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EUROPE

La Gauche démocratique exclut une coalition avec socialistes et conservateurs

Vidéo par Alexia KEFALAS

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/05/2012

La tenue de nouvelles élections législatives en Grèce semble inéluctable depuis que Kouvelis (photo), chef de la Gauche démocratique, a douché les espoirs de formation d'un gouvernement de coalition avec des partis favorables au plan de sauvetage.

REUTERS- Les négociations en vue de la formation d’un gouvernement grec sont dans l’impasse après la décision, vendredi, de la Gauche démocratique, un parti modéré, de ne pas participer à une coalition favorable au plan d’aide international aux côtés des conservateurs et des socialistes.

« Nous sommes très clairs là-dessus, le parti de la Gauche démocratique ne participera pas à un gouvernement de coalition (composé) de Nouvelle Démocratie et du Pasok », a déclaré Fotis Kouvelis, chef de file de la Gauche démocratique, lors d’une réunion avec les députés de son parti, douchant semble-t-il les derniers espoirs d’accord.

Fotis Kouvelis avait proposé jeudi de former un gouvernement d’union nationale rassemblant tous les partis, qui maintiendrait la Grèce dans la zone euro tout en promouvant un désengagement « graduel » du plan de renflouement.

Vendredi matin, le chef de file des conservateurs, Antonis Samaras, avait jugé cette proposition « proche » de la position de Nouvelle Démocratie (ND), formation arrivée en tête des élections législatives de dimanche dernier.

« Nous luttons pour former un gouvernement et il y a toujours de l’espoir que cela fonctionne » avait-il déclaré aux députés conservateurs à l’issue de son entretien avec le socialiste du Pasok Evangelos Venizelos, troisième et dernier dirigeant à tenter cette semaine de former une coalition viable.

Mais les divisions au sein de la Gauche démocratique ont eu raison de ces tractations, la moitié environ de ses 19 élus refusant de participer à un gouvernement auquel ne s’associerait pas la Coalition de la gauche radicale Syrisa, hostile au plan d’aide et à son corollaire, l’austérité.

Fotis Kouvelis a jugé « inévitable » la tenue de nouvelles élections législatives si Syrisa ne change pas de position.

Syrisa en position de force

Un tel revirement de la part de Syrisa, dont le chef de file, Alexis Tsipras, a également échoué à former une coalition, est d’autant plus improbable que les enquêtes d’opinion font de la Gauche radicale la grande bénéficiaire d’un nouveau scrutin, qui devrait se tenir dans trois ou quatre semaines.

Selon un sondage rendu public jeudi par la chaîne de télévision Alpha, le score de Syrisa passerait de 16,78% à 23,8%, ce qui en ferait la première formation politique du pays et lui donnerait droit à la « prime » de 50 élus censée favoriser la constitution de gouvernements stables.

Un tel scénario atténuerait encore plus la perspective de voir les partis favorables au plan d’aide international former un gouvernement en éloignant ND et le Pasok de la majorité absolue au Parlement.

Piliers de la coalition sortante, ces deux partis ont été laminés au scrutin du 6 mai, avec un score cumulé à peine supérieur à 32%, contre 77% aux législatives de fin 2009, mais grâce à la « prime » accordée à la première place de ND, ils représentent à eux deux 149 élus au Parlement, à deux voix de la majorité absolue.

La pression est d’autant plus forte sur ND et le Pasok que les dirigeants de l’Union européenne ont multiplié ces derniers jours les mises en garde.

Dernier en date, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a averti que la Grèce pourrait être contrainte de quitter la zone euro si elle ne respectait pas ses engagements.

« Si le membre d’un club, je ne parle d’aucun pays en particulier, mais si le membre d’un club ne respecte pas les règles, il vaut mieux qu’il quitte le club, et ceci vaut pour toute organisation, institution ou projet », a déclaré José Manuel Barroso.

« J’ai beaucoup de respect pour la démocratie grecque et bien sûr le Parlement grec, mais je dois aussi respecter les 16 autres parlements qui ont approuvé le programme », a-t-il dit.

« Bluff » européen ?

Alors que les efforts politiques sont dans l’impasse, de nouvelles statistiques sont venues illustrer jeudi l’ampleur de la récession grecque, qui sévit depuis cinq ans. Le taux de chômage a atteint un niveau record en février, 21,7% de la population active, contre 21,3% le mois précédent. Chez les 15-24 ans, le taux de sans emploi atteint désormais les 54%.

Dans le même temps, l’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé que la note souveraine de la Grèce, déjà en catégorie hautement spéculative, pourrait être abaissée un peu plus si le blocage politique perdurait.

Et le ministre allemand des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble, a assuré que les causes de la crise grecque étaient en Grèce et que le pays devait se conformer aux conditions fixées par le plan d’aide international.

« La Grèce peut compter sur la solidarité de l’Europe mais si la Grèce ne s’aide pas elle-même, il n’y aura rien à faire », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

La Grèce va-t-elle revenir à la drachme ?

Alexis Tsipras n’est pas de cet avis. Dans une lettre qu’il a adressée jeudi à plusieurs dirigeants européens, dont José Manuel Barroso, il écrit : « Selon notre conviction profonde, le problème de la crise est européen et, par conséquent, la solution doit être trouvée au niveau de l’Europe. »

Un autre dirigeant de Syriza ironise sur le « bluff » des responsables de l’UE. « Non seulement la Grèce ne peut pas être exclue de la zone euro, mais ils vont nous supplier d’accepter leur argent » pour éviter une contagion de la crise à d’autres pays et une explosion de l’euro, assure Dimitris Stratoulis.

 

Première publication : 11/05/2012

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