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Afrique

L'Otan accusée d'avoir minimisé les "dommages collatéraux" en Libye

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/05/2012

Dans un rapport publié ce lundi, l'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch accuse l'Otan d'avoir tué 72 civils - dont 20 femmes et 24 enfants - dans des raids aériens menés contre les forces de Mouammar Kadhafi en Libye l'an dernier.

REUTERS - Human Rights Watch estime dans un rapport publié lundi que les frappes aériennes menées en Libye par l’Otan l’an dernier ont coûté la vie à 72 civils et accuse l’Alliance atlantique de ne pas avoir pris la mesure de l’ampleur des dommages « collatéraux » provoqués par ses bombardements.

 
L’organisation de défense des droits de l’homme affirme avoir mené la plus sérieuse enquête à ce jour sur les raids lancés par l’Otan contre les forces de Mouammar Kadhafi, finalement tué par les rebelles libyens le 20 octobre.
 
Son bilan, qui comprend 20 femmes et 24 enfants tués, est plus lourd que celui de 55 tués - dont 16 enfants et 14 femmes - avancé par Amnesty International dans une étude en mars. 
 
L’Otan était mandatée par la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant le recours à la force pour protéger les populations civiles.
 
« Les attaques n’étaient autorisées que sur des cibles militaires et de sérieuses questions demeurent dans certains cas sur le point de savoir ce que les forces de l’Otan visaient exactement », a déclaré Fred Abrahams, conseiller de HRW, dans un communiqué.
 
L’Otan estime que sa campagne de bombardements en Libye débutée à la fin mars 2011 a été un succès. L’Alliance a effectué environ 26.000 sorties dont 9.600 raids et détruit 5.900 cibles jusqu’à la fin de ses opérations le 31 octobre.
 
L’organisation affirme avoir mené sa campagne avec « un soin et une précision sans précédent » en respectant les conventions humanitaires internationales ».
 
« L’Otan a fait tout son possible pour minimiser les risques pour les civils mais dans une campagne militaire complexe, le risque zéro n’existe pas », a déclaré la porte-parole de l’Otan Oana Lungescu dans un communiqué.
 
« Nous regrettons profondément tout cas de victimes civiles pour lesquelles la responsabilité de l’Otan pourrait être engagée », a-t-elle dit.
 
HRW reconnaît que l’Otan a pris soin de minimiser les pertes civiles et ajoute que des pays comme la Russie qui ont évoqué de très nombreuses pertes civiles ne l’ont fait que « pour marquer des points politiques ».
 
Mais Abrahams, le principal rédacteur du rapport, souligne que le soin apporté par l’Otan a été « miné par son refus d’examiner les dizaines de morts civils ».
 
L’ONG, qui s’appuie sur des enquêtes menées pendant et après le conflit sur les sites bombardés, évoque notamment l’attaque du village de Majer, 160 km à l’est de Tripoli, le 8 août, qui a coûté la vie à 34 civils.

Première publication : 14/05/2012

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