n'avait tenu que trois mois, avant de nouvelles élections en avril 1990, les troisièmes en onze mois, remportées à la majorité absolue par la droite.

La constitution ne fixe pas de délai pour cet ultime effort d'entente, qui peut courir sur plusieurs jours.

Plongée depuis cinq jours dans une paralysie politique après les élections de dimanche où aucun parti n'a obtenu la majorité, la Grèce donne de nouveau le vertige à ses partenaires européens et aux marchés qui craignent qu'elle ne s'abandonne aux forces hostiles à la rigueur qui se sont exprimées dans les urnes.

Les bourses, de Tokyo à Paris reflétaient l'inquiétude des investisseurs sur une possible sortie rapide de la Grèce de l'euro et ses conséquences.

Le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a lancé un appel à la responsabilité aux dirigeants grecs en leur demandant de respecter les engagements pris par Athènes avant les élections et vivement contestés dans les urnes.

"Je suis très inquiet à propos de la situation en Grèce (...) J'en appelle au sens de la responsabilité nationale de tous les dirigeants politiques afin de trouver un accord respectant les engagements du pays et assurant son avenir européen", a-t-il déclaré à l'issue d'une conférence sur la croissance en Europe à Copenhague.

Le scrutin de dimanche marqué par une forte percée à gauche du parti Syriza anti-austérité et l'entrée de députés néonazis au parlement, ont inquiété l'Europe, révélant au grand jour l'ampleur de la contestation du plan d'austérité dicté par les créanciers en échange des prêts de sauvetage appliqués dans le pays depuis deux ans.

M. Tsipras a refusé de rejoindre l'équipe que souhaitait former M. Vénizélos en soulignant qu'il n'allait pas "servir d'alibi" pour appliquer une politique d'austérité fortement contestée dans les urnes.

"Ce n'est pas le Syriza qui renonce" à participer à un gouvernement de coalition avec la droite et le Pasok, mais c'est "le verdict du peuple grec", a lancé M. Tsipras à l'issue d'une rencontre avec le dirigeant du Pasok, Evangélos Vénizélos.

M. Tsipras a également décoché ses flèches contre Fotis Kouvelis, dirigeant du Dimar, qui avait proposé la constitution d'un gouvernement "oecuménique" avec la droite, les socialistes et le Syriza.

"Finalement, nous avons trois partis qui se sont alignés sur l'application de l'austérité et nous, on ne va pas servir d'alibi", a dénoncé M. Tsipras.

M. Kouvelis, entre deux chaises, a regretté ce refus en rappelant que sa proposition était axée sur "un désengagement graduel de la rigueur tout en garantissant le maintien du pays dans l'euro".

De leur côté, les dirigeants des deux partis historiques grecs (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui se sont effondrés lors des élections dimanche ont continué leurs efforts désespérés pour tenter de parvenir de former un gouvernement permettant un maintien de la Grèce dans l'euro.

Ils ont accusé M. Tsipras de "torpiller toute possibilité de former un gouvernement".

A Rome, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a haussé le ton en estimant que la Grèce devrait quitter la zone euro si elle ne parvenait pas à respecter les engagements budgétaires pris en échange du plan de sauvetage qui lui a évité la faillite.

A Wall Street, le Dow Jones est parti à la baisse vendredi soir, cédant 0,06% à 12.847,74 points, après une semaine nerveuse sur les marchés européens qui craignent le retour des incertitudes sur la zone euro.


La Grèce va-t-elle revenir à la drachme ?

Première publication : 11/05/2012

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